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lundi 10 janvier 2011

Présentation de l'ancienne maison d'arrêt de la rue du Fil à Strasbourg par Margaux Trouvé

Ce complexe est édifié entre 1816 et 1824 et est désaffecté en septembre 1988. En effet, la maison d'arrêt de la rue du Fil présentait un ensemble vétuste : le carrelage sale, terni par le temps et cassé par endroits, les peintures écaillées par l'humidité, les planchers suintant à cause de l'usure. Les fenêtres étaient munies de barreaux et grillagées de 1 mètre de haut sur 1 mètre de large ce qui empêchait la clarté de passer. En pleine journée, les néons restaient allumés en permanence. La promiscuité était permanente : la surface totale au sol pour l'ensemble des cellules était de 800 m2 pour un peu plus de 200 détenus soit environ 4 m2 par détenu. Il faut déduire la place qu'occupent les lits, la table et le WC. Entassés, les détenus restaient allongés sur leur lit lorsqu'ils se trouvaient en cellule (...) Il était impossible de s'isoler, d'exercer une activité intellectuelle ou manuelle autrement qu'en travaillant sur ses genoux, assis au bord du lit. Les cellules n'étaient pas alimentées par l'eau chaude. C'était une vieille bâtisse construite en 1823 sur les arrières du Palais de Justice alors situé rue de la Nuée Bleue. C'était la première Maison d'Arrêt de Strasbourg. Cette Maison d'Arrêt était principalement destinée à recevoir les détenus condamnés à moins de 3 ans d'emprisonnement ainsi que les personnes placées en détention provisoire en attente de leur jugement.

L’emprisonnement du futur empereur Napoléon III


En 1836, Louis-Napoléon Bonaparte effectue une tentative de soulèvement à Strasbourg avec une poignée de partisans. Il espère soulever la garnison et ensuite, marcher sur Paris et renverser la monarchie de Juillet. Son plan est de rassembler sur son passage les troupes et les populations, sur le modèle du retour de l'île d'Elbe de Napoléon Bonaparte en 1815. Le choix de Strasbourg s'impose car c'est une importante place militaire. Par ailleurs, c'est une ville d'opposition au régime mais patriote où les sympathies bonapartistes s'expriment non seulement dans les garnisons mais aussi au sein de la population. L'opération est engagée le matin du 30 octobre 1836 mais tourne court assez rapidement. Les insurgés sont arrêtés et incarcérés dans le corps de garde de la caserne puis transférés à la prison de la ville.

Louis-Napoléon Bonaparte en 1836

La fin de la prison


Après avoir été fermé en 1988, la démolition du bâtiment débute en décembre 1992. Cet établissement, tout comme celui de la prison de Sainte-Marguerite a été remplacé par la nouvelle maison d’arrêt de Strasbourg, ouverte en septembre 1988. Actuellement, l'établissement héberge en moyenne entre 450 et 500 détenus. Il existe donc une marge de manœuvre permettant de désengorger les autres maisons d'arrêts du département voire de toute la Région Est. En février et mars 1990, suite à la fermeture de la prison de Saverne, les détenus ont été transférés à la maison d'arrêt de Strasbourg.

La nouvelle maison d'arrêt de Strasbourg (source: archi-strasbourg.org)

D'un coût de 225 millions de francs, la nouvelle prison de Strasbourg a été financée à 100% par l'État. Elle fait partie du nouveau paysage pénitentiaire français au même titre que d'autres prisons modernes et d'architecture contemporaine tels que les établissements de Perpignan ou d'Épinal par exemple.


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