Description d’une prison – construction, fonctionnement,
signification
Atelier scientifique dans le cadre du projet d’innovation
pédagogique La prison
Université de Lausanne, 16 et 17 octobre 2014
Salle 318, Amphipôle
Organisé par Daniel Fink et Christophe Vuillemier
Objectifs
Depuis l’Acte de Médiation de 1803, la politique pénitentiaire, la gestion des établissements de privation de liberté et l’exécution des peines sont de la compétence des cantons. De ce fait, on dispose en Suisse d’une connaissance très lacunaire du nombre des établissements pénitentiaires et du nombre de places de détention. Le changement du fonctionnement des prisons est encore moins bien connu. Finalement, l’analyse de la place, fonction et signification de la privation de liberté n’en est encore qu’à ses débuts.
Dans le cadre de l’enseignement de l’histoire quantitative de la privation de liberté en Suisse, une activité d’expérimentation pédagogique universitaire, soutenue par le Fonds d’innovation pédagogique de l’Université de Lausanne, a permis d’améliorer l’inventaire des prisons du canton de Vaud. Par ailleurs, un travail de description d’un certain nombre d’établissements a été entrepris dans ce cadre, parallèlement à l’analyse du système pénitentiaire du canton.
Description d’une prison – construction, fonctionnement, signification
L’objectif de cet atelier scientifique réparti sur deux journées, organisé par l’Institut de criminologie et de droit pénal de l’UNIL et placé sous le patronage du service pénitentiaire du canton de Vaud, est un échange sur les modèles d’inventaire des prisons en fonction ou hors d'usage et les modes de description les plus appropriés des établissements de privation de liberté. Il s’agit non seulement de s’interroger sur les modèles descriptifs et les dimensions pertinentes de description des lieux d’enfermement, mais également de comparer les résultats de ce travail avec ceux réalisés dans d’autres pays avec des optiques parfois fort différentes. L’atelier scientifique est organisé par Daniel Fink, chargé de cours à l’ICDP, et Christophe Vuillemier, historien.
Atelier scientifique organisé par Daniel Fink et Christophe Vuillemier
L’atelier s’adresse aux criminologues, historiens, membres des services pénitentiaires cantonaux et aux personnels travaillant dans les établissements pénitentiaires et dans la probation, ainsi qu’à toutes les personnes intéressées par le monde carcéral, son évolution dans le canton de Vaud ou par les questions de description.
Jeudi, 16 octobre 2014
13h00
Accueil
Marcelo Aebi, professeur, vice-directeur de l’Ecole des
sciences criminelles, Université de Lausanne
Marcelo Aebi, Professeur, Université de Lausanne
La prison est un thème qui a au moins trois dimensions:
c’est un sujet d’actualité, un objet d’étude historique et un domaine de recherche
en criminologie. En travaillant sur les prisons en Suisse, l’Institut de
criminologie et de droit pénal (ICDP) et les enseignants qui ont été en
charge du cours Crime, justice et prison en Suisse ont souhaité répondre à
ces trois dimensions – l’actualité, l’histoire et la criminologie. En
organisant cet atelier, qui est soutenu par le Fonds d’innovation pédagogique,
que nous remercions pour son soutien, l’ICDP souhaite présenter le travail
accompli par les enseignants, tout comme celui réalisé par les étudiantes et
étudiants, et confronter ces approches avec les travaux de recherche qui se
font ailleurs en Suisse et dans d’autres pays. Nous sommes heureux que des
collègues de Belgique, de France, d’Espagne et d’Italie ont pu se joindre aux
collègues suisses pour débattre du sujet de la description d’une prison. Le
débat portera sur les trois dimensions de la prison.
Allocution d’ouverture
Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire du canton de
Vaud

14h
Xavier Rousseau, professeur, Université de
Louvain-la-Neuve, Belgique
14h30
Les prisons de Champ-Dollon et du Bois-Mermet – le récit
historique
Christophe Vuillemier, historien indépendant, Genève
La prison du Bois-Mermet, créée en 1905, a un peu plus
d’un siècle. Rares sont les établissements pénitentiaires possédant une
histoire aussi longue et aussi riche. Cette institution aura traversé deux
conflits mondiaux, connu la guerre froide, abrité un nombre particulièrement
important de petits délinquants et grands criminels. Avec ses murs si
caractéristiques, elle a, depuis toujours, impressionné le passant et laissé
dans la mémoire collective lausannoise une trace indélébile. Cette prison
est le témoignage de différentes époques et des évolutions qui se sont
déroulées, tant au niveau institutionnel que social.
