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mercredi 1 octobre 2014

La prison de Pontaniou photographiée

La prison de Pontaniou à Brest avait fait l'objet d'une contribution de Séverine Auguste en décembre 2013 sur le site Patrimoine carcéral des régions françaises. Laissée à l'abandon depuis 1990, elle a inspiré plusieurs photographes. Parmi eux, Etienne Valois dont les clichés sont présentés et légendés par Audrey Higelin-Fusté sur le site Criminocorpus. Il expose sa démarche qui s'inscrit dans le courant de l'Urbex, l'exploration urbaine de bâtiments désaffectés, de vestiges industriels ou carcéraux. La prison servit de lieu d'entraînement aux forces de l'ordre, elle fut squattée et des artistes y furent en résidence. Son aspect ruiniforme n'est pas sans évoquer le musée de la prison de Philadelphie, laissée en l'état depuis sa fermeture.

Photographie d'Etienne Valois en ligne sur le site Criminocorpus

vendredi 20 décembre 2013

L'ancienne prison de Pontaniou : un bâtiment à réhabiliter par Séverine Auguste

Sur les rives de la Penfeld, face aux ateliers des Capucins se dresse un bâtiment des plus connus de Brest et de triste réputation pour certains. L’ancienne prison de Pontaniou, également appelée bâtiment de la Madeleine, est située dans le quartier Recouvrance, le berceau de la Marine à Brest. 

C’est au XVIIe siècle que se noue le véritable destin militaire et urbain de Brest. Lorsque Richelieu décide, en 1629 de créer des ports militaires et des arsenaux sur la façade atlantique pour protéger les bateaux de commerce et faire du royaume une puissance maritime susceptible de rivaliser avec les concurrents, en particulier les Anglais. Pendant trente ans, les chantiers se succèdent pour agrandir l’arsenal, achever de fortifier le site et créer une véritable ville nouvelle, une zone militaire de première instance pour le royaume de France. 
C’est à travers ce contexte que se développe la prison de Pontaniou qui deviendra une prison maritime voulu comme exemplaire.

Configuration actuelle, Daniel Larvor, janvier 2010


La prison de Pontaniou : un lieu marqué par la puissance maritime


Une maison de correction 

L’histoire du lieu remonte vers 1670, lors de la création d’un asile nommé la Madeleine, au creux de la crique de Pontaniou, fondé et dirigé par des religieuses de Saint-Thomas-de-Villeneuve. A l’instigation de Colbert, en 1682, cet asile devient une maison de correction pour les « filles et femmes débauchées », selon Prosper Jegan Levot, conservateur de la marine à Brest (de 1831 à sa mort), afin de lutter contre la prostitution. On le nomme le Refuge Royal de la Marine car cet asile était sous l’autorité de l’intendant de la Marine et sanctionnait particulièrement la prostitution auprès des marins et soldats. En effet, les juges royaux signalent en 1683 l’ampleur inquiétante de la prostitution au Parlement « un nombre considérable de femmes impudiques causent beaucoup de désordre parmi les matelots et soldats de ce port par leurs maladies et leur débauche ». Il pouvait contenir entre 20 à 40 détenues qui pouvaient être donc des prostituées mais également des jeunes filles égarées, des libres penseuses et des femmes engagées. La conception du Refuge Royal, sur l’actuel terrain de la Madeleine, est confiée à Choquet de Lindu, ingénieur des travaux du port qu’il dessinera en 1736.



© Daniel Larvor, janvier 2010



Encadrées par les sœurs qui gèrent l’établissement, les femmes condamnées sont marquées de la fleur de lys au fer rouge sur la place publique avant d’être enfermées et exploitées, notamment pour le tannage des voiles. 
Le Refuge royal est détruit par un incendie en 1782, initié par une femme rebelle dite « la Belle Tamisier » qui y déclare avant d’y mettre le feu « Ici je vais faire mon carnaval ! ». Le bâtiment ne sera jamais reconstruit.

Une prison maritime 

Parallèlement, dès 1676 il existe donc à l’entrée de l’anse de Pontaniou, une prison voutée avec une geôle qui était destinée aux marins et aux ouvriers de l’arsenal. En 1743, au fond de l’anse, à l’intérieur de l’enceinte militaire, une nouvelle prison maritime est édifiée, renfermant une chapelle, trois cachots et six cellules. 

Le bâtiment de la prison qui subsiste aujourd'hui a été construit au début du XIXe siècle sur les plans de l’ingénieur à la direction des Travaux maritimes, Jean-Nicolas Trouille (1750-1825). Cette prison avait pour but de remplacer une structure beaucoup trop petite et inadaptée. Ils s’agissaient d’offrir aux détenus qui étaient en grande partie des marins et des ouvriers de l’arsenal, des conditions de détentions qui étaient exemplaires pour l’époque. Cela passe par la création de cellules individuelles avec de bonnes conditions d’hygiène et de salubrité. Jean-Nicolas Trouille écrit sur ce bâtiment : « Les vœux de l’humanité vont être satisfaits. Les détenus ne seront plus entassés pêle-mêle sans distinction d’âge, d’état et les délits, ils respireront un air pur et suffisant. Cette prison, sous bien des rapports, doit tenir un rang distingué parmi les édifices reconnus indispensables aux besoins du service et au perfectionnement du beau port de Brest. ». La particularité de ce lieu était que les prisonniers avaient accès à des ateliers et aux messes qui pouvaient être présentées.

