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lundi 29 novembre 2010

Le château de Nantes et les autres prisons de la ville


La ville de Nantes semble incontestablement avoir posséder le plus de prisons de toute la région du Pays de la Loire.

En effet, on peut déjà constater qu'outre de nombreuses prisons datant de l’Ancien Régime et indépendamment des prisons d’Etat, il existait d’autres prisons: celles de l’évêque et du Chapître. La juridiction de l’évêque porte le nom de Régaire, nom également attribué, par extension au lieu qui servait aux audiences et de prison. Cette juridiction se situait jusqu’au XIIe siècle probablement à l’endroit où se trouve aujourd’hui le château puis, jusqu’à sa démolition en 1776-1777, près de la cathédrale. Quant à la prison du Chapître, elle occupait la tour dite Gauvain.

Cependant, si quelques tours du château faisant partie des fortifications entourant Nantes ont également servi de prison, le véritable centre de détention reste la prison du Bouffay et il le restera pendant près de quatre siècles. Aménagés en 1467 dans le château du Bouffay, les bâtiments sont au XVIIIe siècle, dans un état déplorable, délabrés et insalubres. 

Sous la Révolution et avec la multiplication des arrestations et des emprisonnements, la prison du Bouffay, très insalubre, devient trop petite. Le château de Nantes est alors transformé en prison. L’insurrection de mars 1793 engendre un grand nombre de prisonniers. De ce fait, les détenus sont alors envoyés à la maison des pénitentes, au couvent de la Visitation et au couvent des Saintes-Claires, une des prisons souvent ravagée par de nombreuses épidémies.

Le nombre des arrestations ne cessant de croître, le couvent du Bon Pasteur est à son tour érigé en prison. C’est à la prison du Bon Pasteur que sont détenus des femmes et des enfants. Un des personnages célèbre de la prison du Bon Pasteur se nomme Fleurdepied (1766-1830), concierge à la prison du Bon Pasteur durant la Terreur nantaise. Il est connu pour sa brutalité, sa vénalité et son cynisme qui rendent les conditions de vie dans cette prison pires qu'à la prison des Saintes Claires. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il doit rendre des comptes mais il a l'habileté de restituer spontanément quelques-uns de ses larcins. Au procès du Comité (1795), des témoignages l'accablent. Tombé amoureux d'une de ses détenues, Françoise Bontemps, il échappera à la guillotine et l'épousera le 11 janvier 1795 à Nantes. Il finira sa vie comme aubergiste au Loroux-Bottereau.

Une autre prison apparaît à la même époque, il s’agit de l’Entrepôt des cafés, souvent désignée comme "l’antichambre de la mort" après la bataille de Savenay du 23 décembre 1793. Dans cette prison seront emprisonnées 6 000 personnes, des agriculteurs pour la moitié, arrêtés suivant la loi des suspects. Un tiers de membres du clergé et d'autres prisonniers arrivent aussi après la défaite de Savenay. Une plaque commémorative l'atteste aujourd‘hui. Les caves de cet entrepôt donnent sur le cours d'eau de la Chézine qui est relié à la Loire. Beaucoup sont morts en suivant ce chemin pour arriver sur le fleuve et être noyés sous les ordres de Carrier. Il avait trouvé ce moyen qui lui permettait d'éliminer beaucoup de personnes en une seule fois sans avoir de fosses à creuser pour les cadavres.


Les noyades de Nantes en 1793 par Joseph Aubert


L’entassement, la promiscuité, le manque d’hygiène et de soins y règnent. L’Entrepôt des cafés est célèbre pour ses maladies contagieuses ( typhus) au milieu desquelles les morts et les vivants cohabitaient.
Aux XIX-XXe siècles, le calme rétabli, la prison du Bouffay redevient le lieu d’incarcération. En 1824, on décide la construction d’un nouveau bâtiment dit "prison neuve" pour remplacer la prison du Bouffay. Cette prison devient rapidement insalubre et c’est en 1843 que l’on construit dans ce même quartier une nouvelle prison ainsi qu’un palais de justice et une gendarmerie. Inaugurée en 1869, cette prison adopte le nouveau système carcéral datant de 1853 soit la division en quartier et le travail des prisonniers. Quant à la prison neuve, elle fut détruite.

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