Quel
devenir pour le château des Ducs après la fermeture de la prison en Janvier
2010 ?
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| Château des Ducs (http://www.ouest-france.fr) |
Un peu d’histoire
Le
premier château que connu Alençon fut construit par Yves de Bellême et
Guillaume 1er, les deux premiers seigneurs de la ville, mais dont il
nous reste aucune trace.
Un
donjon fut construit, au même endroit, en 1113 par Henri 1er
Beauclerc, roi d’Angleterre et Duc de Normandie lors de sa prise du pouvoir sur
cette ville. Ce donjon fut ajouté, quelques années plus tard, à un second
château commandé par Pierre II alors comte d’Alençon (1340-1404).
Ce
château connut une première destruction en 1592 par la volonté d’Henri IV, dans
le but d’éliminer le symbole du pouvoir individuel des seigneurs et
l’hétérogénéité du royaume, notamment dans un contexte de guerre de religion.
Ainsi, il ne resta à l’époque que le pavillon d’entrée et
le donjon (détruit en 1782). Restant alors comme seul vestige le pavillon d’entrée, composé des deux tours massives, de la tour couronnée et
de la porte d’entrée. Il est également composé du châtelet, de sa courtine
(muraille qui relie les deux tours) et de sa poterne (petite porte intégrée à
la muraille d’une fortification, située près
d’une meurtrière pour protéger l’entrée). Un pavillon qui témoigne, cependant,
de la grandeur et de la somptuosité qu’a pu avoir le château des Ducs.
Entre 1768 et 1824, le château des
Ducs, ou du moins ce qu’il en reste, accueillit un dépôt de
mendicité soit un établissement d’enfermement des catégories marginales de la
population tels que les mendiants, les vagabonds ou les prostituées.
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Château et son Palais de
justice (http://www.communes.com)
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La maison d’arrêt d’Alençon ne s’est implantée dans le château qu’en 1824, à côté du tribunal qui date du Ier Empire. Des modifications sont alors entreprises pour créer toute une distribution intérieure et des murs d’enceinte pour accueillir les cours de promenade. La prison pouvait loger 47 détenus dans onze cellules et quatre dortoirs répartis sur différents niveaux.
Le château des Ducs fera l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1862.
Le château des Ducs fera l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1862.
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(Base Mérimée,
http://www.culture.gouv.fr)
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Un château occupé
Les
éléments de cet article consacré à l’occupation du château proviennent du blog de Jean-Marc Simon et de ce fait
ne m’appartiennent pas.
Lors
de la Seconde Guerre Mondiale, le château fut réquisitionné par les Allemands
pour y placer les prisonniers politiques venus de la caserne Bonet qui servait
de prison. On sépare les prisonniers internés pour faits de Résistance des
prisonniers de droits communs. Ils sont alors placés dans la tour couronnée.
Selon
le journal Ouest-France du 5 Février
1947, une journée type au château des Ducs à cette période était : « A
six heures un cerbère ouvrait le judas, et nous lançait un " auchstein
" retentissant sans réplique. C'était quelque chose comme le
" Debout là-dedans " de la caserne. L'ennui pour un chef de
chambre était alors de faire obéir ses hommes. Ils ne comprenaient pas qu'on
les fasse lever à 6 h du matin pour ne rien faire de la journée. A sept heures,
la louche de simili café ou l'infecte tisane que l'on avait baptisée "Les
quatre pères chartreux"... A midi et à cinq heures, deux louches de jus de
soupe sans légumes et sans pain. Le reste du temps, inaction la plus
complète ; deux fois par jour, cependant, la corvée pour vider les
récipients sans couvercle qui ornaient les extrémités de chaque chambre. Dans
un logis de 40, ils n'étaient pas sans utilité mais non sans odeur. (...)La
journée se terminait sur un petit cérémonial digne des galériens. A 9 heures,
nous devions être au lit. Le garde venait. Un homme avec une mitraillette
gardait la porte, un sous-officier parcourait les lits accompagnés d'un autre
homme armé. Jusqu'à la fin, ils poussaient la précaution de soulever les
couvertures pour s'assurer si nous avions enlevé nos pantalons. Deux à trois
fois par nuit, le judas s'ouvrait sans bruit et soudain la lumière jaillissait.
C'était un chleuh qui surveillait notre sommeil. »
Des détenus sont également parqués
dans ce qu’ils appelaient la Chambre 13. Une cellule pour les condamnés à mort.
C’est une vaste pièce, plus haute que les autres cellules et où le jour ne
passait que par une étroite ouverture se rétrécissant vers l’extérieur soit une
meurtrière de l’époque médiévale. La porte était gardée par une ou deux
sentinelles armées. La chapelle servait alors en corps de garde.
