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dimanche 28 septembre 2014

Musée du château de Mayenne : exposition "A l'ombre des murailles"

Le samedi 22 novembre 2014, l'exposition "A l'ombre des murailles" sera inaugurée dans le musée du château de Mayenne. Ce bel édifice situé sur un éperon rocheux fut d'abord un palais carolingien, construit par les comtes du Maine vers 920. Il connut ensuite bien des aménagements, restructurations et au XIXème siècle devint une maison d'arrêt et de correction. Elle demeura en fonctionnement jusqu'en 1936.
Carte postale présentant le château transformé en prison.
Voir le site http://genealogie-en-ligne.blogspot.fr/2010/06/prisonniers-de-pere-en-fils.html


Le site du musée informe d'ores et déjà des axes de l'exposition : 

1. Le Pass'Muraille - Une visite virtuelle de la prison



Grâce à des dispositifs mis en place dans chaque salle du musée et un parcours sur tablettes numériques, vivez une immersion virtuelle dans la prison du 19e siècle. Ces dispositifs permettent, à l’aide de la réalité augmentée, de visualiser et de comprendre l’organisation du lieu au 19e siècle, période la plus marquante de son histoire carcérale.
Découvrez également des plans, des cartes postales et des récits d’époque. De l’aula au donjon, en passant par les espaces dévolus aux femmes, les images défilent, se construisent et se détruisent, pour mieux comprendre l’organisation de la vie carcérale. 


2. A l'ombre des barreaux - Des collections carcérales



Vêtements de prisonniers et de gardiens, camisole de force, compas anthropométriques, collier de cou, rapports d’évasion… L’exposition rassemble plus d’une centaine d’objets et de documents d’archives racontant à la fois l’histoire et le quotidien des prisonniers. Grâce à une scénographie moderne,le parcours permet de saisir l’ambiance carcérale du 19e siècle tout en proposant des outils novateurs d’aide à la visite.
Quatre thématiques sont abordées :
- l’évolution architecturale du bâtiment,
- l’anthropométrie (début de la police judiciaire)
- la vie des prisonniers : organisation de la journée, travail, santé, évasions
- le personnel de la prison : rôle, évolution, outils de travail  

Un catalogue de l'exposition sera également proposé aux visiteurs.

samedi 27 septembre 2014

Bicentenaire de la maison centrale de Fontevraud (2014)

Sous le Premier Empire furent organisées les premières maisons centrales destinées aux condamnés à des peines correctionnelles supérieures à une année, à la peine de la réclusion criminelle et à celle des travaux forcés lorsqu'il s'agissait de femmes ou de détenus âgés. Les condamnés d'une huitaine de départements étaient regroupés dans ces grandes manufactures carcérales, obligés de travailler tout au long de leur peine. La maison centrale de Fontevraud ouvrit ses portes en 1814, après celles d'Embrun, d'Eysses, de Clairvaux, de Montpellier etc... Elle demeura en fonctionnement jusqu'en 1863, mais les derniers détenus ne quittèrent le site qu'en 1985. Ils avaient été employés à la restauration de l'abbaye. L'établissement compta parfois jusqu'à 2000 détenus. Des victimes de la Terreur blanche aux débuts de la restauration y payèrent de longues années d'emprisonnement leurs cris et écrits séditieux. Des insurgés royalistes, paysans chouans légitimistes ayant suivi la duchesse de Berry, y furent incarcérés aux débuts de la monarchie de Juillet. Auguste Blanqui y fit un cour séjour de la fin de 1836 à 1937. Des résistants ont relaté leur incarcération dans la maison centrale sur le site du Conseil général des Pays de Loire. Le sinistre prévôt de la centrale Ange soleil a fait l'objet d'un article dans Criminocorpus. Des épurés ont connu les salles d'inoccupés ou les ateliers de tissage ou de chaises.

Le 18 octobre 2014, des tables-rondes seront organisées dans l'abbaye sur l'enfermement aux XIXe et XXe siècles sous la direction de Philippe Artières, historien et directeur de recherche au CNRS, David Niget, maître de conférence à l’université d’Angers (Travaillant sur l’histoire de la jeunesse, et des droits de l’enfant. Il s’est penché sur la colonie agricole pénitentiaire de Saint-Hilaire, près de Fontevraud), Pierre Pinon, architecte et historien (Il enseigne à l'école d'architecture de Paris et intervient à l'Institut national d'histoire de l'art), Jean-Marie Renouard, sociologue, maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il est chercheur au Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP). Il a publié Baigneurs et Bagnards. Tourismes et prisons dans l’île de Ré, L’Harmattan en 2007.

