dimanche 28 septembre 2014

La description d'une prison. Colloque à Lausanne les 16 et 17 octobre 2014. Programme et résumés des communications


Description d’une prison – construction, fonctionnement, signification

Atelier scientifique dans le cadre du projet d’innovation pédagogique La prison 
Université de Lausanne, 16 et 17 octobre 2014
Salle 318, Amphipôle

Organisé par Daniel Fink et Christophe Vuillemier

Objectifs

Depuis l’Acte de Médiation de 1803, la politique pénitentiaire, la gestion des établissements de privation de liberté et l’exécution des peines sont de la compétence des cantons. De ce fait, on dispose en Suisse d’une connaissance très lacunaire du nombre des établissements pénitentiaires et du nombre de places de détention. Le changement du fonctionnement des prisons est encore moins bien connu. Finalement, l’analyse de la place, fonction et signification de la privation de liberté n’en est encore qu’à ses débuts.
Dans le cadre de l’enseignement de l’histoire quantitative de la privation de liberté en Suisse, une activité d’expérimentation pédagogique universitaire, soutenue par le Fonds d’innovation pédagogique de l’Université de Lausanne, a permis d’améliorer l’inventaire des prisons du canton de Vaud. Par ailleurs, un travail de description d’un certain nombre d’établissements a été entrepris dans ce cadre, parallèlement à l’analyse du système pénitentiaire du canton.

Description d’une prison – construction, fonctionnement, signification

L’objectif de cet atelier scientifique réparti sur deux journées, organisé par l’Institut de criminologie et de droit pénal de l’UNIL et placé sous le patronage du service pénitentiaire du canton de Vaud, est un échange sur les modèles d’inventaire des prisons en fonction ou hors d'usage et les modes de description les plus appropriés des établissements de privation de liberté. Il s’agit non seulement de s’interroger sur les modèles descriptifs et les dimensions pertinentes de description des lieux d’enfermement, mais également de comparer les résultats de ce travail avec ceux réalisés dans d’autres pays avec des optiques parfois fort différentes. L’atelier scientifique est organisé par Daniel Fink, chargé de cours à l’ICDP, et Christophe Vuillemier, historien.
Atelier scientifique organisé par Daniel Fink et Christophe Vuillemier
L’atelier s’adresse aux criminologues, historiens, membres des services pénitentiaires cantonaux et aux personnels travaillant dans les établissements pénitentiaires et dans la probation, ainsi qu’à toutes les personnes intéressées par le monde carcéral, son évolution dans le canton de Vaud ou par les questions de description.


Jeudi, 16 octobre 2014
13h00

Accueil
Marcelo Aebi, professeur, vice-directeur de l’Ecole des sciences criminelles, Université de Lausanne

Marcelo Aebi, Professeur, Université de Lausanne
La prison est un thème qui a au moins trois dimensions: c’est un sujet d’actualité, un objet d’étude historique et un domaine de recherche en criminologie. En travaillant sur les prisons en Suisse, l’Institut de criminologie et de droit pénal (ICDP) et les enseignants qui ont été en charge du cours Crime, justice et prison en Suisse ont souhaité répondre à ces trois dimensions – l’actualité, l’histoire et la criminologie. En organisant cet atelier, qui est soutenu par le Fonds d’innovation pédagogique, que nous remercions pour son soutien, l’ICDP souhaite présenter le travail accompli par les enseignants, tout comme celui réalisé par les étudiantes et étudiants, et confronter ces approches avec les travaux de recherche qui se font ailleurs en Suisse et dans d’autres pays. Nous sommes heureux que des collègues de Belgique, de France, d’Espagne et d’Italie ont pu se joindre aux collègues suisses pour débattre du sujet de la description d’une prison. Le débat portera sur les trois dimensions de la prison.