Le bâtiment a connu plusieurs modifications, notamment un agrandissement par une surélévation ajoutant deux niveaux à la construction d’époque Napoléonienne : un étage complet et un étage sous les toits. Sur la photo ci-dessous présentant la façade de la prison côté rue, on peut observer des traces de cet agrandissement, on distingue notamment les deux derniers niveaux ajoutés à celle de la construction d’origine, à travers l’encadrement des fenêtres différent au troisième niveau mais également à travers la ligne horizontale qui désigne l’ancien toit du bâtiment.

Façade l'ancienne prison de Pontaniou


Pontaniou continue à jouer son rôle de prison maritime jusqu'à la seconde Guerre Mondiale, pour y recevoir les prévenus et condamnés, civils ou militaires, faisant l’objet d’une procédure devant une cour de la marine ou une cour militaire : criminels, voleurs de l’Arsenal, etc.

Lors de la seconde Guerre Mondiale, la prison civile de Bouguen où étaient enfermés les détenus de droit commun et qui servait aux nazis de lieu pour enfermer les prisonniers politiques et les détenus a été en partie détruite par les bombardements. Par conséquent, les soldats allemands ont utilisé la prison de Pontaniou pour enfermer des prisonniers politiques et des résistants, comme l’atteste cette photo ci-dessous d’une plaque commémorative sur la prison de Pontaniou.


Plaque commémorative prison Pontaniou


La maison d’arrêt de Pontaniou 

Le programme de reconstruction de la ville de Brest n’a pas pris en compte la reconstruction de la prison civile de Bouguen et c’est donc la prison maritime de Pontaniou qui devient une prison civile, prenant ainsi le nom de maison d’arrêt de Pontaniou en 1952. Mais les conditions continuent de se détériorer, le bâtiment ne correspond plus aux normes qui sont exigées à la fin du XXe siècle. S’ajoute à cela la surpopulation carcérale (jusqu'à 150% de taux d’occupation), les conditions de détentions deviennent inadaptées. 

Parallèlement est construit une nouvelle prison, le centre carcéral de l’Hermitage, un bâtiment moderne construit dans la périphérie de Brest. 

Tout cela entraîne la fermeture de la prison de Brest en 1993 et laisse aujourd’hui de nombreux bâtiments désaffectés, à l’abandon et vétustes. 

La mise en valeur du lieu 


L’art s’invite dans l’ancienne prison de Pontaniou 

Depuis que l’ancienne prison de Pontaniou est à l’abandon, l’art devient omniprésent dans ce lieu vétuste qui voit défiler plusieurs événements artistiques :

En 1990, la mairie de Brest passe une commande à cinq photographes brestois (Bruno Ravallart, Michel Coquil, Jean Salou, Joseph Amram et François Rommens), pour photographier les lieux de la prison de Pontaniou. Deux clichés de chaque artiste sont exposés à la maison d’arrêt de l’Hermitage lors de son inauguration. 

1990-1991 : Paul Bloas, artiste brestois, investit les lieux pendant un mois pour « mieux absorber les lieux et tout ce que les murs transpirent, comme une éponge ». Il y expose ses œuvres : 18 personnages. Ce sont des personnages peints sur un papier collé sur les murs de la prison, ils sont répartis dans plusieurs lieux de la prison. Lors de cette exposition, l’édifice a pu être ouvert au public, qui a pu découvrir ce lieu habituellement fermé au public pour cause de vétusté. 
Une exposition sur la prison de Pontaniou : « Mur et Ombres » a eu lieu en 2011 à la Maison de la Fontaine à Brest. Cette exposition était composée de clichés pris en 1990 et en 2008, ainsi que de poèmes écrits par les Voleurs de feu et des témoignages. 


  
Affiche de l'exposition

Il y a donc à travers ces différentes expositions une mise en valeur du lieu, une volonté d’encrer la prison de Pontaniou dans l’histoire et peut être même d’en faire un lieu patrimonial. 

Un projet de reconversion 

La prison de Pontaniou, propriété de la collectivité, est un bâtiment protégé au titre de Zone de Protection du Patrimoine Urbain et Paysager de Brest (ZPPAUP). Il est représentatif de l’histoire architecturale de Brest. C’est pourquoi le bâtiment s’intègre dans un projet de reconversion qui reste aujourd’hui encore indéterminé, on ne s’est pas encore quelle structure sera accueillie dans ce lieu. Cependant, le projet de reconversion est bien intégré au projet de création d’un nouveau quartier à Brest, celui du Plateau des Capucins (l’ancien quartier industriel) qui va devenir un éco-quartier au cœur de la ville de Brest, s’inscrivant ainsi dans une politique de développement durable. L’ambition est de faire des constructions à forte valeur patrimoniale (dont l’ancienne prison de Pontaniou) une vitrine des savoir-faire brestois et un lieu dédié à la mémoire industrielle et urbaine de Brest. Une chose est sûre, sa réhabilitation devra respecter l’architecture du lieu, celle d’une prison. 


Sources

- La prison de Pontaniou : Inventaire régional du patrimoine historique.