Nous disposons ici sur le blog d'un article sur l'abbaye de Fontevraud, qui a été repris dans le Dictionnaire de l'ordre monastique de Fontevraud. On peut lire également dans ce dictionnaire un autre article sur la maison centrale.
Reportage de Police Magazine 1939. Voir : http://criminocorpus.hypotheses.org/7097
Graffiti disponible sur le blog http://brunodesbaumettes.overblog.com/search/fontevraud/
Reportage de Police Magazine 1939. Voir : http://criminocorpus.hypotheses.org/7097

mercredi 18 décembre 2013

La maison d'arrêt de Fontenay-le-Comte par Anne-Sophie Campion

La maison d'arrêt de Fontenay-le-Comte est l'un des deux établissements pénitentiaires du département de Vendée. Elle est située dans le ressort du tribunal de grande instance du chef lieu du département.

Cette structure est dirigée par un commandant des services pénitentiaires secondé par un capitaine puis un major et deux premiers surveillants sont également en poste. Au total, le personnel de surveillance compte 28 postes pour une capacité théorique de 36 places pour 27 cellules. Or le taux d'occupation est de 228 %. Ainsi, elle compte parmi les maisons d’arrêt les plus peuplées de France avec un taux d’occupation record à raison de trois à cinq détenus par cellule de 9 à 12 m². 

Cette maison d'arrêt a été reconstruite en 1894, sur l'emplacement d'un ancien établissement pénitentiaire. Elle est fermée de 1926 à 1942 puis réouverte sous l'Occupation afin de recevoir des personnes incarcérées pour des faits de résistance. A la Libération, elle détient exclusivement des femmes condamnées pour des faits de collaboration. Le quartier des femmes ferme ses portes en 1972. Depuis 2002, Fontenay-le-Comte reçoit des prévenus et des condamnés âgés de plus de 18 ans. 



La structure est bâtie sur un plan analogue à celle de la Roche-sur-Yon, elle est entourée d'un mur d'enceinte, situé en retrait d'environ dix mètres. Formant ainsi un périmètre rectangulaire d'une surface de 3015 m2. Elle comporte deux étages et trois niveaux et est entourée d'un mur d'enceinte surmonté d'une clôture électrique et de concertina. Autour, circule un chemin de ronde, équipé de différentes caméras et vidéo surveillance. Pour accéder à ce chemin, il faut entrer dans une cour d'honneur située de part et d'autre, un grillage interdit l'accès au chemin de ronde.

Selon certaines rumeurs, des parloirs sauvages peuvent s'effectuer sur la partie gauche du mur d'enceinte, à proximité de la cour de promenade. 

Au rez-de-chaussée, se trouve une cellule disciplinaire, un espace commun ainsi que cinq cellules ordinaires, dans un sas on trouve une cellule de trois places et une réservée au service général. Les autres cellules sont reparties sur les autres niveaux, reliées par un escalier. 

Au total, la maison d'arrêt dispose de 23 cellules, allant de 9,3 à 10 m2, et quatre d'entre elles mesurent 17,6 m2. Cependant, aucune cellule ne permet la détention de personne à mobilité réduite. 

Les cellules, notamment les cellules à trois places sont composées de trois lits dont deux superposés, une table de 1,20 m sur 0,80 m. De trois chaises en plastiques et de trois étagères, de même que de trois panneaux d'affichage fixés au mur de chaque lit. Les cellules disposent d'un coin WC près de la porte séparé par une cloison et un rideau, où est placé un levier avec un bac servant pour laver la vaisselle et le linge. Au dessus figure une glace, une tablette et un bloc lumineux. Une plaque chauffante est également mis à disposition des prisonniers. Chaque cellule est équipée d'un bouton d'appel d'urgence. 

Dès leur arrivée, les détenus reçoivent une trousse de toilette appelée plutôt trousse d'hygiène, comportant un savon, un dentifrice, un shampooing, une brosse à dents, un rasoir, un rouleau de papier toilette. Cette trousse est renouvelée mensuellement voire tous les quinze jours si nécessaire. Un pack d'entretien est également mis à leur disposition afin d'entretenir la cellule. 

Les repas sont distribués quotidiennement à partir de 11h45 puis de 17h45. Le petit-déjeuner est servi avec le repas du soir et un pain par personne est distribué en début de matinée. Ces repas sont élaborés selon des menus types établit par le DISP de Rennes et respectent les prescriptions médicales en matière de régime spécifiques. 

Les promenades quotidiennes se font de 9h à 9h50 ou de 10h à 10h50 puis de 14h à 15h20 ou de 15h30 à 16h50. Elles sont organisée par cellules pairs et impairs. 

Les visites ont lieu le lundi, mercredi et vendredi à 14h, 15h, 16h, et 17h, soit six détenus par créneaux horaires.

Un nouvel établissement pénitentiaire en Vendée ?


Par annonce du Ministre d'Etat, ministre de la justice et des libertés, le garde des sceaux, le 26 juillet 2010, Fontenay-le-Comte apparaît sur la liste des 23 établissements pénitentiaires avec la mention « Fermeture de la maison d'arrêt en 2016: construction nouvelle: Charente Maritime» . Et le projet de la construction d'un nouvel établissement pénitentiaire en Vendée, se met en place. 

