La tour
Marguerite, située à Argentan, a-t-elle conservé sa mémoire carcérale ou
a-t-elle eu une logique différente ?
Ses particularités
La tour est circulaire, haute de 17 mètres sur 10
mètres de diamètre. Elle se caractérise par ses meurtrières, ses mâchicoulis et
son chemin de ronde pour sa nature défensive. Elle possède également un parapet
de couronnement en encorbellement soutenu par d’importants corbeaux où étaient
aménagés les mâchicoulis. Sa toiture pyramidale, qui daterait du XVème
siècle, est en tuile et sommée d’un épi de plomb. Elle est composée de
trois-quatre niveaux reliés par un escalier à vis.
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La Tour Marguerite (http://amaury.photo.over-blog.com/article-31576842.html)
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Un peu d'histoire
A l’origine,
au XIIème siècle, un château fort est construit sous l’impulsion d’Henri
Ier Beauclerc, duc de Normandie et roi d’Angleterre (1100 – 1135).
Une construction dont le but était de servir de point d’appui à son autorité
dans la région alors troublée par des coalitions rebelles.
Ce n’est qu’au
XIVème siècle, vers 1360, que la ville s’entoura de fortifications composées de seize tours. La tour Marguerite est le seul vestige de cette
enceinte du fait de la destruction de cette dernière au XVIIème –
XVIIIème siècle par les bourgeois.
Cette tour est
appelée de façon différente au fil des siècles. Au Moyen-âge, elle fut nommée
Tour au Febvre ou Grosse Tour. Ce n’est qu’au XVIIème siècle qu’elle
fut baptisée Tour Marguerite pour diverses raisons. D’une part, elle ferait, peut-être,
référence à Marguerite de Lorraine (1463-1521), duchesse d’Alençon et
fondatrice d’un monastère de clarisses à Argentan. Ou encore, d’une légende qui
parlerait d’une belle et riche orpheline qui aurait été emprisonnée dans cette
tour par son oncle tyrannique…
C’est sous le
règne de Louis XIV que la tour devient une prison pour les « filles
débauchées » ou autrement dit les « filles de mauvaise vie ». A
l’époque, on avait une peur exacerbée du péché dont la sexualité était l’un des
plus importants, elle entraînerait un retour à la bestialité, au primitif de
l’homme. Les femmes seraient donc les « agents de Satan » et entraîneraient à la débauche. Pour éviter cela, éviter les maladies qu’elles
pourraient porter, on les enfermait pour les écarter des personnes normales et
éviter la propagation de la débauche.
Mais très
vite, au XVIIIème – XIXème siècle, elle sert de
« magasin de ville » pour y déposer les habits et les équipements de
la milice. Mais aussi pour le casernement des troupes voire pour y créer un lieu
d’asile pour les indigents de passage, évitant ainsi sa dégradation et donc sa
destruction.
Jusqu’en 1935,
elle accueillait un gardien qui logeait au premier étage, et au rez-de-chaussée
soit une salle d’accueil ou soit une « chambre de dégrisement »
utilisée par les autorités locales.
Des travaux de
réfection de la maçonnerie et de la toiture sont engagés entre 1884 et 1918
pour éviter sa dégradation. En 1925, on y installa l’éclairage électrique. Lors
de la Seconde Guerre Mondiale, du fait des bombardements, elle fut privée de sa
toiture. Et ce n’est que dans les années 1990 que des travaux de restauration
sont enfin réalisés, lui redonnant alors une nouvelle toiture tout en
respectant les critères du classement.
En effet,
cette tour Marguerite fut l’objet, tout d’abord, d’une inscription à
l’inventaire supplémentaire des Monuments Historique pour n’être classée que le
9 septembre 1965 par arrêté du ministère.
On peut voir qu’il n’y a aucune volonté de la part
de la ville, de mettre en avant son passé carcéral. En effet, de nos jours,
elle est utilisée comme lieu d’exposition par l’association « Ateliers de
l’histoire » qui présente dans ses murs des maquettes historiques et des
reproductions de plans anciens. Elle fait la promotion de l’histoire à travers
la maquette, la figurine, la miniature, le modélisme aussi bien ferroviaire que
naval, la généalogie, l’héraldique ou encore les jeux de stratégie. Ils ont
deux projets : le premier étant la réalisation d’un plan en relief de la
ville vers le XVIIème siècle et le deuxième, la mise en place d’un
pôle fonderie.
Webographie :
http://amaury.photo.over-blog.com/article-31576842.html
(photo, consulté le 30 janvier 2012)
http://ateliersdelhistoire.free.fr/pages%20html/pages%20standards/quid%20adh.html (Consulté le 11 février 2012)
http://www.culture.gouv.fr (consulté le 18 janvier 2012)
http://www.mediatheque-argentan.com/exposition/doc_pdf/baladeenimageenpaysdargentan.pdf
(consulté le 18 janvier 2012)


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