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mardi 5 avril 2011

La prison cellulaire de Guingamp, la première prison de type pennsylvanien en France


Il s’agit ici de l’ancienne prison de Gingamp située dans les Côtes-d’Armor.

Construction : à partir de 1835
Siècle : 2ème quart du XIXème siècle
Classement : Classée au titre des monuments historique depuis le 15 décembre 1997 (classement par arrêté du 15 décembre 1997). La protection comprend l’ancienne prison ainsi que son enceinte.

L'ancienne prison de Guingamp, une des premières prisons cellulaires des Côtes-d'Armor.
Sa construction s’en faite entre 1834 à 1840. Elle fut mise en service en 1841 et a servi jusqu'en 1934. A partir de cette date les prisonniers ainsi que tous les effectifs de la prison sont transférés à Saint-Brieuc. Mise en service en 1841, elle a servi jusqu'en 1934 (date à laquelle elle a été transférée à Saint-Brieuc).
L’ancienne prison de Guingamp entre dans la nouvelle conception des prisons qui entre en compte juste après le rapport de Tocqueville sur les prisons américaines, selon le modèle pennsylvanien.
Les cellules sont donc disposées autour d'une cour centrale rectangulaire entourée de galeries soutenues par des colonnes. Nous pouvons considérer de façon honnête qu’il s’agit de la première véritable prison de conception humaniste. Guingamp doit cette contruction à L'architecte départemental de Saint-Brieuc, Louis Lorin, 1781-1846.
L’ancienne prison de Guingamp est un élément que nous pourrions dire primordial dans l'histoire de l'architecture carcérale. Cette prison était prévue pour 70 prisonniers mais l'effectif s'est élevé à 120.

Disposition :
- Elle compte 35 cellules individuelles,
- Les portes des cellules s'ouvrent sur des galeries superposées soutenues par des colonnes de bois et dans le même sens, afin que les prisonniers ne se voient pas,
- Pour la majorité elles font 4 m sur 1,75 m.
N.B. : à l'opposé de la porte d'entrée sont placées les cellules destinées aux femmes dans une aile distincte.
On y trouve également :
- des logements pour les gardiens,
- des bâtiments de service et plusieurs petites cours.

La prison est aujourd’hui complètement désaffectée et ce depuis 1951. Les bâtiments sont devenus la propriété de la commune en 1992. Cette prison est aujourd’hui complètement abandonnée et fermée au public. Elle est cependant accessible lors des journées du patrimoine.
L'ancienne prison de Guingamp a fait l'objet de travaux importants de 2008 à début 2009.
« Ces travaux ont pour but de stopper l'évolution de l'état d'altération des éléments essentiels de l'ensemble carcéral », précise Mona Bras, adjointe en charge de l'identité guingampaise, du patrimoine bâti et naturel.
Les travaux comprennent :
- La mise hors d'eau et hors d'air de la prison afin d’éviter un détérioration trop importante.
- La restauration (ou dans certains cas le changement) des colonnes en bois et de leur poteau de soutènement de la cour principale.
Ce sont 850 000 € qui ont été consacrés à :
- la rénovation à totale des bâtiments situés autour de la cour,
- la restauration ou la restitution des charpentes et de leurs planchers ainsi que celle des coursives.
Cette restauration devait permettre à Guingamp d’obtenir le label Pays d'art et d'histoire après une demande auprès du ministère de la Culture. « Jusqu'à présent, à cause de politiques peu ambitieuses, Guingamp n'a jamais mis en valeur, par un label quelconque, son patrimoine alors qu'elle est la deuxième ville du département derrière Dinan à avoir une telle richesse patrimoniale. » (Mona Bras)

L’ancienne prison de Guingamp représente un patrimoine bâti d'une grande richesse et original, ce qui représente un véritable atout.

Cependant, cela peut tourner au handicap lorsque, comme Guingamp, on n'a pas les moyens financiers de l'entretenir ou de le valoriser.


En 2009, le manque de budget posait l’épineuse question du financement du reste de la restauration comme la maçonnerie, les réseaux d'eau, de gaz, d'électricité mais aussi l'installation de la fibre optique, la sécurisation de lieux destinés à l'accueil du grand public...

Pourtant l’ancienne prison a un gros potentiel. De nombreux projets naissent pour faire de ce lieu historique un endroit de rencontres culturelles. Ainsi, la municipalité ne manque pas d'ambition pour occuper des anciens locaux de la prison réhabilités et labellisés.
Sont évoqués :
- un Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine (CIAP),
- un office de tourisme à vocation communautaire ou de pays,un musée.





Vidéo à voir sur la visite de la prison lors des journées du patrimoine

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