En effet, dans un courrier daté du 4 mai 2011, le Garde des Sceaux Michel Mercier l'a confirmé au Président du Conseil Général et affirme « La création de ce nouveau site pénitentiaire de 300 places conduira à la fermeture d'établissements vétustes, qui ne sont actuellement plus adaptés aux normes d'incarcération » en citant notamment « Fontenay-le-Comte et la Roche-sur-Yon ». Ce projet prévoit un établissement de 150 à 190 places dédié à l'exécution des courtes peines. 

Il faut savoir que la Vendée détient le record de surpopulation carcéral, soit 250 alors qu'elle peut en accueillir que trois fois moins ! Donc augmenter le nombre de place en Vendée est plus que nécessaire. Depuis l'annonce du projet les choses n'ont pas vraiment bougé, en revanche le nombre d'écroués n'a pas diminué. 


Sitographie :




lundi 29 novembre 2010

Le centre pénitentiaire de Nantes



Il est composé de quatre établissements sur 3 sites :





_ Une maison d’arrêt pour les hommes, construite en 1865 et complètement rénovée après une fermeture de 1983 à 1988. Cette maison d’arrêt accueil actuellement 275 prisonniers. C’est en 1843 que la ville de Nantes envisage de construire une nouvelle prison et confie le travail à l’architecte Chenantais qui dresse ainsi les plans selon le nouveau système carcéral mis en place en 1853.





_ Un centre de détention intégrant dans le même site une maison d’arrêt pour femmes construite en 1981. Le centre de détention permet d’accueillir 448 personnes et la maison d’arrêt pour femmes compte environ 28 places.

Les prisons flottantes de Nantes


Les noyades de Nantes par Duplessis-Bertaux


Bien qu'il ne reste aucune trace de ce patrimoine, il semble nécessaire d'évoquer les diverses prisons flottantes de Nantes car elles sont les conséquences d'une période précise et d'un trait historique important dans l'histoire de la ville.

Pendant la Révolution, le nombre d’arrestations ne cessent d'augmenter dans la ville de Nantes. Les prisons, face à cet accroissement de prisonniers, sont pleines. De nombreux bateaux sont alors immobilisés dans le port : la Thérèse, la Gloire et la Louise. Aucune hygiène dans ces geôles sans eau. Hommes, femmes et enfants gisent à même le sol et attendent leur triste sort. Beaucoup sont malades et chaque jour un grand nombre de cadavres sont jetés par les fenêtres. Peu de prisonniers y survivront, victime de la maladie, des fusillades, de la guillotine ou des noyades en Loire

Ces prisons flottantes avaient un double avantage, celui d’enfermer dans les cales et ainsi d’isoler complètement les détenus et de limiter au minimum les risques d’évasion. Ces différentes galiotes vont servir à désengorger les différentes prisons de la ville, notamment celles du Bouffay et Saintes Claires.

Le château de Nantes et les autres prisons de la ville


La ville de Nantes semble incontestablement avoir posséder le plus de prisons de toute la région du Pays de la Loire.

En effet, on peut déjà constater qu'outre de nombreuses prisons datant de l’Ancien Régime et indépendamment des prisons d’Etat, il existait d’autres prisons: celles de l’évêque et du Chapître. La juridiction de l’évêque porte le nom de Régaire, nom également attribué, par extension au lieu qui servait aux audiences et de prison. Cette juridiction se situait jusqu’au XIIe siècle probablement à l’endroit où se trouve aujourd’hui le château puis, jusqu’à sa démolition en 1776-1777, près de la cathédrale. Quant à la prison du Chapître, elle occupait la tour dite Gauvain.

Cependant, si quelques tours du château faisant partie des fortifications entourant Nantes ont également servi de prison, le véritable centre de détention reste la prison du Bouffay et il le restera pendant près de quatre siècles. Aménagés en 1467 dans le château du Bouffay, les bâtiments sont au XVIIIe siècle, dans un état déplorable, délabrés et insalubres. 

Sous la Révolution et avec la multiplication des arrestations et des emprisonnements, la prison du Bouffay, très insalubre, devient trop petite. Le château de Nantes est alors transformé en prison. L’insurrection de mars 1793 engendre un grand nombre de prisonniers. De ce fait, les détenus sont alors envoyés à la maison des pénitentes, au couvent de la Visitation et au couvent des Saintes-Claires, une des prisons souvent ravagée par de nombreuses épidémies.

