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lundi 17 janvier 2011

Marseille, prison Saint Pierre

Entre patrimoine carcéral et réutilisation.

















Aujourd’hui, les bâtiments situés 80 rue Brochier à Marseille accueillent les services de l’administration centrale de l’assistance publique des hôpitaux de Marseille depuis 1993. Auparavant, ces bâtiments avaient une toute autre fonction. Il s’agissait de la prison Saint Pierre.

Linteau du portail d'entrée


Sa construction débute en 1861. Près de quatre années seront nécessaires pour achever l’imposante bâtisse. Auguste Martin (1818-1877), architecte du département des Bouches du Rhône, dessina les plans de la prison. L’architecte s’est inspiré du nouveau modèle pénitentiaire appliqué en France. En effet, dans les années 1830, l’État recherche à réformer ses prisons jugées obsolètes voire inadaptées à la société de l’époque. Les pouvoirs publics vont alors s’intéresser aux systèmes carcéraux étrangers notamment ceux des États-Unis. C’est pourquoi, en 1833, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont, deux magistrats, sont envoyés aux États-Unis. Ils publient à leur retour Le système pénitentiaire aux États-Unis et son application en France. Suite à cela, d’autres voyages vers les États-Unis sont organisés. A partir des études entreprises, Auguste Martin a donc choisit de construire la prison Saint Pierre sur le modèle dit pennsylvanien. L’édifice adopte un plan radiant d’où partent le quartier central quatre bâtiments composés de deux étages.



Voûte du quartier central



Quartier central intérieure



Quartier central galerie Est



Quartier central Sud-Est

La prison prit ses fonctions en 1864. Comme la prison Chave, la prison Saint Pierre cessa son activité carcérale lorsque la nouvelle prison des Baumettes fut opérationnelle en 1932. Cependant, pendant la seconde Guerre Mondiale, la prison Saint Pierre fut réutilisée pour l’internement des juifs et des résistants. Nombreux d’entre eux sont torturés en ce lieu et beaucoup sont déportés vers d’autres prisons ou camps de concentration. Ces événements douloureux ont fortement marqués la mémoire collective. Pour honorer la mémoire de ces victimes, une plaque commémorative a été installée sur l’un des murs de la prison.


Guichet de surveillance




Marcel Heuzé était un pasteur réformé originaire du Havre. Suite à des dénonciations, il fut arrêté le 27 février 1943. Il passa ses premiers mois d'incarcération à la prison Saint Pierre de Marseille. Placé avec les détenus juif, il célébra pour eux des cultes et forma des groupes de dialogue ce qui permit à de nombreux détenus de se confier. Il fut transféré au camps de Compiègne puis de Ravensbrück. Il meurt quelques jours avant la libération du camps (source : image liensprotestants.over-blog.com).









Benjamin Crémieux était un critique littéraire juif. En 1943, il est arrêté par les allemands à Marseille où il sera transporté à la prison Saint Pierre. Il y sera torturé puis déporté à la prison de Fresnes comme résistant. Puis, il sera de nouveau déporté pour le camps de Buchenwald. Ce sera sa dernière destination puisqu'il y meurt le 14 avril 1944 (source : image wiki-narbonne.fr).







Plaque commémorative

Après la seconde Guerre Mondiale, la prison Saint Pierre perdit définitivement sa fonction carcérale. Toutefois, les bâtiments ont été réutilisés au profit de l’administration de l’assistance publique des hôpitaux ce qui a permis de restaurer et de conserver la nef centrale, les ailes sud-est.



Vue de la cour Nord-Est devenu un parking pour accueillir les employés de l'administration




Sources :

Toutes les photographies de la prison sont sur le site du patrImages.

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