Allocution d’ouverture

Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire du canton de Vaud



14h
Xavier Rousseau, professeur, Université de Louvain-la-Neuve, Belgique

14h30
Les prisons de Champ-Dollon et du Bois-Mermet – le récit historique
Christophe Vuillemier, historien indépendant, Genève

La prison du Bois-Mermet, créée en 1905, a un peu plus d’un siècle. Rares sont les établissements pénitentiaires possédant une histoire aussi longue et aussi riche. Cette institution aura traversé deux conflits mondiaux, connu la guerre froide, abrité un nombre particulièrement important de petits délinquants et grands criminels. Avec ses murs si caractéristiques, elle a, depuis toujours, impressionné le passant et laissé dans la mémoire collective lausannoise une trace indélébile. Cette prison est le témoignage de différentes époques et des évolutions qui se sont déroulées, tant au niveau institutionnel que social.
La prison de Champ-Dollon, inaugurée en 1977, s’inscrit, quant à elle, dans une autre conception de l’institution, du prisonnier et du personnel pénitentiaire. Septante ans séparent les deux établissements helvétiques ! Quels problèmes et quels avantages présentent ces deux prisons ?

La description socio-historique des prisons – le cas du pénitencier de Lenzburg
Daniel Fink, chargé de cours, Université de Lausanne

Le paysage carcéral suisse a été – et est aujourd’hui encore – extrêmement dense, fait d’un grand nombre de petites prisons de district, régionales ou cantonales, et de quelques établissements d’exécution des peines et des mesures de taille moyenne. Historiquement, les prisons de district ont été aménagées dans des couvents, dans des châteaux, dans les portes des remparts ou les greniers, dans les mairies ou les postes de police ; en revanche, très rapidement après l’instauration de la République helvétique (1798-1803), les lieux d’exécution des peines ont été des établissements construits spécifiquement à cette fin. Si les seconds sont mieux documentés et décrits par les chercheurs s’intéressant au pénal, les premières sont encore très mal connues, alors même que les historiens des monuments les ont souvent inventoriées, décrites, analysées, mais sans jamais travailler sur la prison que renfermait un tel monument. La description socio-historique des prisons, dont on en dénombre près de 400 en Suisse pour les deux siècles derniers, n’en est encore qu’à ses débuts en Suisse. A l’aide de l’exemple du pénitencier de Lenzburg, situé dans le canton d’Argovie, créé en 1803, on se propose de formuler une approche descriptive dense des prisons, une approche qui dépasse le caractère monographique très restreint souvent adopté dans la description des établissements pénitentiaires. Les dimensions retenues pour cette approche sont le contexte historique de la construction d’un établissement, la construction elle-même, le fonctionnement, la population pénitentiaire et la signification d’une prison dans l’histoire sociale.

15h00
Le patrimoine carcéral et la description de la prison en France
Jean-Claude Vimont, professeur, Université de Rouen

Depuis 2006, une réflexion a été menée sur la notion de «patrimoine carcéral» au sein des enseignements de master de l’Université de Rouen. Les mutations contemporaines du parc carcéral français – abandons de prisons vétustes, construites au XIXe siècle et même auparavant, dans les centres-villes ; constructions d’établissements modernes dans les périphéries – ont posé la question de la pertinence des patrimonialisations, des conversions ou des destructions de prisons. Un blog « Patrimoine carcéral des régions françaises » et le site « Criminocorpus » ont entamé un inventaire descriptif des prisons françaises, afin de mettre en valeur des critères de patrimonialisation (mémoire et
histoire politiques, architectures et politiques pénitentiaires, vie quotidienne, sociabilités et témoignages de détenus, de personnels ...) et des voies originales de conservation (musées, biblio- thèques, hôtels....). Le premier aspect sera développé lors de la communication, puisque, à la date de l’atelier, une visite virtuelle de la maison d’arrêt du Havre (détruite en 2010) sera en ligne sur le site Criminocorpus, avant celle de la prison parisienne de la Santé, qui aura été ouverte au public lors des journées annuelles du patrimoine.