Le nombre des arrestations ne cessant de croître, le couvent du Bon Pasteur est à son tour érigé en prison. C’est à la prison du Bon Pasteur que sont détenus des femmes et des enfants. Un des personnages célèbre de la prison du Bon Pasteur se nomme Fleurdepied (1766-1830), concierge à la prison du Bon Pasteur durant la Terreur nantaise. Il est connu pour sa brutalité, sa vénalité et son cynisme qui rendent les conditions de vie dans cette prison pires qu'à la prison des Saintes Claires. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il doit rendre des comptes mais il a l'habileté de restituer spontanément quelques-uns de ses larcins. Au procès du Comité (1795), des témoignages l'accablent. Tombé amoureux d'une de ses détenues, Françoise Bontemps, il échappera à la guillotine et l'épousera le 11 janvier 1795 à Nantes. Il finira sa vie comme aubergiste au Loroux-Bottereau.

Une autre prison apparaît à la même époque, il s’agit de l’Entrepôt des cafés, souvent désignée comme "l’antichambre de la mort" après la bataille de Savenay du 23 décembre 1793. Dans cette prison seront emprisonnées 6 000 personnes, des agriculteurs pour la moitié, arrêtés suivant la loi des suspects. Un tiers de membres du clergé et d'autres prisonniers arrivent aussi après la défaite de Savenay. Une plaque commémorative l'atteste aujourd‘hui. Les caves de cet entrepôt donnent sur le cours d'eau de la Chézine qui est relié à la Loire. Beaucoup sont morts en suivant ce chemin pour arriver sur le fleuve et être noyés sous les ordres de Carrier. Il avait trouvé ce moyen qui lui permettait d'éliminer beaucoup de personnes en une seule fois sans avoir de fosses à creuser pour les cadavres.


Les noyades de Nantes en 1793 par Joseph Aubert


L’entassement, la promiscuité, le manque d’hygiène et de soins y règnent. L’Entrepôt des cafés est célèbre pour ses maladies contagieuses ( typhus) au milieu desquelles les morts et les vivants cohabitaient.
Aux XIX-XXe siècles, le calme rétabli, la prison du Bouffay redevient le lieu d’incarcération. En 1824, on décide la construction d’un nouveau bâtiment dit "prison neuve" pour remplacer la prison du Bouffay. Cette prison devient rapidement insalubre et c’est en 1843 que l’on construit dans ce même quartier une nouvelle prison ainsi qu’un palais de justice et une gendarmerie. Inaugurée en 1869, cette prison adopte le nouveau système carcéral datant de 1853 soit la division en quartier et le travail des prisonniers. Quant à la prison neuve, elle fut détruite.

La maison d'arrêt de Fontenay le Comte


La maison d’arrêt est située en centre ville de Fontenay-le-Comte, sous préfecture du département de la Vendée.

La prison de Fontenay, rue Gaston-Guillemet jouxtant le palais de justice, a été aménagée ou construite à nouveau au cours du XVIIIe siècle, suite à l’acquisition pour le roi en 1724 de deux maisons et d’une grange pour "servir à l’avenir de prison royale dudit Fontenay au lieu de l’ancienne". Cette dernière se trouvait à l’emplacement du 8 bis rue Pierre Brissot depuis 1625. Les seules représentations que nous ayons de la nouvelle prison sont les relevés exécutés en 1812 par l’ingénieur en chef Duvivier. En 1761, un devis de réparations est dressé par le sous ingénieur des Ponts-et-Chaussées Parent. Les travaux sont exécutés par Pierre Vincent, maître maçon à l’Orbrie. Toutefois, en 1778, les bâtiments sont jugés insalubres et on envisage leur reconstruction. Des réparations sont effectuées en 1815: l’aménagement d’une chapelle, prévu en 1818, est abandonné comme l’est le projet d’agrandissement dressé par l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées Salomon en 1820. Finalement, les bâtiments sont détruits en 1828 après le transfert de l’institution dans la prison rue Rabelais, au cœur du centre ville.


Projet de la prison datant du 19 février 1826, par l’architecte Charles Vétault

L’actuelle prison de Fontenay-le-Comte, auparavant au 40-42 bis rue Gaston-Guillemet, a été reconstruite au 30 rue Rabelais de 1825 à 1827 par l’architecte départemental Charles Vétault. En 1850, l’architecte départemental Jean Firmin Levêque fait exécuter des travaux secondaires, notamment la construction d’un corps de garde mais son projet d’aménagement, dressé en 1854, n’est pas retenu.



En raison de son délabrement, la prison fut entièrement reconstruite de 1897 à 1899 d’après les plans de l’architecte départemental Georges Loquet établis à partir de 1893 et maintes fois révisés à la demande de l’administration. Aujourd’hui la maison d’arrêt de Fontenay peut être considérée comme un établissement de petits effectifs puisqu’elle ne peut accueillir que 39 détenus. Pour cette raison, la prison de Fontenay le Comte devra fermer en 2016.