- Colloque « Valoriser les patrimoines militaires », L’Opération des Capucins à Brest, par Annick Cléac’H et Grégory Guérin 

- Article du Télégramme , 17 mars 2009

- Article de Côté Brest , "Pontaniou, ton univers carcéral", 8 janvier 2013


lundi 7 mai 2012

La prison Saint-Michel de Rennes par Clothilde Quiesse

La prison Saint-Michel se trouvait au numéro 7 de l'impasse Rallier jusqu'en 1902. Aujourd'hui l'impasse porte le nom de Rallier-du-Baty. Rallier du Baty fut maire de Rennes. Cette ancienne prison, qui n'existe plus aujourd'hui, se trouve au nord de la ville historique. La prison portait plusieurs noms : La Feillée, la Conciergerie et la prison Saint-Michel, du fait de sa présence près de la porte Saint-Michel, des anciens remparts de la ville, qui n'existent plus. Pendant la Révolution, la prison prit le nom de prison Marat.

Plan de Rennes en 1720 (détail de la prison)

La prison remplace vers 1450, l'ancien prieuré Saint-Michel. Elle servit de prison civile, et fut également prison militaire à partir de 1840, jusqu'à l'achèvement de la prison militaire de Saint-Hélier, elle fut transformée par la suite en magasin. Il est encore possible d'observer la cour intérieure de la prison, et également quelque pièces. La disposition actuelle de l'ensemble du bâtiment change peu par rapport à la description qui en a été faite en 1692, et le plan qui en a été dressé en 1724.

Plan de Rennes en 1720 (détail)

Plan de la prison Saint-Michel


Grâce au plan de Robelin de 1724, nous pouvons faire une description très détaillée du premier étage de l'ancienne prison Saint-Michel de Rennes et apporter également des précisions sur le rez de chaussée. 

Plan de Robelin de 1724. Archives départementales C 340.

Tour octogonale. ©Clothilde Quiesse
À gauche du porche actuel se situe une tour de forme octogonale, à l'intérieur de laquelle monte un escalier de pierres en colimaçon. C'était l'escalier principal. Au pied de cet escalier se trouvent deux portes. Cette tour s'élève sur trois étages. Ce qui est différent du reste des bâtiments, visibles depuis la cour intérieure, qui eux s'élèvent sur un étage et sur lesquels court un balcon (ou galerie).
Les détenus entraient par une porte qui donnait sur une première cour. Ils y étaient ferrés. C'est cette première vision qu'avaient les prisonniers quand ils entraient dans la prison. Après ils accédaient à une deuxième cour carrée qui est encore visible aujourd'hui, et dont nous venons de décrire les bâtiments. Dans cette cour est toujours observable un ancien puits. Elle était divisée en deux parties, une pour les femmes au sud et l'autre pour les hommes au nord. La prison était petite. L'air circulait mal. Elle était donc insalubre . La cour des femmes peut illustrer cet aspect. Sa petite taille ne permettait pas le renouvellement de l'air. Les épidémies étaient fréquentes.

Escalier en colimaçon. ©Clothilde Quiesse
La partie de la prison réservée aux femmes était du côté sud. Elles occupaient notamment le rez de chaussée des bâtiments de ce côté, jusqu'au XVIIIè siècle. Elles occupèrent par la suite deux autres pièces toujours au rez de chaussée. Ces salles furent destinées par la suite au corps de garde. Se trouvait également au rez de chaussée des cachots, des chambres de force, des latrines et un cellier. Sous le cellier il y avait une cave, où était entreposé le charbon. Dans la cour, se trouvait une porte par laquelle passaient les prisonniers pour descendre dans d'autres cachots. La descente dans ces cachots était considérée pour les détenues comme une peine disciplinaire. À l'intérieur des cachots ils y avait deux lits superposés à côté desquels se trouvaient des chaînes pour attacher les détenus. 

Puits. ©Clothilde Quiesse
La partie ouest de la prison était occupée par le logement du concierge et par deux salles de détentions appelées la Chambre dorée et la Chambre brillante ou Chambre du coin. Ces pièces communiquaient entre-elles. Cela permettait au concierge d'intervenir rapidement en cas de révolte des détenus.

Dans la partie nord de la prison il y avait deux chambres de détention : la chambre Carrée et la Chambre Lansquenet.
Du côté Est, se trouvait l'infirmerie pour les hommes, une infirmerie pour les femmes, et une lingerie.

Base de la tour octogonale. ©Clothilde Quiesse

Dans la partie sud se trouvait la chapelle, une porte permettait de rejoindre la chambre criminelle depuis la chapelle. C'est dans cette chambre criminelle qu'avaient lieu les interrogatoires et les dépositions, dans cette pièce les accusés étaient également soumis à la torture. Cette pièce fut détruite par l'incendie de 1720 et reconstruite en 1724 à la même place.
Il semblerait que des religieuses aient également occupé une petite pièce au sud-est de la prison, près de l'infirmerie des femmes. Une cloison leur permettait d'accéder et d'être en contact direct avec les détenues. Les religieuses portaient le nom de Filles de la Charité. En 1719, une demande fut faite pour l'installation d'un aumônier.

Les pièces de cette prison étaient recouvertes de bois. Le bois était très abîmé dans certaines parties de la prison, ce qui la rendait encore plus insalubre. La prison fut entièrement détruite lors d'un incendie survenu en 1720, qui toucha principalement le quartier Saint-Michel, mais elle fut reconstruite.

Les façades de la prison Saint-Michel sont encore visibles dans plusieurs cours qui se situent dans les rues avoisinant l'impasse Rallier-du-Baty.