La prison de Champ-Dollon, inaugurée en 1977, s’inscrit,
quant à elle, dans une autre conception de l’institution, du prisonnier et du
personnel pénitentiaire. Septante ans séparent les deux établissements
helvétiques ! Quels problèmes et quels avantages présentent ces deux prisons
?
La description socio-historique des prisons – le cas du
pénitencier de Lenzburg
Daniel Fink, chargé de cours, Université de Lausanne
Le paysage carcéral suisse a été – et est aujourd’hui
encore – extrêmement dense, fait d’un grand nombre de petites prisons de
district, régionales ou cantonales, et de quelques établissements d’exécution
des peines et des mesures de taille moyenne. Historiquement, les prisons de
district ont été aménagées dans des couvents, dans des châteaux, dans les
portes des remparts ou les greniers, dans les mairies ou les postes de police ;
en revanche, très rapidement après l’instauration de la République
helvétique (1798-1803), les lieux d’exécution des peines ont été des
établissements construits spécifiquement à cette fin. Si les seconds sont
mieux documentés et décrits par les chercheurs s’intéressant au pénal, les
premières sont encore très mal connues, alors même que les historiens des
monuments les ont souvent inventoriées, décrites, analysées, mais sans
jamais travailler sur la prison que renfermait un tel monument. La description
socio-historique des prisons, dont on en dénombre près de 400 en Suisse pour
les deux siècles derniers, n’en est encore qu’à ses débuts en Suisse. A
l’aide de l’exemple du pénitencier de Lenzburg, situé dans le canton
d’Argovie, créé en 1803, on se propose de formuler une approche descriptive
dense des prisons, une approche qui dépasse le caractère monographique très
restreint souvent adopté dans la description des établissements
pénitentiaires. Les dimensions retenues pour cette approche sont le contexte
historique de la construction d’un établissement, la construction elle-même,
le fonctionnement, la population pénitentiaire et la signification d’une
prison dans l’histoire sociale.
15h00
Le patrimoine carcéral et la description de la prison en
France
Jean-Claude Vimont, professeur, Université de Rouen
Depuis 2006, une réflexion a été menée sur la notion de
«patrimoine carcéral» au sein des enseignements de master de l’Université de
Rouen. Les mutations contemporaines du parc carcéral français – abandons de
prisons vétustes, construites au XIXe siècle et même auparavant, dans les
centres-villes ; constructions d’établissements modernes dans les
périphéries – ont posé la question de la pertinence des patrimonialisations,
des conversions ou des destructions de prisons. Un blog « Patrimoine carcéral
des régions françaises » et le site « Criminocorpus » ont entamé un
inventaire descriptif des prisons françaises, afin de mettre en valeur des
critères de patrimonialisation (mémoire et
histoire politiques, architectures et politiques
pénitentiaires, vie quotidienne, sociabilités et témoignages de détenus, de
personnels ...) et des voies originales de conservation (musées, biblio-
thèques, hôtels....). Le premier aspect sera développé lors de la
communication, puisque, à la date de l’atelier, une visite virtuelle de la
maison d’arrêt du Havre (détruite en 2010) sera en ligne sur le site
Criminocorpus, avant celle de la prison parisienne de la Santé, qui aura été
ouverte au public lors des journées annuelles du patrimoine.
16h30
La prison Canton Mombello à Brescia dans son
environnement Carlo Alberto Romano, professeur, Università degli Studi di
Berscia
Cette conférence abordera l’analyse historique de
l’évolution du système pénitentiaire de l’Italie, à l’aide de l’exemple de
la prison Canton Mombello de Brescia, qui connait cette année un siècle de
service. L’analyse portera sur ses relations avec la région environnante.
« Écrire en prison – décrire la prison » : la
communication propose un bref tour d’horizon du thème de la prison dans la
littérature suisse, menant de Friedrich Dürrenmatt à Max Frisch, de Emmy
Hennings à Grisélidis Réal en passant par Friedrich Glauser et Mariella
Mehr.