Le château de Saumur


Ce château qui se détache sous un ciel bleu dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry avait été reconstruit à la fin du XIVe siècle par Louis Ier d’Anjou, frère du Roi Charles V. Au XVe siècle, René d’Anjou y aménagea les intérieurs. Aux XVIe siècle et XVIIe siècle, Saumur connut une prospérité jamais atteinte liée à la réforme, au rayonnement de l’académie protestante ainsi qu'à l’installation de plusieurs ordres religieux qui firent de la ville un centre de rayonnement intellectuel. Mais la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 fut fatale à l’activité de la ville.Déjà en 1650, après les combats menés contre la Fronde, la fonction stratégique du château de Saumur décline fortement. Celui-ci, gardé par une compagnie d'une cinquantaine d'invalides, sert surtout de prison pour des détenus très divers : des prisonniers de guerre, des protestantes et des personnages importants enfermés par lettre de cachet. Dès 1745, l’Etat, encombré par cette forteresse rarement occupée par des troupes de passage, veut la mettre en vente. L'administration municipale objecte et plaide en faveur de l'implantation d'un asile d'aliénés qui y respireraient un air salubre... En attendant, 500 prisonniers de guerre anglais y sont entassés.

Le château en 1808 par Delusse

L'aménagement d'une prison d'Etat à Saumur commence dès 1808. Les ingénieurs, croyant qu'il s'agit d'interner des prisonniers de guerre, étudient la remise en service de l'antique prison royale capable de recevoir une centaine de détenus. Napoléon décrète le 3 mars 1810 que le château sera transformé en prison d'Etat. Un autre décret du 10 août de la même année accorde 265 000 francs pour les travaux, somme réévaluée ensuite à 322 007 francs à la suite de nouvelles dispositions. L'ingénieur Charles-Marie Normand ordonne des travaux considérables, conseillé par Vavin, un spécialiste des prisons, et assisté par l'entreprise d'Alexandre-Jean-Baptiste Cailleau qui signe le devis le 15 mars 1811. Un nouveau bâtiment, d’après le plan de Normand, est entrepris à l'emplacement de l'aile occidentale ; il doit comprendre une infirmerie et une chapelle. Le comte Réal, adjoint du ministre de la Police, supervise l'aménagement. Les contre-ordres sont fréquents car le nombre et la qualité des prisonniers qu'on veut enfermer changent à plusieurs reprises.

En février 1814, les 45 premiers prisonniers politiques arrivent, en majorité des étrangers. Parmi eux se trouvent 17 Français et 19 Espagnols dont le comte de Transtamare, chambellan de l'ancien roi, ainsi que des chefs de la guérilla, Joseph Miranda et Xaviero Mina. Quatre-vingt-quinze pièces sont alors aménagées: la première classe correspond à de grands appartements individuels, la deuxième à des chambres communes, la troisième classe est destinée aux gardiens et domestiques. Les défaites de l'Empire entraînent un arrêt des travaux entrepris dans la cour du château. Les prisonniers s'agitent et le commandant de gendarmerie Pidoux rapporte que "ces messieurs sont en pleine insurrection, qu'ils ne souffrent plus qu'on les renferme chacun dans leur chambre". Un arrêté du nouveau gouvernement provisoire, pris le 8 avril 1814, libère tous les prisonniers. La geôle a servi à peine deux mois. En même temps, selon le Bulletin des Lois de 1814, n° 2, des prisonniers de guerre prussiens sont remis en liberté. En dépit des principes proclamés dans la Charte, Louis XVIII maintient deux prisons d'Etat, Vincennes et Saumur. Cependant, Saumur ne reçoit aucun nouveau détenu. Malgré cela, les travaux, en particulier les menuiseries sur l'aile nord et la tour N.O., se poursuivent pendant toute l'année 1814. Le projet de chapelle a disparu, on se contentera d'une infirmerie à deux étages. Au premier juin 1814, Cailleau dresse un état des ouvrages qu'il a exécutés et qui se montent à 357 471 francs . C'est seulement le 13 février 1815 que le sous-préfet lui transmet l'ordre de cessation du chantier. Enfin, le 24 février 1818, le sous-préfet de Carrère préside à la vente aux enchères des meubles destinés aux prisonniers.

La ville de Saumur finira par racheter le château à l'Etat en 1906 et, dès 1912, y seront installées les collections du musée municipal. En 1919, la donation par le comte Charles Lair de sa collection permet au musée de présenter un des plus beaux ensembles d’arts décoratifs de France, concernant une période allant de la fin de l’Antiquité jusqu’au début du XIXème siècle. Un Musée du Cheval présente également aux visiteurs plus de mille cinq cents pièces retraçant l’histoire de l’équitation à travers les âges et les continents. Le château, concernant son passé carcéral, ne garde aucune trace, seuls différents éléments architecturaux et plans attestent de sa fonction de prison.


Pour plus d'informations :

Le site du château de Saumur

L'abbaye de Fontevraud


Robert d’Arbrissel, prêtre et prédicateur, fonde en 1101 dans le vallon de Fontevraud une abbaye double: quatre prieurés pour les femmes, plus nombreuses, un pour les hommes situé hors clôture. C’est une véritable petite ville : granges, entrepôts, poulaillers, caves et jardins permettent de vivre en quasi autarcie.