Porche d'entrée actuel. ©Clothilde Quiesse
Porte de cachot. ©Clothilde Quiesse


Les prisonniers pour crime recevaient 15 livres de paille par semaine et 30 onces (ce qui équivaut à un seizième de livre) de pain tous les deux jours. Les prisonniers enfermés dans les basses-fosses avaient quant à eux 40 onces de pain. Ils recevaient également 3 sols tous les deux jours, qui leurs servaient pour des achats personnels et des achats de nourriture.
La messe devait être dite tous les jours dans la chapelle à 8 heures, en été, depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, et à 9 heures en hiver, c'est-à-dire de la Toussaint jusqu'à Pâques. Il y avait des messes et des visites aux malades.
Le 2 août 1767, une demande est faite à l'intendant de Bretagne, pour qu'une somme de 50 livres soit distribuée aux prisonniers les plus pauvres, lors de leur sortie.

La prison Saint-Michel reçut dans ses geôles Guy Eder de la Fontenelle (1572-1602). Ce personnage fut un chef de guerre et un brigand breton. Il fut enfermé en 1600.

Les murs de l'ancienne prison abritent aujourd'hui un restaurant, un bar, une discothèque. 

Façades depuis la cour intérieure. ©Clothilde Quiesse
Sources

Archives municipales de Rennes, Série F, FF266
Banéat Paul, Le Vieux Rennes, Librairie Guénégaud, Rennes, 1983

L'ancienne prison de Redon par Clothilde Quiesse

La maison d'arrêt de Redon semble exister depuis le XVIIIè siècle. .Elle est construite en suivant un plan assez traditionnel aux maisons d'arrêt. Une aile pour les hommes et une aile pour les femmes. Un bâtiment central fait le lien entre ces deux ailes.


Les prisons du département d'Ille-et-Vilaine connaissent au XIXème siècle de grands projets de réaménagement, ce qui est lié à la volonté de respecter la législation sur les prisons. À l'image de la maison d'arrêt de Saint-Malo, la prison de Redon voit plusieurs projets d'aménagements qui lui sont proposés pour l'agrandir et pour limiter l'insalubrité. Ces projets commencent à être envisagés dès 1806. Le premier projet qui semble aboutir, date de septembre ou octobre 1810. Il est d'abord exposé dans une lettre. Il est principalement demandé de faire venir un architecte ou un ingénieur pour vérifier l'état actuel des prisons de l'arrondissement de Redon. Le but est de faire un rapport sur la santé des individus. La lettre du 31 octobre 1810 évoque le plan d'une nouvelle prison à construire à Redon. La lettre du 18 décembre 1810, explique le plan de la nouvelle prison. Cette demande est faite au nom du juge de paix et du maire de Redon. Le nouveau plan comprend une maison principale, une maison de police et une Maison d'Arrêt et de justice. Le choix de l'agrandissement ou de la construction d'une nouvelle prison à Redon est lié à la proximité de la maison de salubrité et du tribunal. La première inquiétude est liée au manque de place. Ce projet est conforme aux volontés du gouvernement. Une acquisition de terrains est obligatoire pour cette nouvelle construction. L'annexion de l'ancienne église de Redon est obligatoire pour l'agrandissement de la maison d'arrêt, elle est d'ailleurs induite dans le projet. De plus il est peu coûteux de la réutiliser. Une lettre de janvier 1811 retrace le projet de la nouvelle prison de Redon par l'architecte Le Roux. 
L'architecte du département en 1835 est Monsieur Richelot. C'est sans doute cet architecte qui supervisa l'agrandissement de la prison. Une circulaire de la préfecture d'Ille-et-Vilaine datant de 1851, relate le procès verbal d'expert pour la cessation des deux terrains pour l'établissement de la nouvelle prison de Redon en 1834. Une somme est versée pour les terrains en 1835. Une circulaire du 2 octobre 1834 demande que les matériaux utilisés pour la réalisation de la prison soit du moellon, provenant des carrières de Saint-Nicolas. Cependant, l'entrepreneur demande à utiliser la carrière du chemin de la Houssain près de Redon, en échange d'une indemnité. Deux carrières sont donc utilisées pour servir à l'approvisionnement du moellon employé pour la construction de la prison.

Nous pouvons penser que toutes ces constructions servent à l'agrandissement de la maison d'arrêt de Redon, il n'est jamais question de changement de place. La prison semble rester près de la rue Saint-Michel.

L'inventaire du 25 janvier 1835 permet de dresser une liste des éléments et pièces qui constituent la prison de Redon. La prison était constituée d'un jardin placé au nord du mur d'enceinte, d'un cachot, d'un petit cachot, d'un cachot du fond, de chambres, d'au moins un escalier, une chapelle, de chambres pour les femmes, d'un grenier. Dans la chapelle, il y avait un coffre et une armoire à l'usage du curé. Il y a également du mobilier culinaire: trois baquets, plusieurs marmites, un sceau, 18 écuelles en terres. Ces éléments nous sont aussi indiqués dans une circulaire datant de 1840. Il est également mentionné en 1855 la présence de chemises, de pantalons d'étoffe et de toile.