16h30
 La prison Canton Mombello à Brescia dans son environnement Carlo Alberto Romano, professeur, Università degli Studi di Berscia

Cette conférence abordera l’analyse historique de l’évolution du système pénitentiaire de l’Italie, à l’aide de l’exemple de la prison Canton Mombello de Brescia, qui connait cette année un siècle de service. L’analyse portera sur ses relations avec la région environnante.
« Écrire en prison – décrire la prison » : la communication propose un bref tour d’horizon du thème de la prison dans la littérature suisse, menant de Friedrich Dürrenmatt à Max Frisch, de Emmy Hennings à Grisélidis Réal en passant par Friedrich Glauser et Mariella Mehr.
Historiquement, la cellule de prison était étroite, sommairement aménagée, équipée de barreaux ; même modernisée, c’est un monde fermé et inconnu de la plupart des gens. Les témoignages écrits ont donc une valeur toute particulière. Comment des auteurs suisses décrivent-ils la prison ?
La réclusion contraint à se confronter à soi-même et au monde, mais elle donne aussi l’occasion d’imaginer d’autres univers. Divers exemples tirés des Archives littéraires suisses montrent à quel point le régime pénitentiaire et la vie cellulaire ont stimulé la production littéraire. L’ensemble des textes portant sur la prison – à savoir des lettres, des cahiers de notes, des journaux intimes, des comptes rendus et des témoignages, des récits et des romans – invite à un déchiffrage biographique, sociologique ou historique, tout en traçant les contours d’une certaine esthétique de ’l’écriture pénitentiaire’ qui restent à analyser.

17h00 
La prison dans la littérature suisse
Christa Baumberger, collaboratrice scientifique, Archives littéraires suisses, Berne

Vendredi, 17 octobre 2014
8h30
Présidence : 9h00

Christophe Vuillemier
La description des prisons du canton de Vaud – une expérimentation pédagogique
Steve Ducommun, chargé de projet FIP, Université de Lausanne
Dans le cadre du cours Crime, justice et prison en Suisse, proposé à l’Université de Lausanne, une expérimentation pédagogique a été réalisée durant le semestre du printemps 2014. Soutenu par le Fonds d’innovation pédagogique (FIP) de l’UNIL, le projet portait sur l’inventaire des prisons du canton de Vaud entre 1800 et nos jours et visait à renforcer l’interactivité dans le cours, à favoriser l’activité de recherche et à développer les compétences de présentation. Le travail des étudiants portait sur deux activités : la présentation d’un texte de référence et la description d’une prison.
Pour développer les compétences de présentation, au début de chaque cours, un groupe de 4 à 6 étudiants devait présenter en un quart d’heure un texte imposé en lien avec le sujet traité la leçon précédente et répondre à quelques questions. Pour la description d’une prison, les étudiants ont dû travailler, toujours par groupe de 4 à 6 étudiants, sur un lieu de détention du canton de Vaud. Leur travail consistait en la constitution d’un dossier de 5 à 10 pages, la fabrication d’un poster scientifique et une présentation orale. Le choix de l’établissement était imposé et la description de la prison devait traiter des cinq dimensions que sont le contexte historique de sa mise en service, sa construction, son fonctionnement, sa population ainsi que sa signification. Le dossier, le poster et la présentation orale comptaient chacun pour un tiers dans la note validant le cours.
La conférence présentera l’approche pédagogique et didactique, les résultats du travail des étudiants, ainsi que les évaluations conduites sur l’expérimentation elle-même.

Le pénitencier cantonal de Béthusy – parcours de vie d’une prison
Ana Rita Cojocaru, Léa Kolopp, étudiantes en master de criminologie, Université de Lausanne

Suite à l’intégration du canton de Vaud au sein de la Confédération, en 1803, les autorités cantonales se prononcèrent sur la volonté d’avoir une prison dans chaque district, ainsi qu’un pénitencier cantonal. C’est ainsi que le projet du pénitencier de Béthusy prit forme dès 1819. Cette présentation propose de parcourir l’histoire de ce pénitencier, de sa construction à sa destruction, en examinant son fonctionnement, sa population, ses différents régimes pénitentiaires, son impact sur l’opinion publique, ainsi que les différentes difficultés auxquelles les autorités étaient confrontées. Sera également discuté le principe selon lequel il était entendu que « la peine soit sentie, sans que l’humanité en souffre », l’expiation du crime étant la perte de liberté et nullement la souffrance physique.