Robert d'Arbrissel décide de confier la direction de l’abbaye à une veuve, malgré l’opposition des frères, ce sont 36 abbesses qui vont se succéder jusqu’à la Révolution : femmes de caractère, souvent de sang royal, elles dirigent ce qui est devenu l’Ordre Fontevriste.

L’abbaye devient une prison en 1804 par un décret de Napoléon Bonaparte en date du 02 novembre 1789. Ce décret visait à nationaliser les biens du clergé. Cependant, l’Abbaye de Fontevraud ne sera pas la seule à subir ces changements. Napoléon Bonaparte transformera aussi le Mont Saint Michel et l’Abbaye de Clervaux en centre pénitencier.

Elle passe d’un statut de clôture volontaire à un lieu d’enfermement. Les premiers prisonniers n’arrivent qu’en 1814, ce sera environs six cents détenus, originaires de neuf départements différents, qui viennent en effet inaugurer les nouveaux aménagements carcéraux qui ont remplacé les salles de prières.

Avec cette transformation en centre pénitencier, il a fallut construire de nouveaux murs et adapter les bâtiments actuels aux prisonniers. Cependant certains endroits ont gardé la même finalité depuis leur création :

- Saint Lazare devient l’hôpital des détenus (anciennement réservé aux lépreux et aux
malades)

- La salle capitulaire sert de tribunal de prison

- Les dortoirs des moniales deviennent les dortoirs des prisonniers


D’autres ont complètement été transformés :

- L’église abbatiale est devenue un atelier sur trois étages.

- Les cloîtres sont destinés aux promenades.

- Le réfectoire est désormais constitué de deux parties : au rez-de-chaussée, un
atelier et l’étage, des dortoirs. 

- Les tours enceintes deviennent des miradors


Le centre pénitencier de Fontevraud devait abriter 700 détenus cependant il en accueillit entre 1500 et 2000. Parmi ces prisonniers, on pouvait dénombrer des criminels notoires, des voleurs de légumes, des prisonniers politiques mais aussi, à certaines périodes, des femmes et des enfants. La prison de Fontevraud était aussi réputée pour sa dureté, comme en atteste l’écrivain Jean Genet dans livre Le Miracle de la rose

« De toutes les Centrales de France, Fontevraud est la plus troublante. C'est elle qui m'a donné la plus forte impression de détresse et de désolation, et je sais que les détenus qui ont connu d'autres prisons ont éprouvé, à l'entendre nommer même, une émotion, une souffrance, comparables aux miennes. Je ne chercherai pas à démêler l'essence de sa puissance sur nous : qu'elle la tienne de son passé, de ses abbesses filles de France, de son aspect, de ses murs, de son lierre, du passage des bagnards partant pour Cayenne, des détenus plus méchants qu'ailleurs, de son nom, il n'importe, mais à toutes ces raisons, pour moi s'ajoute cette autre raison qu'elle fut, lors de mon séjour à la Colonie de Mettray, le sanctuaire vers quoi montaient les rêves de notre enfance. »

La prison de Fontevraud recevra 113 enfants qui viendront remplir les cellules en 1842 et réparer leurs fautes passées. Ce changement va entraîner une modification architecturale du lieu : à l’enceinte, s’ajoutent de nouveaux murs et des cloisonnements. Cette modification de statut de l’abbaye, qui va devenir prison, va malgré tout lui permettre d'entamer une activité et de devenir une prison manufacture.

La vie des détenus était rythmée au son des cloches et de leurs travaux quotidiens. Ces tâches sont entre autre de : tisser le chanvre, fabriquer des chaises, fabriquer des boutons de nacres.

La journée d'un prisonnier d’organisé de cette façon :

6h40 : sonnerie de la cloche pénitentiaire
7h00 : levée des prisonniers
7h27 : descente au réfectoire pour le petit déjeuner
7h45 : première cigarette et début du travail dans les ateliers
11h30 : repas du midi qui était constitué d’une soupe, de choux, de fromage, et de pomme
12h30 : deuxième cigarette
13h45 : reprise du travail aux ateliers
17h30 : arrêt du travail
18h00 : diner
18h30 : troisième et dernière cigarette
19h25 : retour dans les cellules
22h00 : Extinction des feux

[Tiré de l'ouvrage L' Abbaye de Fontevraud, la plus grande Abbaye d'Europe de Chantal Colleu-Dumond]

Cages à Poule

À l’entrée de l’ancienne abbaye, chacun laisse son identité à l’extérieur. Un numéro de matricule est attribué, un uniforme distribué et une cellule confiée. Certains détenus très violent connaîtront les " cages à poule " peu accueillantes. Les grillages en fil de fer qui surplombent ces petits isoloirs leurs ont donnés leur nom. À l’intérieur, c’est très spartiate. Un simple lit et juste la place pour faire deux pas avant de se heurter à la porte en bois gracieusement tailladée par un petit interstice, pour pouvoir nourrir l’occupant. De plus, le détenu n'avait le droit à aucun contact extérieur et ne pouvait respirer l'air frais ou prendre le soleil. Les autres bénéficieront d’un peu plus de confort en partageant des pièces collectives.