Historiquement, la cellule de prison était étroite,
sommairement aménagée, équipée de barreaux ; même modernisée, c’est un
monde fermé et inconnu de la plupart des gens. Les témoignages écrits ont
donc une valeur toute particulière. Comment des auteurs suisses décrivent-ils
la prison ?
La réclusion contraint à se confronter à soi-même et au
monde, mais elle donne aussi l’occasion d’imaginer d’autres univers. Divers
exemples tirés des Archives littéraires suisses montrent à quel point le
régime pénitentiaire et la vie cellulaire ont stimulé la production
littéraire. L’ensemble des textes portant sur la prison – à savoir des
lettres, des cahiers de notes, des journaux intimes, des comptes rendus et des
témoignages, des récits et des romans – invite à un déchiffrage
biographique, sociologique ou historique, tout en traçant les contours d’une
certaine esthétique de ’l’écriture pénitentiaire’ qui restent à analyser.
17h00
La prison dans la littérature suisse
Christa Baumberger, collaboratrice scientifique, Archives
littéraires suisses, Berne
Vendredi, 17 octobre 2014
8h30
Présidence : 9h00
Christophe Vuillemier
La description des prisons du canton de Vaud – une
expérimentation pédagogique
Steve Ducommun, chargé de projet FIP, Université de
Lausanne
Dans le cadre du cours Crime, justice et prison en Suisse,
proposé à l’Université de Lausanne, une expérimentation pédagogique a
été réalisée durant le semestre du printemps 2014. Soutenu par le Fonds
d’innovation pédagogique (FIP) de l’UNIL, le projet portait sur l’inventaire
des prisons du canton de Vaud entre 1800 et nos jours et visait à renforcer
l’interactivité dans le cours, à favoriser l’activité de recherche et à
développer les compétences de présentation. Le travail des étudiants
portait sur deux activités : la présentation d’un texte de référence et la
description d’une prison.
Pour développer les compétences de présentation, au
début de chaque cours, un groupe de 4 à 6 étudiants devait présenter en un
quart d’heure un texte imposé en lien avec le sujet traité la leçon
précédente et répondre à quelques questions. Pour la description d’une
prison, les étudiants ont dû travailler, toujours par groupe de 4 à 6
étudiants, sur un lieu de détention du canton de Vaud. Leur travail
consistait en la constitution d’un dossier de 5 à 10 pages, la fabrication
d’un poster scientifique et une présentation orale. Le choix de
l’établissement était imposé et la description de la prison devait traiter
des cinq dimensions que sont le contexte historique de sa mise en service, sa
construction, son fonctionnement, sa population ainsi que sa signification. Le
dossier, le poster et la présentation orale comptaient chacun pour un tiers
dans la note validant le cours.
La conférence présentera l’approche pédagogique et
didactique, les résultats du travail des étudiants, ainsi que les
évaluations conduites sur l’expérimentation elle-même.
Le pénitencier cantonal de Béthusy – parcours de vie d’une
prison
Ana Rita Cojocaru, Léa Kolopp, étudiantes en master de
criminologie, Université de Lausanne
Suite à l’intégration du canton de Vaud au sein de la
Confédération, en 1803, les autorités cantonales se prononcèrent sur la
volonté d’avoir une prison dans chaque district, ainsi qu’un pénitencier
cantonal. C’est ainsi que le projet du pénitencier de Béthusy prit forme dès
1819. Cette présentation propose de parcourir l’histoire de ce pénitencier,
de sa construction à sa destruction, en examinant son fonctionnement, sa
population, ses différents régimes pénitentiaires, son impact sur l’opinion
publique, ainsi que les différentes difficultés auxquelles les autorités
étaient confrontées. Sera également discuté le principe selon lequel il
était entendu que « la peine soit sentie, sans que l’humanité en souffre »,
l’expiation du crime étant la perte de liberté et nullement la souffrance
physique.
La prison de la Tuilière – une question de genre ?