La prison de la Tuilière – une question de genre ?
Tiago Lourenço, Veronica Rogão, Mathieu Rossel, étudiante et étudiants en master de criminologie, Université de Lausanne

Bâtie sur les ruines d'une ancienne tuilerie à Lonay, la prison de la Tuilière fut inaugurée en 1992. La construction de cet établissement s'explique, en partie, par la nécessité de combler un manque dans la prise en charge des femmes en exécution de peines et de mesures, en Suisse romande. En effet, depuis la fermeture de la Colonie de Rolle (1975), ancienne prison vaudoise pour femmes, la majorité des détenues romandes étaient placées en Suisse alémanique. Le projet architectural de cet établissement se distingue par des infrastructures, modulables aux différentes étapes du parcours progressif de l'exécution des peines, ainsi que par la diversité de sa population. La singularité de cette prison se trouve dans la mixité de sa population carcérale, celle-ci étant composée d'hommes et de femmes. Cette distinction s'observe également dans les formations et ateliers proposés aux détenus, selon leur genre. Ce traitement différentiel soulève une réflexion sur la manière dont est pensée la resocialisation selon les rôles de genre.
10h30
Du cachot au pénitencier, exemples d’architecture carcérale à Neuchâtel
Claire Piguet, historienne de l’art, Office du patrimoine et d’archéologie, Neuchâtel

Restée en marge de la modernisation du système pénitentiaire, qui débute sur le territoire helvétique durant l’occupation napoléonienne, Neuchâtel doit attendre le retour de la principauté dans l’orbite prussienne, en 1815, pour que s’initie la réforme de ses institutions judiciaires. Les autorités locales devront dès lors adapter leurs lieux de détention au rythme de l’évolution de la justice. Puisant dans la boîte à outils de l’histoire du bâti, plutôt que dans celle du droit ou de la sociologie, nous tenterons une description architecturale de quelques prisons neuchâteloises de la fin du 15e siècle à nos jours. A petite échelle, ces réalisations recouvrent un large spectre de l’éventail typologique carcéral : de la tour «prisonnière» au panoptique, de l’aménagement de bâtiments existants aux constructions ad hoc, de la « cage » privative de liberté aux ateliers de travail collectif.
Pause
Un pénitencier pour internement jamais construit et sa description
Urs Germann, historien, Université de Berne
Durant l'entre-deux-guerres, plusieurs cantons tentèrent de construire un établissement destiné à l’internement, dans la plaine de la Linth, dans le canton de Zurich, en Suisse orientale. Malgré le fait que ce projet correspondait à un besoin et répondait aux exigences des autorités, le projet ne vit pas le jour. Dans le cadre de l'atelier, il reste à discuter comment un projet d’établissement pénitentiaire qui a échoué peut être décrit et contextualisé de manière adéquate. Comment peut-on évaluer l'aménagement et le régime de l'établissement projeté, ainsi que son importance pour la politique criminelle de la Suisse de l'époque ?

La description de la prison ‘Sankt Jakob’ de St-Gall (1839-1956)
Patric Schnitzer, archiviste aux Archives de l’Etat de St-Gall

Durant la période de la Médiation et suite à la création du canton en 1803, l’Etat de St-Gall peine à placer les personnes condamnées, désormais, à des peines privatives de liberté. D’une part, il doit reprendre les détenus en exécution des peines, placés dans le pénitencier central de la défunte République helvétique, à Baden dans le canton d’Argovie, d’autre part, il doit construire de nouvelles places de détention pour le nombre croissant de personnes à incarcérer. A l’image des évolutions dans le canton d’Argovie, la construction d’un nouveau pénitencier et la modernisation de l’exécution des peines sont retardés pour satisfaire d’autres besoins de la population. La percée pour la construction d’un établissement correspondant aux conceptions de l’époque n’interviendra qu’au milieu des années 1830, conduisant à l’ouverture, en 1839, de l’établissement ‘St Jakob’ (« kantonale Strafanstalt Sankt Jakob »), dans la capitale du canton. De nombreux experts le considérèrent comme moderne et exemplaire, car l’architecture était conçue à partir des systèmes d’exécution des peines en cours. Si St. Jakob fut longtemps l’un des pénitenciers les plus connus pratiquant le « système d’Auburn », le réaménagement de 1885 conduisit à l’introduction du « système irlandais » avec ses quatre phases. Les rapports de la direction de l’établissement et des autorités, ainsi que la correspondance des anciens détenus montrent cependant un certain décalage entre la théorie et la pratique. Les conditions de vie matérielles, tout comme la nourriture des détenus, n’étaient de loin pas aussi exemplaires qu’elles ont été perçues dans la population. En ce qui concerne les conditions de vie en exécution des peines, aucune différence significative n’a été constatée entre hommes et femmes. En 1955, l’établissement fut mis hors service par une décision du gouvernement cantonal. C’est non seulement le fait que de nouvelles formes d’exécution de peines furent pratiquées dans l’établissement ouvert de Saxerriet depuis les années 1920, mais aussi la décrépitude des bâtiments, des considérations financières et une plus intense coopération intercantonale qui conduisirent à la fermeture de l’ancien établissement modèle.