Malgré des aménagements architecturaux, au XIXe siècle cette prison aura le surnom de "la prison aux milles portes et fenêtres" puisque les évasions furent assez nombreuses. Une anecdote concernant ces évasions: les gardiens de nuit avaient alors pris pour habitude de faire leur tour de garde en charentaise afin d’éviter tout bruit et de surprendre tout éventuelle évasion.

La création du Centre Culturel de l’Ouest succède en 1963 à la fermeture de la Centrale et l'Abbaye réintégre la liste des Monuments historiques. Mais quelques prisonniers resteront jusque dans les années 80 pour aider à la restauration du lieu. L’abbaye aujourd’hui garde encore les souvenirs sur ces murs du passage de certains prisonniers, de nombreux graffitis, "Richard Cœur de Lion est un con", ou "Piron a fait 218 jours, 1817 pour des mots séditieux" exemples cités lors de la visite thématique organisée sur la prison centrale de Fontevraud.



A l'heure actuelle l'abbaye de Fontevraud à créé une exposition s'intitulant : "Jean Genêt et la prison de Fontevraud". Cette exposition nous raconte l'histoire des prisonniers à Fontevraud et d'un prisonnier en particulier : Jean Genêt. Nous pouvons admirer les différents graffitis des prisonniers (repris sur des rideaux de plastique), un entretien video avec Jean Genêt, des documents papiers de la prison, les jeux de cartes des prisonniers etc.. Je vous conseille de voir cette exposition et de vous imprégner de l'histoire de ces lieux.

Jeux de carte de prisonniers
Graffiti de prisonnier, exposition Jean Genêt et la prison de Fontevraud 
Graffiti de prisonnier, exposition Jean Genêt et la prison de Fontevraud
Graffiti de prisonnier, exposition Jean Genêt et la prison de Fontevraud
Graffiti de prisonnier, exposition Jean Genêt et la prison de Fontevraud 


Sitographie

Site de l'abbaye de Fontevraud

Bibliographie :

COLLEU-DUMOND Chantal, L'Abbaye de Fontevraud, Robert Laffont, 2001

MENARD Bertrand, Encore 264 jours à tirer, pénitencier de Fontevraud, Cheminements éditions,1994.

GENET Jean, Miracle de la rose, Folio, 2010. 

La maison d'arrêt d'Angers


La nouvelle prison d'Angers est construite entre 1852 et 1856 par l'architecte départemental Ferdinand Lachèse en remplacement des installations inadaptées réalisées au château d' Angers au cours de la 1ère moitié du XIXe siècle. La prison est inscrite de manière partielle au titre des Monuments Historiques par arrêté depuis 14 janvier 1997. Cette prison est composées de bâtiments en croix autour de la rotonde (les trois grandes ailes et la petite aile du bâtiment administratif).

Il s’agit d’un très vaste bâtiment particulièrement représentatif de l'architecture pénitentiaire du 19e siècle, construite selon les conceptions nouvelles de structure panoptique . Le panoptique est un type d'architecture carcérale imaginée par le philosophe Jeremy Bentham. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu d'observer tous les prisonniers sans que ceux-ci ne puissent savoir s'ils sont observés, créant ainsi un "sentiment d'omniscience invisible " chez les détenus.

Elle a l'avantage d'être bien conservée dans son organisation et notamment dans ses dispositions intérieures, où se trouve encore intacte le poste de surveillance central surmonté de la chapelle. Cette chapelle est toujours en fonction grâce à l’aumônerie de la maison d’arrêt d’Angers et au Père Pascal Gourdon.

La prison possède encore également sa porte d'entrée monumentale en forme de châtelet, élément important du programme où peuvent s'exprimer les références à l'architecture néo-médiévale. Si ce dernier est bien conservé, les élévations de la prison proprement dite ont été totalement ravalées. La liaison perspective vers la prison depuis le Palais de Justice - la rue Savary - a été détruite par les immeubles de la place Olivier-Giran qui forment un écran en enjambant la rue Savary : la prison est aujourd'hui totalement enclavée dans la ville.


