lundi 7 mai 2012

L'ancienne prison de Redon par Clothilde Quiesse

La maison d'arrêt de Redon semble exister depuis le XVIIIè siècle. .Elle est construite en suivant un plan assez traditionnel aux maisons d'arrêt. Une aile pour les hommes et une aile pour les femmes. Un bâtiment central fait le lien entre ces deux ailes.


Les prisons du département d'Ille-et-Vilaine connaissent au XIXème siècle de grands projets de réaménagement, ce qui est lié à la volonté de respecter la législation sur les prisons. À l'image de la maison d'arrêt de Saint-Malo, la prison de Redon voit plusieurs projets d'aménagements qui lui sont proposés pour l'agrandir et pour limiter l'insalubrité. Ces projets commencent à être envisagés dès 1806. Le premier projet qui semble aboutir, date de septembre ou octobre 1810. Il est d'abord exposé dans une lettre. Il est principalement demandé de faire venir un architecte ou un ingénieur pour vérifier l'état actuel des prisons de l'arrondissement de Redon. Le but est de faire un rapport sur la santé des individus. La lettre du 31 octobre 1810 évoque le plan d'une nouvelle prison à construire à Redon. La lettre du 18 décembre 1810, explique le plan de la nouvelle prison. Cette demande est faite au nom du juge de paix et du maire de Redon. Le nouveau plan comprend une maison principale, une maison de police et une Maison d'Arrêt et de justice. Le choix de l'agrandissement ou de la construction d'une nouvelle prison à Redon est lié à la proximité de la maison de salubrité et du tribunal. La première inquiétude est liée au manque de place. Ce projet est conforme aux volontés du gouvernement. Une acquisition de terrains est obligatoire pour cette nouvelle construction. L'annexion de l'ancienne église de Redon est obligatoire pour l'agrandissement de la maison d'arrêt, elle est d'ailleurs induite dans le projet. De plus il est peu coûteux de la réutiliser. Une lettre de janvier 1811 retrace le projet de la nouvelle prison de Redon par l'architecte Le Roux. 
L'architecte du département en 1835 est Monsieur Richelot. C'est sans doute cet architecte qui supervisa l'agrandissement de la prison. Une circulaire de la préfecture d'Ille-et-Vilaine datant de 1851, relate le procès verbal d'expert pour la cessation des deux terrains pour l'établissement de la nouvelle prison de Redon en 1834. Une somme est versée pour les terrains en 1835. Une circulaire du 2 octobre 1834 demande que les matériaux utilisés pour la réalisation de la prison soit du moellon, provenant des carrières de Saint-Nicolas. Cependant, l'entrepreneur demande à utiliser la carrière du chemin de la Houssain près de Redon, en échange d'une indemnité. Deux carrières sont donc utilisées pour servir à l'approvisionnement du moellon employé pour la construction de la prison.

Nous pouvons penser que toutes ces constructions servent à l'agrandissement de la maison d'arrêt de Redon, il n'est jamais question de changement de place. La prison semble rester près de la rue Saint-Michel.

L'inventaire du 25 janvier 1835 permet de dresser une liste des éléments et pièces qui constituent la prison de Redon. La prison était constituée d'un jardin placé au nord du mur d'enceinte, d'un cachot, d'un petit cachot, d'un cachot du fond, de chambres, d'au moins un escalier, une chapelle, de chambres pour les femmes, d'un grenier. Dans la chapelle, il y avait un coffre et une armoire à l'usage du curé. Il y a également du mobilier culinaire: trois baquets, plusieurs marmites, un sceau, 18 écuelles en terres. Ces éléments nous sont aussi indiqués dans une circulaire datant de 1840. Il est également mentionné en 1855 la présence de chemises, de pantalons d'étoffe et de toile.

Le règlement intérieur  de 1844 était constitué de 40 articles, il est toujours visible aux archives départementales d'Ille et Vilaine. Les articles comprenaient les éléments suivants : Fouille du gardien chef à l'arrivée. Femmes fouillées par des femmes. Appel au levé et au coucher par le gardien-chef. Le barbier vient tous les vendredi à 11 heures du matin. La messe est célébrée à 8h le dimanche et le jour des fêtes religieuses. Établissements de différentes catégories de détenus : détenus pour dettes civiles, détenus pour dettes en matière criminelle, détenus pour dettes envers l'état en matière civile.. Soupes quotidiennes avec des ingrédients pesés : ex : 15 g de Beurre, 12 g de graisse de porc, 50 g de pommes de terre. Viande les jours de fêtes. La pain est distribué à la sortie des dortoirs. Paillasses et traversins en paille, renouvelés tous les 4 mois, drap et couverture. Les femmes enceintes sont placées à l'infirmerie, les enfants dont elles accouchent sont placés à l'hospice.

L'hygiène dans la prison de Redon semble être un élément d'inquiétude important. Entre 1856 et1865, il est demandé de faire des inspections dans les maisons d'arrêt, notamment celles de l’arrondissement de Redon. Une circulaire du 4 novembre 1860 explique qu'il faut dorénavant donner des légumes et des fruits frais aux détenus, ainsi que du riz, et de l'alcool en quantité limitée. Une adjudication du pain à délivrer à la prison de Redon est également mis en place. Cette affiche est également observable aux archives départementales. Cette adjudication explique que les femmes auront de rations de pain par semaine, ces morceaux de pain doivent peser 70 décagrammes. Pour les hommes rations de pain de 75 décagrammes.

Le registre de la prison de Redon recense entre le 10 mai 1844 et le 20 juin 1870, 208 condamnés entrés dans la prison. Ils ont des peines allant de 6 jours de prison à 5, 10, 12 ans de prison.
Le registre était tenu de cette façon:



Les comptes de la maison d'arrêt et des dépôts de sûreté de l'arrondissement de Redon, datant de mars 1861 nous indiquent que :

Dépenses effectuées :
-Traitement des employés de la maison d'arrêt= 142,52 Francs
-Nourriture des détenus de la maison d'arrêt (somme due à l'entrepreneur, à raison du nombre de journées de détentions)= 231,353 Francs (jours de détention 299)
-Journées de détenus à l'hospice= 16,80 Francs (jours de détention 21)

En tout 411, 923 Francs et 490 jours de détention.

Sources

Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Y, 1Y16
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Série Z, 3Z423, 3Z424, 3Z425 et 3Z135

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