Le règlement intérieur  de 1844 était constitué de 40 articles, il est toujours visible aux archives départementales d'Ille et Vilaine. Les articles comprenaient les éléments suivants : Fouille du gardien chef à l'arrivée. Femmes fouillées par des femmes. Appel au levé et au coucher par le gardien-chef. Le barbier vient tous les vendredi à 11 heures du matin. La messe est célébrée à 8h le dimanche et le jour des fêtes religieuses. Établissements de différentes catégories de détenus : détenus pour dettes civiles, détenus pour dettes en matière criminelle, détenus pour dettes envers l'état en matière civile.. Soupes quotidiennes avec des ingrédients pesés : ex : 15 g de Beurre, 12 g de graisse de porc, 50 g de pommes de terre. Viande les jours de fêtes. La pain est distribué à la sortie des dortoirs. Paillasses et traversins en paille, renouvelés tous les 4 mois, drap et couverture. Les femmes enceintes sont placées à l'infirmerie, les enfants dont elles accouchent sont placés à l'hospice.

L'hygiène dans la prison de Redon semble être un élément d'inquiétude important. Entre 1856 et1865, il est demandé de faire des inspections dans les maisons d'arrêt, notamment celles de l’arrondissement de Redon. Une circulaire du 4 novembre 1860 explique qu'il faut dorénavant donner des légumes et des fruits frais aux détenus, ainsi que du riz, et de l'alcool en quantité limitée. Une adjudication du pain à délivrer à la prison de Redon est également mis en place. Cette affiche est également observable aux archives départementales. Cette adjudication explique que les femmes auront de rations de pain par semaine, ces morceaux de pain doivent peser 70 décagrammes. Pour les hommes rations de pain de 75 décagrammes.

Le registre de la prison de Redon recense entre le 10 mai 1844 et le 20 juin 1870, 208 condamnés entrés dans la prison. Ils ont des peines allant de 6 jours de prison à 5, 10, 12 ans de prison.
Le registre était tenu de cette façon:



Les comptes de la maison d'arrêt et des dépôts de sûreté de l'arrondissement de Redon, datant de mars 1861 nous indiquent que :

Dépenses effectuées :
-Traitement des employés de la maison d'arrêt= 142,52 Francs
-Nourriture des détenus de la maison d'arrêt (somme due à l'entrepreneur, à raison du nombre de journées de détentions)= 231,353 Francs (jours de détention 299)
-Journées de détenus à l'hospice= 16,80 Francs (jours de détention 21)

En tout 411, 923 Francs et 490 jours de détention.

Sources

Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Y, 1Y16
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Z, 3Z423, 3Z424, 3Z425 et 3Z135

samedi 5 mai 2012

L'ancienne prison intra-muros de Saint-Malo par Clothilde Quiesse

La prison actuelle de Saint-Malo se situe en dehors de la vieille ville. L'ancienne prison se situait dans les remparts, au 2 rue de la Victoire, à l’emplacement d'une ancienne forteresse. Certaines pierres de cet édifice ont servit à l'édification d'un couvent, transformé en prison au XVIII è siècle.


La prison « intra-muros » : Une lutte contre l'insalubrité


Le principal problème qui est lié à la prison de Saint-Malo est son manque de place. L'ancienne prison de Saint-Malo existait depuis le XVIII è siècle. La maison d'arrêt était située dans la vieille ville de Saint-Malo, c'est à dire dans un espace clos, où tous les bâtiments se tiennent les uns contre les autres, ne permettant pas d'ouvrir l'espace. Au départ l'ancienne maison d'arrêt de Saint-Malo était conçue pour accueillir 20 prisonniers. Ce chiffre n'était pas respecté, il y eu une importante augmentation du nombre de détenus. La prison était trop petite pour le nombre de détenus, parfois il y avait plus de cinquante prisonniers.

La maison d'arrêt de Saint-Malo était divisée en deux corps de bâtiments, celui des hommes et celui des femmes. Le bâtiment des hommes mesurait 14m de long et 3,40m de large. Il y avait trois cachots au niveau du sol de la cour, trois petits appartements au dessus des cachots, et les combles étaient aménagés. La cour des hommes, situait au sud, était relativement petite, elle mesurait 3,60m de largeur, la cour des femmes mesurait quant à elle, 2,40m de largeur.
Le logement du concierge, formait la réunion des deux corps de bâtiments. L'appartement du concierge consiste en trois appartements, d'un caveau et deux greniers, le tout précédé d'une cour d'entrée étroite.

De nombreux rapports et de nombreuses circulaires datant de la période allant de 1814-1828, nous permettent de dresser un constat alarmant de l'ancienne maison d'arrêt de Saint-Malo, au niveau de l'hygiène et de la sécurité du lieu. Dans le premier quart du XIXè siècle, la prison était décrite comme étant insalubre, et un déblaiement urgent était à effectuer. L'air était mauvais. Les bâtiments étaient adossés contre un terrain qui s'élevait jusqu'à la hauteur du plancher des greniers. L'eau qui tombait filtrait à travers les murs. Les conditions climatiques engendraient une altération des matériaux à cause de l'humidité. La prison va ainsi changer de visage petit à petit. Des travaux vont être engagés au cours du XIX è siècle, certains ne seront pas toujours achevés.

Les travaux de la maison d'arrêt de Saint-Malo vont s'échelonner sur une longue durée. Ce qui laisse penser qu'une fois une campagne de travaux fini, une autre commençait, toujours dans l'optique d'améliorer la maison d'arrêt. Les projets pour la « mise en conformité » de l'ancienne maison d'arrêt commencent dès 1809. De nombreuses actions de réparations seront faites, notamment à la cuisine.

