Cette prison à dortoirs et quartiers séparés fut une illustration concrète, comme la prison de Pont-l'Evêque, des préconisations de la Société royale des prisons. Prison des philanthropes, intéressante à plus d'un titre, installée dans le quartier du Pollet, elle fut détruite par la municipalité, malgré une tentative pour en faire une antenne universitaire. certainement victime de préjugés d'une époque où des édiles municipaux affirmaient qu'il était hors de question de "mettre des étudiants en prison". Elle a été parfaitement étudiée par Céline Saint-Martin qui lui consacra une maîtrise à l'université de Rouen et un article dans la revue Trames, re-publié sur le site Criminocorpus. Des photographies réalisées peu après la fermeture de l'établissement illustrent cet article et sont autant de documents précieux sur un établissement disparu aujourd'hui.
![]() |
| Photographies de Jean-Claude Vimont |
Un hôte de la prison en 1831 : "L’ancien pays de Caux n’est pas heureux en pasteurs : on n’a pas oublié le procès scandaleux de l’abbé Frilay ; un autre curé du voisinage vient d’affliger de nouveau les familles par des attentats à la pudeur, d’autant plus odieux, que les victimes sont de jeunes filles à peine dans l’âge de puberté, et que le théâtre du crime a été la sacristie. Le prêtre impudique, arrêté à la requête du procureur du Roi, est en ce moment détenu dans la prison de Dieppe".
Le Constitutionnel
La prison de Dieppe fut une prison militaire pendant la Première Guerre Mondiale. Un mémoire de master en cours de Camille Baudet à l'université de Rouen devrait offrir des renseignements précieux sur cet épisode de la "brutalisation" de l'espace carcéral.
La prison de Dieppe hébergea des résistants pendant la Seconde Guerre Mondiale. Jacques Nadeau a publié "Dieppe, ma prison". Jules Le Brun, membre des FTP, fut incarcéré à Dieppe avant un transfert à la prison de la Santé et trouva la mort lors de la libération de Paris. Ce fut aussi le cas de Madame Fanstein, également résistante, avant son transfert à Rouen et sa condamnation à six années de travaux forcés. Mais ce chapitre des incarcérations durant l'Occupation demeure méconnu.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.