Dans leur jargon, les prisonniers appellent ça " une grotte ". Il s’agit d'une cellule de la maison d'arrêt d'Angers. Des personnes y vivent des mois voire des années, le plus souvent à deux mais parfois à trois par cellule. Et pire que la saleté, l'humidité, la vétusté et la promiscuité, cette photo ne montre pas ce que tous les pensionnaires de la prison d'Angers dénoncent en premier lieu, à savoir les cafards qui courent la nuit sur les couvertures et la chaleur suffocante due à l'impossibilité d'aérer. Et on ne parle pas de l'odeur... les bombes aérosols étant au passage interdites pour des raisons de sécurité. Cette photo est extraite du rapport d'expertise sollicité par les avocats du Syndicat des Avocats de France (SAF) dans le cadre de quatre procédures en cours devant le tribunal administratif de Nantes. Outre une dénonciation des conditions sanitaires des détenus, le dossier contient aussi des données chiffrées sur la surface des cellules, la température, la luminosité, le bruit, l'humidité... Sur la base de cet épais document, les avocats du SAF vont tenter d'engager la responsabilité de l'État pour que soit admis par la justice le principe de détention indigne. Cette procédure intervient bien sûr pour montrer l'urgence qu'il y a à construire un nouvel établissement pénitentiaire. Actuellement l’annonce de la fermeture de la prison d’arrêt d’Angers s’avère prononcer pour 2015-2020 .

Une nouvelle prison sera construite à proximité de la ville d’Angers et pourra accueillir davantage de détenus dans des conditions plus favorables.

Le château d'Angers, ses cachots et ses graffitis


Élevé par le Comte Foulques Nerra le premier château d’Angers fut reconstruit sur l’ordre de Saint Louis entre 1228 et 1238. L’austère citadelle dominant la Maine est un vaste pentagone flanqué de sept tours cerclées de noir et de blanc qu’entourent d’énormes fossés. Angers qui reste l’un des plus imposants spécimens de l’art militaire du Moyen age évoque des temps troublés où il convenait de se protéger contre des attaques soudaines.

Au milieu du XVIIème siècle, la forteresse est transformée en prison d'Etat et accueillit quelque temps le Surintendant Fouquet qui venait d'être arrêté sur ordre du Roi Louis XIV. Au moment de la Révolution, en 1793, le château contribua à empêcher que les Vendéens ne s'emparent de la ville d'Angers. Sous la Terreur, il redevient une prison jusqu'aux années 1850, date de la construction d’une nouvelle prison située en centre ville.

Les anciens cachots sont accessibles à la visite et ont fait l’objet d’une exposition nommée "La Mémoire des anneaux. Sept siècles d’enfermement au château d’Angers" d’octobre 2003 à avril 2005.


Cachot de la tour n°13. Il s’agirait d’un prisonnier anglais qui aurait 
représenté son bateau sur un mur, pendant les guerres napoléoniennes.

A l'occasion de cette exposition, on apprend qu’une grande partie de l'édifice était vouée, dès le XVe siècle, à l'incarcération des "manants" et autres ennemis de la couronne. Dans ses oubliettes, Louis XI installe, vers 1480, des "fillettes", cages de fer si exiguës qu'il est impossible de s'y tenir debout ou allongé. "Le chevalier de Bassompierre, arrêté alors qu'il projetait l'enlèvement du prince Djem, fils du sultan Mahomet II, y passa quelque temps en 1487", explique Jean Brodeur, auteur du catalogue de l'exposition "La mémoire des anneaux", qui revient sur le passé carcéral du château. De ce sinistre épisode ne subsistent aujourd'hui que quelques graffitis : des noms gravés à même la pierre. Mais aussi une série de dessins laissés là par des prisonniers anglais : de jolies femmes et des bateaux, visibles dans la chapelle comtale, transformée à l'époque en dortoir pour faire face à l'afflux de détenus.

Parmi les prisonniers célèbres de cette période figurent nombre de protestants. Tel Pierre de Rousseau, ancien prêtre catholique devenu pasteur protestant qui a dû expier sa trahison sous la torture en octobre 1545.

Quelques années plus tard, ce sera au tour de Nicolas Fouquet d'y être enfermé. Arrêté à Nantes le 5 septembre 1661 par le mousquetaire du roi Charles d'Artagnan, le surintendant des finances tombé en disgrâce y passera trois mois.

"Il est aujourd'hui possible de louer les quatre salons en enfilade où l'ancien ministre de Louis XIV entama sa longue captivité... pour organiser des réceptions ou des mariages", note la conservatrice. Et le rez-de-chaussée du logis du gouverneur devrait prochainement être aménagé en restaurant.

Dissimulés à l'autre extrémité du château, les cachots des "fous", en cours d'aménagement, devraient être prochainement visitables (sur rendez-vous uniquement). Car les malades mentaux étaient également jetés en prison sous l'Ancien Régime. "Ils étaient emprisonnés dans la tour du Diable : la paille de leur couchage n'était changée que tous les quinze jours et la nourriture leur était distribuée comme à des chiens" confie Elisabeth Dreyfus. Les deux cellules où se distinguent encore des anneaux métalliques où les déments étaient enchaînés font froid dans le dos. 

Cachot des fous du château d'Angers, France. Utilisé au début du 19ème siècle.

dimanche 10 octobre 2010