On peut compter environ 500 détenus
qui auraient passés par la caserne Bonet ou par le Château des Ducs. Il est dit
que seul la moitié des prisonniers seraient rentrés chez eux. En effet, une
bonne partie d’entre eux ont été envoyés vers Compiègne puis vers les camps de
concentration. Très peu de prisonniers ont été libérés à l’occasion de la
panique qui s’était emparée des Allemands lors des bombardements alliés.
Une
pièce à part du château servait pour les nombreux supplices infligés par la
Gestapo sur les résistants. Cette pièce fut appelée par les détenus la
« Chambre des tortures ».
Selon
le journal Ouest-France du 5 Février
1947, le témoignage de Monsieur Poisson décrit cette pièce : « Dans cette petite
pièce se trouvait la table sur laquelle, au cours des interrogatoires, étaient
attachés à plat ventre, mains liées par les menottes, au pied de la table, les
patients qui ne voulaient pas parler. Souvent cette table sur laquelle je
coupais le pain pour la chambrée était encore tachée de sang. Devant nous, au
mur, étaient pendus les schlagues (genre de lames d'acier enfermées dans une
gaine de cuir) les matraques, les nerfs de bœuf, et ce que nous appelions vulgairement
les tuyaux d'arrosage, espèces de tubes de caoutchouc demi-pleins, de 60 cm de
long environ. » Mais il existe d’autres supplices comme celui de
la baignoire où les bourreaux se servaient d’un grand chaudron pour torturer
les détenus.
Après
la libération par les Alliés, le Château des Ducs reprend sa fonction de prison
et ce jusqu’en Janvier 2010.
Le château des Ducs ferme ses portes
La
maison d’arrêt d’Alençon ferme ses portes le 9 Janvier 2010. Les détenus sont
alors transférés à la prison des Croisettes à Coulaines (Sarthe, Pays de la
Loire). Maison d’arrêt qui accueille, en plus des détenus d’Alençon, ceux de la
maison d’arrêt du Mans.
Sa fermeture est due à
l’inadaptation des lieux. En effet, les bâtiments n’étaient, à l’origine, pas
adapter aux besoins carcéraux. Selon Louis Laroque, dans le journal Le Point du 14 Décembre 2006, la prison
d’Alençon est « un véritable condensé de tous les problèmes pénitentiaires
et carcéraux ».
Expression
en lien avec l’inadaptation des normes d’hygiène, de sécurité ou encore aux
exigences d’un établissement pénitentiaire c’est-à-dire éviter le contact entre
les détenus… Exigences non appliquées du fait, également, de la surpopulation
de la prison. Une prison pour 47 détenus, en comptait 90 à son maximum.
De
même, il était difficile pour cette prison de tenir ses engagements concernant
ses missions de réadaptation sociale et professionnelle des prisonniers.
| Une porte de cellule |
| Graffitis sur une porte de cellule |
| La chapelle |
| L’intérieur d’une cellule |
| Escalier |
| Une grille |
(Toutes ces photos viennent du site http://www.ouest-france.fr prises par Arnaud Touchard)
L’avenir du Château des Ducs
Le
Château des Ducs est un lieu emblématique pour la ville d’Alençon. Cependant,
ce château appartient au Ministère de la Justice qui veut maintenant, avec la
fermeture de la prison en Janvier 2010, se séparer de ce monument imposant et
coûteux.
La
ville souhaite acquérir le château pour 1€ symbolique n’ayant pas les moyens de
mettre davantage surtout vu la lourde charge qu’impose sa réhabilitation et son
exploitation.
Les
élus réfléchissent alors sur l’avenir de cet édifice dont le maire, Joaquim
Pueyo, qui souhaite faire « quelque
chose d’actif », avec pour objectif d’ouvrir ce « beau patrimoine au
public ». De plus, l’avis de la population est important et peut être
donné par le biais du journal Ouest
France.
On
peut observer, au vu des propositions, que deux personnes sur quarante deux
désirent que le château soit rasé car trop coûteux à rénover et à entretenir.
Contrairement aux autres qui veulent qu’il soit conservé car il fait partie du
patrimoine de la ville, et qu’il soit géré par la municipalité (sauf une
personne qui se proposerait bien de l’acheter).
Les suggestions pour sa réhabilitation
sont nombreuses et variées. Il est proposé de le transformer en théâtre, en
centre éducatif, en musée, en salle d’exposition, en restaurant avec vu sur la
ville, en salle de « travail » (cours, formation, conférence,
réunion), en salle de spectacle, en cinéma, en discothèque, en casino, en
bureaux, en commerces, en lieu d’action solidaire, en maison des associations,
en extension du tribunal, en maison de la jeunesse et de la culture, ou encore
en école de musique… Beaucoup expriment la volonté d’une vocation culturelle du
lieu. Une idée originale fut proposée à savoir de le transformer en hôtel
carcéral pour touristes attirés par une nuit insolite dans une cellule.