Il y a les grands projets d'aménagement, dont celui du 1 er thermidor an 12, fait à Saint-Malo. C'est le projet des « cours ». On projeta de les réduira pour récupérer l'eau qui devait s'évacuer dans un canal pour réduire la destruction du bâtiment. Pour cela va être annexer à la prison la cour de l'ancien couvent des Bénédictines de Notre-Dame de la Victoire, pour améliorer le renouvellement de l'air et éviter l'humidité dans la cour des hommes et des femmes. Ce couvent se situait juste à côté de l'ancienne prison. La cour des femmes est baissée de 40cm par rapport à celle des hommes, pour permettre l'évacuation de l'eau dans un canal. Les roches qui se trouvent sous le mur et qui en font la base, seront taillées pour former un mur uniforme. Les creux sont bouchés avec du moellon, du mortier de chaux et du sable. Les portes sont remplacées. La porte du cimetière est condamnée au profit d'une ouverture avec une porte de 2m de hauteur et de 78 cm de largeur, dans le mur nord du bâtiment des hommes pour communiquer avec la nouvelle cour. Le même système est adapté pour les femmes. Jambage, seuil et linteaux en pierre de taille.

Une lettre du 24 novembre 1809 évoque la prison. Dans cette lettre est évoqué la volonté de créer une nouvelle prison ou d'améliorer la prison de Saint-Malo. Il y a un premier budget qui est établit pour la prison en 1807. Un devis est élaboré le 27 novembre 1809 pour la réparation la prison. La restauration de la prison est ordonnée en 1810. Cependant en 1813 les travaux commencent à peine. Il y a des dépenses importantes. Une adjudication des travaux de déblaiement à faire à la prison de Saint-Malo, est éditée le 23 décembre 1913. Ce qui semblent permettent aux travaux de commencer véritablement. De plus l'agrandissement de l'ancienne prison devenait urgent, en 1818 la prison pouvait accueillir que 30 personnes, mais en réalité il y avait près de 60 personnes. Il y avait donc des contagions importantes, comme celle du typhus. Il y avait toujours 10 à 15 malades à l'infirmerie. Entre 1817 et 1818, il y a une épidémie de galle.

Plusieurs projets sont proposés mais impossibles à réaliser à cause de l'emplacement de la prison, et également à cause du coût important. Un nouveau projet de nouvelle prison voit de nouveau le jour à Saint-Malo, dans un dossier datant du 12 février 1823. Il s'agit de travaux importants et coûteux, il faut tout reprendre. 60 à 80 personnes pourront y être logées. Le projet de la nouvelle prison comprend le rachat de la totalité de l'hôtel Duplanty et des terrains adjacents. Pour faire place à un bâtiment au milieu séparant deux parties de superficie égale. Au rez de chaussée une seule est unique entrée, une loge pour le guichetier. De grandes pièces pour le concierge qui surveille la cour, quelques cellules pour les petits délits près du concierge. Au premier étage le logement du concierge, du guichetier et une chapelle. Il y a une pharmacie, des chambres particulières avec des cheminées dans l'infirmerie pour les hommes et pour les femmes. Les bâtiments des hommes et des femmes, contiennent tous les deux au rez de chaussée, deux moyennes chambres et une grande, une galerie sous le portique et des latrines au bout. Les portiques et galeries peuvent servir de promenade. Ces bâtiments contiennent un étage qui renferme un atelier pour les prisonniers du rez de chaussé, un autre pour ceux du premier étage. Les travaux sont réalisés avec de la pierre comme matériel.

Le personnel de la maison d'arrêt de Saint-Malo


La prison était assez petite, il y avait un guichetier, un concierge, un aumônier et un chirurgien. Chacun de ces personnages devaient avoir une bonne tenue, est avoir le respect de l'humain. Les concierges surveillent les détenus lors de leur rencontre.

Règlement intérieur de la prison de Saint-Malo datant de 1839.

Il est encore visible aujourd'hui un fascicule expliquant le règlement de la prison. Ce règlement nous donne des informations sur le déroulement des journées, et la vie dans la prison de Saint-Malo. Ce règlement est composé de 8 chapitres, divisés en articles :
« Règlement pour la discipline et le service intérieur de la maison d'arrêt proposé par la commission charitable de surveillance ».

En voici un résumé :
Couches faites avec de la paille, 5 kilogramme de paille étaient donnés à chaque détenus le jour de son arrivée, cette paille était renouvelée tous les 10 jours. Les détenus ont une couverture et ils font leur lit à leur arrivée.
Les fenêtres sont ouvertes tous les jours. Les détenus ont le droit de traverser la cour pour rejoindre le préau qui leur aient destinés.
Les lieux fréquentés par les prisonniers sont : la chapelle, les appartements, la galerie, les escaliers, les cours et les préaux. Les latrines sont nettoyées et balayées tous les jours. Le linge du corps est changé tous les samedi.
Tous les jours les prisonniers ont ration de pain et de la soupe.
La messe est célébrée le dimanche à 7 heures du matin. Il est interdit aux hommes et aux femmes de communiquer. Les détenues sont fouillés à leur arrivée.
Division des prisonniers en 8 classes : 1) Prévenus de crimes, 2) Délits, 3) Enfants de plus de 16 ans (homme et femme), 4) Enfants détenus par forme de correction paternelle, 5) Condamnés correctionnels, 6) Condamnés par la police municipale, 7) Condamnés par la garde nationale, 8) Détenus par dettes ou recommandés. Ces différentes classes ne sont pas mélangées.
Les prisonniers travaillent de 8h à 12h et de 13h30 jusqu'à une heure avant le coucher du soleil.