Tiago Lourenço, Veronica Rogão, Mathieu Rossel, étudiante
et étudiants en master de criminologie, Université de Lausanne
Bâtie sur les ruines d'une ancienne tuilerie à Lonay, la
prison de la Tuilière fut inaugurée en 1992. La construction de cet
établissement s'explique, en partie, par la nécessité de combler un manque
dans la prise en charge des femmes en exécution de peines et de mesures, en
Suisse romande. En effet, depuis la fermeture de la Colonie de Rolle (1975),
ancienne prison vaudoise pour femmes, la majorité des détenues romandes
étaient placées en Suisse alémanique. Le projet architectural de cet
établissement se distingue par des infrastructures, modulables aux
différentes étapes du parcours progressif de l'exécution des peines, ainsi
que par la diversité de sa population. La singularité de cette prison se
trouve dans la mixité de sa population carcérale, celle-ci étant composée
d'hommes et de femmes. Cette distinction s'observe également dans les
formations et ateliers proposés aux détenus, selon leur genre. Ce traitement
différentiel soulève une réflexion sur la manière dont est pensée la
resocialisation selon les rôles de genre.

10h30
Du cachot au pénitencier, exemples d’architecture
carcérale à Neuchâtel
Claire Piguet, historienne de l’art, Office du patrimoine et
d’archéologie, Neuchâtel
Restée en marge de la modernisation du système
pénitentiaire, qui débute sur le territoire helvétique durant l’occupation
napoléonienne, Neuchâtel doit attendre le retour de la principauté dans
l’orbite prussienne, en 1815, pour que s’initie la réforme de ses institutions
judiciaires. Les autorités locales devront dès lors adapter leurs lieux de
détention au rythme de l’évolution de la justice. Puisant dans la boîte à
outils de l’histoire du bâti, plutôt que dans celle du droit ou de la
sociologie, nous tenterons une description architecturale de quelques prisons
neuchâteloises de la fin du 15e siècle à nos jours. A petite échelle, ces
réalisations recouvrent un large spectre de l’éventail typologique carcéral
: de la tour «prisonnière» au panoptique, de l’aménagement de bâtiments
existants aux constructions ad hoc, de la « cage » privative de liberté aux
ateliers de travail collectif.
Pause
Un pénitencier pour internement jamais construit et sa
description
Urs Germann, historien, Université de Berne
Durant l'entre-deux-guerres, plusieurs cantons tentèrent de
construire un établissement destiné à l’internement, dans la plaine de la
Linth, dans le canton de Zurich, en Suisse orientale. Malgré le fait que ce
projet correspondait à un besoin et répondait aux exigences des autorités,
le projet ne vit pas le jour. Dans le cadre de l'atelier, il reste à discuter
comment un projet d’établissement pénitentiaire qui a échoué peut être
décrit et contextualisé de manière adéquate. Comment peut-on évaluer l'aménagement
et le régime de l'établissement projeté, ainsi que son importance pour la
politique criminelle de la Suisse de l'époque ?
La description de la prison ‘Sankt Jakob’ de St-Gall
(1839-1956)
Patric Schnitzer, archiviste aux Archives de l’Etat de
St-Gall
Durant la période de la Médiation et suite à la création
du canton en 1803, l’Etat de St-Gall peine à placer les personnes condamnées,
désormais, à des peines privatives de liberté. D’une part, il doit reprendre
les détenus en exécution des peines, placés dans le pénitencier central de
la défunte République helvétique, à Baden dans le canton d’Argovie, d’autre
part, il doit construire de nouvelles places de détention pour le nombre
croissant de personnes à incarcérer. A l’image des évolutions dans le canton
d’Argovie, la construction d’un nouveau pénitencier et la modernisation de
l’exécution des peines sont retardés pour satisfaire d’autres besoins de la
population. La percée pour la construction d’un établissement correspondant
aux conceptions de l’époque n’interviendra qu’au milieu des années 1830,
conduisant à l’ouverture, en 1839, de l’établissement ‘St Jakob’ (« kantonale
Strafanstalt Sankt Jakob »), dans la capitale du canton. De nombreux experts le
considérèrent comme moderne et exemplaire, car l’architecture était conçue
à partir des systèmes d’exécution des peines en cours. Si St. Jakob fut
longtemps l’un des pénitenciers les plus connus pratiquant le « système
d’Auburn », le réaménagement de 1885 conduisit à l’introduction du «
système irlandais » avec ses quatre phases. Les rapports de la direction de
l’établissement et des autorités, ainsi que la correspondance des anciens
détenus montrent cependant un certain décalage entre la théorie et la pratique.