Des projets de valorisation de
l’édifice sont proposés tel que l’éclairage, le recreusement des douves, la
création d’un passage piétonnier et d’un jardin. L’architecture étant déjà mise
en valeur depuis quelques années.
Des propositions de transformation
en musée sont suggérées mais restent imprécises. En effet, il est proposé un
musée sur l’histoire de la ville, sur l’histoire du château ou sur l’histoire
de la prison. D’autres voudraient un musée sur la Résistance, sur les Droits de
l’Hommes, sur les prisons en générales, sur la Région, sur le Duché d’Alençon…
D’autres encore souhaiteraient laisser la prison dans son état actuel et qu’il
soit visitable au public.
On peut remarquer que seulement une
dizaine de personnes veut conserver la prison telle quelle ou en faire un
musée en lien avec sa fonction carcérale. La plupart des personnes considèrent
que seuls les vestiges du château médiéval, reconnus et classés, sont dignes
d’être conservés et valorisés.
Un projet est malgré tout choisi par
la municipalité, c’est celui d’un pôle d’excellence de la dentelle avec
l’installation de l’Atelier National dirigé par Brigitte Lefebvre. La dentelle
a une place importante pour la ville. Elle est même classée par l’Unesco au
titre du « Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité » le 16
Novembre 2010. Leur installation au château leur permettrait de mieux faire
connaitre le métier de dentellière et favoriser la formation avec des outils
pédagogiques.
En
plus de cet atelier, le pôle accueillera un musée dédié à la dentelle, un
centre d’interprétation et de formation, ainsi qu’une boutique pour la vente
des produits dérivés. Pour Joaquim Pueyo, « il faut exploiter le lien
entre l’histoire de la dentelle et celle du château », mettre en avant le
passé de la ville.
Il
est également prévu un ensemble hôtelier haut de gamme (trois étoiles) à côté
du château. Le projet sera réalisé par un investisseur privé et s’étalera sur
dix à quinze ans.
Mais, début 2012, le problème est
tout autre. On se rend compte des problèmes pour aménager l’intérieur du
château. En effet, les murs sont très épais du fait de sa fonction de
protection, les fenêtres sont peu nombreuses et donc la lumière se fait rare.
Par son classement, il est interdit de détruire les murs, de percer des
ouvertures sans l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France. Malgré tout,
en haut des tours, on peut admirer un panorama exceptionnel sur la ville.
Par conséquent, le préfet Joël
Bouchité déclare qu’il faut travailler sur le paysage autour du château, que le
bâtiment respire et qu’il soit mieux vu par la population. Il a une vision, sur
le long terme, de vider la place Foch de toutes ses voitures. Il croit
davantage au potentiel des cours. Mais il se trouve devant l’urgence de mettre
l’édifice hors d’eau. En effet, par son inoccupation, l’humidité s’est
installée dans les murs et entraîne sa dégradation. Un chantier est mis en
œuvre en commun entre l’Etat et la collectivité, et s’étalerait sur trois à
cinq ans. Il coûterait environ un million d’euros.
En
parallèle, les travaux de réhabilitation de cet édifice médiéval et l’installation
du pôle d’excellence de la dentelle coûteraient environ treize millions d’euros
à la municipalité.
Pour l’instant rien n’est décidé, la
ville doit pallier au plus urgent, c’est-à-dire éviter la dégradation trop
importante du Château des Ducs et ainsi l’augmentation du coût des travaux. Par
conséquent, le projet du pôle d’excellence de la dentelle mettra des dizaines
d’années avant de réellement voir le jour.
Webographie :
- http://normanring.forum-actif.net/t2289-le-chateu-des-ducs-d-alencon-est-a-vendre (consulté le 18 Janvier 2012)
- http://www.communes.com/basse-normandie/orne/alencon_61000/cartes-postales-anciennes,96.html (cartes postales, consulté le 18
Janvier 2012)
- http://www.ouest-france.fr (consulté le 30 Janvier 2012)
- http://charmanetoverlord.skyrock.com/2960614079-LA-PRISON-D-ALENCON-sous-l-Occupation.html
(consulté le 11 février 2012)



1 commentaire:
bonjour je viens d'apprendre que cette forterresse recherche un acquereur pour contribuer a ca sauve garde , etant responsable d'un association feodale pour des spectacle medievaux , il serait bon pour une telle batisse quelle reprennent une place dans l'histoire de france , pourquoi ne pas en faire un lieu de spectacle vivant sur le moye age ! ou un musée feodale vue la superficie actuelle ! merci a vous est tres cordiallement .maisnie périgord
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