La gestion de la prison subit elle aussi des changements, permettant sa bonne évolution. Cela se manifeste par l'envoi d'un règlement général des prisons départementale en 1841, qui avait pour but une évolution pour une meilleur hygiène et un meilleur confort dans le nouveau règlement.
Article 33 revu : les femmes peuvent allaiter leur enfant et les garder jusqu'à leur 3 ans si elles le veulent.
Article 31 : les enfants après peuvent être placés sous la charge publique si les femmes n'ont pas d'autres moyens.

Une circulaire du 15 décembre 1873, évoque les propositions de grâce qui pourront être faites, tous les trois mois aux individus non récidivistes détenus dans les prisons départementales.

Comptabilité


Le passage des détenus dans la prison de Saint-Malo était incessant. Nous comprenons pourquoi celle-ci était en perpétuel travaux, pour l'améliorer ou l'agrandir. Les détenus étaient classées en différentes catégories : les vagabonds, les prévenus, les accusés, les condamnés à la réclusion ou les condamnés à mort... Voici quelques chiffres permettant d'illustrer la situation.

Saint-Malo, prisonniers, mouvement gestion 1812-1815.
Mouvement au trimestre d'avril 1812
Nombre de prisonniers entrés 117
Nombre de prisonniers sortis 104

Mouvement au trimestre de juillet 1812
Nombre de prisonniers entrés 138
Nombre de prisonniers sortis 146

Mouvement au trimestre d'octobre 1812
Nombre de prisonniers entrés 92
Nombre de prisonniers sortis 102

Mouvement au trimestre de janvier 1820
Nombre de prisonniers entrés 81
Nombre de prisonniers sortis 77

Mouvement au trimestre d'avril 1820
Nombre de prisonniers entrés 112
Nombre de prisonniers sortis 107

Mouvement au trimestre de juillet
Nombre de prisonniers entrés 88
Nombre de prisonniers sortis 99

Aujourd'hui, à l'emplacement de l'ancienne prison intra-muros se trouve l'Hydro, l'Ecole Nationale de la Marine Marchande. N'est visible de l'ancienne prison que le porche d'entrée. 

Sources :

Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Y, 1Y16
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Z, 5Z215, 5Z216 et 5Z217.
Photographie ©Clothilde Quiesse.

lundi 16 avril 2012

La prison de femmes de Rennes par Clothilde Quiesse

La première prison de femmes de France 


Que faire des femmes incarcérées ? Où vont les femmes incarcérées ?

C'est au cours du XIXè siècle qu'une réponse claire est apportée. Les femmes prisonnières ne semblaient guère susciter l'intérêt des autorités. Celle-ci se trouvaient dans des quartiers de femmes dans les prisons d'hommes, qui étaient des lieux peut adaptés pour les femmes, sans confort et sans hygiène. Cela était également valable pour les hommes. 

C'est vers les années 1860 qu'est pris la décision de construire une prison pour les femmes en France. Rennes est choisi et reçoit donc « une maison centrale de force et de correction » pour les femmes. Cette maison centrale est la première de ce type construite en France pour recevoir les femmes. 

L'architecte choisi pour la conception de cet établissement est Alfred-Nicolas Normand. Cet architecte s'est d'ailleurs illustré à de nombreuses reprises, notamment à Paris. Il est épaulé par l'architecte rennais, Charles Louis Langlois. 

Les travaux sont réalisés assez rapidement, ils débutent en 1863 et se terminent en 1869. Quand les travaux s'achèvent la prison est constituée d'une enceinte, des bâtiments pénitenciers et d'une chapelle. La prison est construite sur le plateau de Beaumont, qui se trouve à ce moment en pleine campagne, à côté de la ville de Rennes. Aujourd'hui, cet établissement est parfaitement intégré à la ville. La gare de Rennes se situe juste à côté, au sud du centre ville.
Jusqu'à 1911, c'est un bâtiment dirigé par la marine nationale. De 1941 à 1944, il est rattaché au ministère de l'intérieur puis au ministère de la justice.

©Clothilde Quiesse

La congrégation de religieuses


La maison centrale (et maison d'arrêt à partir de 1870) de Rennes : abrita des sœurs de la congrégation de Marie-Joseph, chargées de la surveillance des détenues au moins de 1856 à 1907. Anne Quinon était la supérieure générale des sœurs de Marie-Joseph du Dorat en Haute-Vienne. La maison mère des religieuses était située près de Limoges.

Le sœurs vivaient dans la prison (cela n'était pas obligatoire), tout en étant soumis à un traité qui réglait les conditions de l'administration des sœurs dans le service de surveillance. Ce traité contenait 9 articles et date d'aout 1850. Le nombre de religieuses est fixé à 20 y compris la mère supérieure et son assistante. Seul le mobilier est fourni par l'Etat, le reste est à leur compte. La prison fournissait 650 francs annuels pour les sœurs. En plus, les sœurs étaient payées 50 francs par jours. Les sœurs étaient appréciées par les détenues. Leur travail était satisfaisant, cependant elles n'accompagnaient pas les détenues sortantes jusqu'à la voiture qui devaient les ramener chez elles, ou chez l'un de leurs parents, ce qui était pourtant prévu dans le règlement du 2 mai 1841. Les détenues pouvaient, par manque de surveillance, retomber dans la prostitution dès leur sortie de prison.

