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lundi 11 avril 2011

Une nouvelle prison contre une ancienne en mal de vivre

C’est en remplacement des anciennes prisons de Montluc et de Perrache que la maison d’arrêt de Lyon-Corbas a été construite.

« En 2009, Montluc, ainsi que les deux autres prisons lyonnaises de Saint-Paul et Saint-Joseph sont désaffectées. A la demande de la Préfecture, les services de l’Etat protègent une grande partie du site au titre des monuments historiques. Un comité de pilotage est mis en place en mai 2009, regroupant les principales associations de résistants et de déportés, la Préfecture et le centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. La présidence du comité est confiée à Jean-Philippe Vioud. 595 000€ sont dégagés par l’Etat dans le cadre d’un plan de relance qui permet de mener les premiers travaux de réhabilitation avec pour objectif d’ouvrir le mémorial au public. »


Lyon-Corbas, nouvelle prison remplaçant Montluc

En effet, nous avons déjà évoqué le cas des prisons de Perrache transformées mais qu’en est-il de la prison de Montluc ? Parlons tout d’abord de son histoire et de son passé avant de voir plus en détail sa transformation patrimoniale. 

Petit historique … 


La prison de Montluc était un ancien fort. Il date du XIXème siècle, construit entre 1831 et 1835. Il sert ainsi de base pour une prison militaire établie, sous le Second Empire, par Napoléon III. La prison est quant à elle édifiée en 1921 et est déclarée insalubre en 1932 : « Le vieux bâtiment de Montluc présente peu d’intérêt en tant que tel. La prison est édifiée en 1921 en un lieu privilégié car situé non loin de la Manufacture des tabacs. Elle fait face au fort Montluc (devenu désormais Hôtel de Police), qui lui a donné son nom. De forme rectangulaire (environ 200 m de long pour 40 m de large), la prison se compose de 3 étages répartis autour d’une cour centrale. Les 120 cellules de 3,5 m² chacune accueillent jusqu’à 8 détenus entassés sans lits et sans toilettes. Pour assurer la sécurité, un chemin de ronde et quatre miradors entourent la prison tandis que des barbelés ornent les murs hauts de 12 mètres. ».
D’architecture plutôt banale, son importance réside dans son utilisation pendant la seconde Guerre Mondiale à partir du 11 novembre 1942. Elle est tout d’abord réquisitionnée par le régime de Vichy au début de la guerre en 1939 en tant que prison militaire puis par les allemands après l’invasion de la zone libre.

En effet, en 1942 la prison est réquisitionnée par les Allemands. D’après certains témoignages, la prison est utilisée à des fins inhumaines : entassement d’hommes, de femmes et d’enfants avant de les déporter et de les transférer vers les différents camps. On peut donner l’exemple de Jean Moulin et de ses « complices » ou compagnons qui ont été internés un petit moment dans ce Fort après l’arrestation de Caluire, le 21 juin 1943. Le lieu est un triste témoin des heures les plus sombres de l’Occupation, certaines personnes y auraient été torturées, tuées et déportées vers l’Allemagne et les camps de concentration. C’est également un lieu central dans la persécution des juifs à Lyon. Il y aura en tout 130 000 déportés et résistants qui y seront enfermés pendant toute l’Occupation nazie. Le lieu ne sera libéré qu’au mois d’août 1944 et devient une prison pour collaborateurs. C’est durant toute cette période que s’édifie la partie de son histoire et de son passé la plus importante et la plus malheureuse également.




Sources :



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