Les services pénitentiaires de l’île furent pour la première fois organisée par l’ordonnance locale du 30 mars 1824. Celle-ci reconnaissant sans doute un état de fait antérieur, distinguait plusieurs établissements : une prison militaire située à Saint Denis, des maisons de sûreté situées au chef-lieu de chaque canton qui recevaient les personnes arrêtés pour être remises à la disposition de la justice, les condamnés à des peines de simple police et les esclaves détenus soit sur réquisition du maître soit d’office par ordre de l’autorité judiciaire ou administrative. On trouvait également une maison d’arrêt située à Saint Denis recevant les prévenus et les condamnés à des peines correctionnelles, une maison de justice, située à Saint Paul où étaient incarcérés les prévenus soumis aux effets du règlement extraordinaire ou mis en état d’arrestation ainsi qu'une maison de peine située à Saint Paul, lieu de détention des condamnés à des peines afflictives ou infamantes ainsi que tous les esclaves détenus pour quelque cause que ce soit.
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| Roussin Louis Antoine, Carte de l'île de la Réunion, lithographie, 15x19,5cm, décembre 1848, musée Léon Dierx, inv. 1984.07.02.85 |
En 1833, le transfert de la cour royale de Saint Paul à Saint Denis ainsi que la création d’une cour d’assises au chef-lieu entraîna la création d’une maison de justice à Saint Denis dans une annexe de la maison d’arrêt. En 1862, le tribunal de première instance et la cour d’assises de Saint Paul ayant transféré leurs sièges à Saint Pierre, un arrêté du gouverneur en date du 29 janvier 1862 érigea la prison municipale de Saint Pierre en maison d’arrêt et de justice. La maison centrale de Saint Paul fut alors réservée aux condamnés réclusionnaires tandis que les condamnés aux travaux forcés et correctionnels furent dirigés sur Saint Denis. En 1863, il fut créé à Saint Denis une maison de détention pour les femmes. Un arrêté du gouverneur en date du 7 août 1876 réorganisa complètement le service pénitentiaire de la colonie en distinguant : une prison centrale à Saint Denis recevant les condamnés aux travaux forcés (en attendant leur transfèrement en France ou en Nouvelle Calédonie), les réclusionnaires, les condamnés à l’emprisonnement, les détenus militaires une prison centrale pour femmes à Saint Denis, un pénitencier pour jeunes filles annexé à l’hôpital colonial, un pénitencier pour jeunes garçons situé à la Providence, une prison à Saint Paul réservée aux condamnés infirmes ainsi qu’aux condamnés correctionnels de première condamnation n’ayant pas à subir plus de six mois d’emprisonnement, une maison de correction à Saint Pierre et une à Saint Benoit destinées aux condamnés de moins de trois mois et une maison d’arrêt et de justice annexée à chacune des prisons de Saint Denis et de Saint Pierre. Il faut toutefois avoir en tête que ces établissements sont bien souvent dans la réalité que de simples quartiers de détention d'une même prison à l'instar de ce que l'on retrouve à Saint Denis.
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| Plan du rez de chaussée de la prison centrale de Saint Denis, [non daté], DRAC OI |
[1] A.D.R., 845-1906, Arrêté rattachant la geôle des femmes et le pénitencier de la Providence, à compter du 12 janvier 1906, à la prison Centrale, par le Gouverneur, le Secrétaire Général p.i. Gerold, Saint Denis, 30 décembre 1906.


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