À partir du 1 janvier 1907 apparaît alors une surveillance laïque. Ce projet de laïcisation est évoqué dès 1905, ce qui est sans doute lié à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. La maison centrale de Rennes prendra alors en charge le voyage de retour des religieuses qui s'élevait à 132,90 frs.


Un projet novateur et de grande envergure? 


La prison est conçue pour recevoir au minimum 900 femmes. Jusqu'en 1985, il y avait 400 à 450 femmes, aujourd'hui l'établissement compte 233 places en centre de détention, 54 places en maison d'arrêt, 4 place en semi-liberté, ainsi que 5 places en nurserie. 
Le domaine s'étend sur neuf hectares. Il comprenait à l'époque le centre pénitentiaire, une chapelle, aujourd'hui il détient également la direction régionale des services pénitentiaire de Rennes, ainsi que des logements pour le personnel. 



La prison se trouve au cœur d'un grand enclos de forme carré. Le bâtiment est de forme hexagonale. Le centre pénitentiaire de Rennes se démarque par sa forme particulière, qui lui confère une image moins dure. La prison donne l'impression dune ouverture vers l'extérieur. La présence des espaces verts complètent l'enclos sur tout le contour. Les espaces verts sont présents jusqu'au cœur du bâtiment où se trouve une fontaine et un jardin. Les matériaux utilisés pour la construction de la prison centrale de Rennes, sont la brique et la pierre blanche. De même dans une volonté d'unité, ces pierres assez claires, donnent également un côté plus agréable à cet endroit. La prison s'étire sur de longues et fines perspectives, qui commencent par de grandes arcades arrondies et ouvertes. Cela forme un chemin couvert qui s'ouvre sur la jardin intérieur, comme pour une abbaye et son cloître. Ces arcades se prolongent en hauteur sur 3 étages. Cela accentue le style architectural très fin de la prison de femmes. Cela peut être perçu comme une image douce, ou délicate, qui est associée aux femmes. Deux ailes supplémentaires viennent se rattacher directement au bâtiment, à sa droite et derrière.





La prison ne cesse d'évoluer au cours du siècle. Cette évolution va permettre une amélioration constante des conditions de vie des femmes. De 1954 à 1959, la prison subit des rénovations. Les détenues adultes sont transportées à Hagueneau et les jeunes filles sont quant à elles transportées à Doullens. 

La prison de femmes de Rennes contient :
- Un régime de centre de détention, s'est dans cette unité que sont incarcérées les femmes qui ont une peine de plus de 2 ans à perpétuité. 
- Un quartier de maison d'arrêt, où sont enfermées les femmes en cours d'instruction. Cette unité peut accueillir entre 20 et 25 personnes 
- Un quartier nurserie qui peut accueillir les mères et leurs enfants. 

Puis on procède à des travaux qui consistent principalement à apporter le chauffage, l'eau chaude, un gymnase, une médiathèque... 
La dernière innovation est la mise en place le 26 septembre 2003 par le ministère de la justice, de 3 appartements « UVF » : unité de visite familiale, sur le site de la prison centrale des femmes de Rennes.  Ce nouveau système est expérimenté pour la première foi à la maison centrale de Rennes. Y ont accès, une foi par trimestre pour une durée allant de 6 à 48 heures, et une foi par an pour une période allant jusqu'à 72 heures, les femmes qui ont des peines définitives, qui ne bénéficient pas de permission de sortie ou d'aménagement de peine. Afin de recevoir leur famille et leurs proches dans un lieu plus accueillant. Les appartements sont équipés d'une terrasse, d'un jardin, et sans doute pour faire oublier, ou faire diminuer le carde pénitencier pour quelques heures, les appartements sont entourés d'un grillage blanc. Cette mise à disposition, pour les femmes qui le désirent, de ces appartements est un système qui est bien accueillit par la communauté de détenues. 

Crédit photo : ©C.Nivet


Plan d'une UVF 



Ce projet d'UVF montre que la maison centrale continue son évolution. Ce système connaît un succès important, et il est d'ailleurs implanter dans plusieurs prison françaises. 
Les femmes sont également assez libres au sein de la prison. Elles peuvent pratiquer différentes activités, comme la lecture, et également travailler de 7h30 à 14h30. Certaines d'entre elles peuvent partir en permission une fois par trimestre. Cet ensemble d'éléments profitent aux détenues, aujourd'hui la maison centrale de Rennes, affiche un taux de réussite de réinsertion s'élever à 95%.
Cet établissement a su se moderniser en plus d'un siècle, son évolution est toujours constante. Ce système a prouvé qu'il était efficace, en permettant une meilleure réinsertion des femmes après leur passage dans la maison centrale. La prison de femmes de Rennes s'inscrit dans la longévité et la modernité.

Aujourd'hui il existe d'autre établissements pénitentiaires de femmes, notamment celui de Joux la ville, qui se trouve près d'Auxerre.

Sources :

www.justice.gouv.fr/actualite-du-ministere-10030/extension-des-unites-de-visite-familiale-uvf-12062.html 
CP Rennes: Plan d'une UVF
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, série Y:1Y76
Photos trouvées à partir de Google Images
Article mis à jour le 5 mai 2012 à 14:33