Présidence : 13h30
Le Cárcel modelo de Barcelona et la réforme pénitentiaire catalane Josep Cid, professeur, Universidad autónoma di Barcelona (en anglais)

A la fin du 18e siècle, le mouvement de la réforme pénitentiaire était également présent en Espagne, porteur d’idées d’humanité, de correction et de charité chrétienne. Ces idéaux ont conduit à la mise en fonction de nombreuses nouvelles prisons, basées sur le système cellulaire et, plus tardivement, à la généralisation du régime progressif – fondé sur une loi nouvelle de 1904, introduisant la libération conditionnelle.
La publication, en 2004, d’une histoire du Cárcel modelo de Barcelone, ouvert en 1904, permet de traiter trois questions fondamentales en matière de privation de liberté: la prison cellulaire a toujours été surpeuplée ; elle a toujours été menacée dans l’ordre intérieur, par manque de légitimité ; et la vision réhabilitatrice a dû être modernisée, passant d’une version moralisatrice (religion) à une version à prétention scientifique (traitement), sans savoir si elle était vraiment effective dans la pratique. L’histoire de la Prison modèle de Barcelone permet de poser la question de savoir si ces problèmes ont été résolus dans le système pénitentiaire catalan contemporain: la surpopulation et le manque de places sont-ils toujours un problème?; l’ordre intérieur est-il atteint et considéré comme légitime?; la réhabilitation modernisée est-elle effective ?

Le système carcéral du canton de Zurich
Helena Zimmermann, archiviste scientifique, archiviste en chef de l’Université de Lucerne

L’évolution du système carcéral du canton de Zurich du 19ème au 21ème siècle peut être divisée en quatre étapes : dans un premier temps, le canton cherche à créer les places de détention nécessaires, puis à trouver des lieux de détention plus humains, ensuite à remplir les exigences du droit pénal concernant les différentes formes de détention, notamment la séparation selon les types de détention, et enfin à orienter la détention vers une resocialisation des personnes incarcérées. Cette évolution est entre autres influencée par le passage de l’ancien Etat urbain vers l’Etat cantonal, qui devait durant le 19ème siècle gagner du terrain et du pouvoir.
A la fin du 20ème siècle, le paysage carcéral s’organisait selon l’ancienne carte judiciaire du canton. Il se composait d’un grand établissement d’exécution des peines – la Justizvollzugsanstalt Pöschwies - et de onze prisons de district utilisées pour la détention provisoire et l’exécution de courtes peines. La conférence traitera un des aspects de cette évolution du paysage carcéral du canton de Zurich.
Statistiques pénitentiaires et parc carcéral

Annie Kensey, démographe et chef du bureau des études et de la prospective à
l'administration pénitentiaire, DAP, Paris

Au travers de cet exposé seront évoqués les indicateurs de base de la statistique pénitentiaire et leur disponibilité par établissements; les tendances observées pour l’évolution de la taille des établissements et leur éventuel encombrement; les usages faits de ces données à propos de l’occupation des établissements.
De manière plus générale seront traitées la construction des indicateurs de densité et l’observation des durées de détention que l’on s’efforcera de comprendre tant à travers une vision plus large de la gestion des effectifs des détenus qu’à travers la transformation des mots en indicateurs chiffrés.

Discussion Conclusions Clôture de l’atelier

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