Les conditions de vie matérielles, tout comme la nourriture des détenus,
n’étaient de loin pas aussi exemplaires qu’elles ont été perçues dans la
population. En ce qui concerne les conditions de vie en exécution des peines,
aucune différence significative n’a été constatée entre hommes et femmes.
En 1955, l’établissement fut mis hors service par une décision du
gouvernement cantonal. C’est non seulement le fait que de nouvelles formes
d’exécution de peines furent pratiquées dans l’établissement ouvert de
Saxerriet depuis les années 1920, mais aussi la décrépitude des bâtiments,
des considérations financières et une plus intense coopération
intercantonale qui conduisirent à la fermeture de l’ancien établissement
modèle.

Présidence : 13h30
Le Cárcel modelo de Barcelona et la réforme pénitentiaire
catalane Josep Cid, professeur, Universidad autónoma di Barcelona (en anglais)
A la fin du 18e siècle, le mouvement de la réforme
pénitentiaire était également présent en Espagne, porteur d’idées
d’humanité, de correction et de charité chrétienne. Ces idéaux ont conduit
à la mise en fonction de nombreuses nouvelles prisons, basées sur le système
cellulaire et, plus tardivement, à la généralisation du régime progressif –
fondé sur une loi nouvelle de 1904, introduisant la libération
conditionnelle.
La publication, en 2004, d’une histoire du Cárcel modelo de
Barcelone, ouvert en 1904, permet de traiter trois questions fondamentales en
matière de privation de liberté: la prison cellulaire a toujours été
surpeuplée ; elle a toujours été menacée dans l’ordre intérieur, par
manque de légitimité ; et la vision réhabilitatrice a dû être modernisée,
passant d’une version moralisatrice (religion) à une version à prétention
scientifique (traitement), sans savoir si elle était vraiment effective dans
la pratique. L’histoire de la Prison modèle de Barcelone permet de poser la
question de savoir si ces problèmes ont été résolus dans le système
pénitentiaire catalan contemporain: la surpopulation et le manque de places
sont-ils toujours un problème?; l’ordre intérieur est-il atteint et
considéré comme légitime?; la réhabilitation modernisée est-elle effective
?
Le système carcéral du canton de Zurich
Helena Zimmermann, archiviste scientifique, archiviste en
chef de l’Université de Lucerne
L’évolution du système carcéral du canton de Zurich du
19ème au 21ème siècle peut être divisée en quatre étapes : dans un
premier temps, le canton cherche à créer les places de détention
nécessaires, puis à trouver des lieux de détention plus humains, ensuite à
remplir les exigences du droit pénal concernant les différentes formes de
détention, notamment la séparation selon les types de détention, et enfin à
orienter la détention vers une resocialisation des personnes incarcérées.
Cette évolution est entre autres influencée par le passage de l’ancien Etat
urbain vers l’Etat cantonal, qui devait durant le 19ème siècle gagner du
terrain et du pouvoir.
A la fin du 20ème siècle, le paysage carcéral
s’organisait selon l’ancienne carte judiciaire du canton. Il se composait d’un
grand établissement d’exécution des peines – la Justizvollzugsanstalt
Pöschwies - et de onze prisons de district utilisées pour la détention
provisoire et l’exécution de courtes peines. La conférence traitera un des
aspects de cette évolution du paysage carcéral du canton de Zurich.
Statistiques pénitentiaires et parc carcéral
Annie Kensey, démographe et chef du bureau des études et
de la prospective à
l'administration pénitentiaire, DAP, Paris
Au travers de cet exposé seront évoqués les indicateurs
de base de la statistique pénitentiaire et leur disponibilité par
établissements; les tendances observées pour l’évolution de la taille des
établissements et leur éventuel encombrement; les usages faits de ces
données à propos de l’occupation des établissements.
De manière plus générale seront traitées la construction
des indicateurs de densité et l’observation des durées de détention que l’on
s’efforcera de comprendre tant à travers une vision plus large de la gestion
des effectifs des détenus qu’à travers la transformation des mots en
indicateurs chiffrés.
Discussion Conclusions Clôture de l’atelier