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dimanche 2 janvier 2011

La prison de Montluçon, reconversion ou fermeture ?


Comme la prison d'Aurillac, celle de Montluçon (département de l'Allier) est également concernée par une éventuelle fermeture. Néanmoins, cet établissement du XIXe siècle pourrait faire l'objet d'une reconversion de la part du Ministère de la Justice comme nous allons le voir dans cet article.

Historique et organisation de l'établissement




La maison d'arrêt de Montluçon a été mise en service en 1884 dans des locaux construits en 1746. Edifiée au cœur du centre historique de la ville, l'établissement est l'une des plus petites prisons de France (effectif théorique de 20 places). L'établissement est situé dans le ressort de la cour d'appel de Riom et du tribunal de grande instance (TGI) de Montluçon. Cette Maison d’Arrêt comporte un quartier de détention pour les hommes majeurs et un quartier de semi-liberté. 
(source: annuaire des prisons).





Cet établissement fut un lieu de détention pour les résistants durant la second Guerre Mondiale. On peut notamment citer le cas de deux agents des services secrets britannique (Special Operation Executive, S.O.E), Maurice Southgate et René Mathieu, envoyés en France pour développer le réseau Hector-STATIONER couvrant l’Indre, l’Auvergne et le Limousin. Arrêtés le 1er mai 1944 par la Gestapo, Mathieu meurt à une date indéterminée des suites de mauvais traitements et Southgate est envoyé à Buchenwald d’où il ne sortira qu’à la libération du camp en avril 1945 par les américains.
Contrairement à d’autres prisons de la région comme celle d’Aurillac, la maison d’arrêt de Montluçon ne fait l’objet d’aucun régime de protection de la part de l’Etat.

Menace de fermeture et projet de reconversion



Comme le Centre de Détention d’Aurillac, la prison de Montluçon est destinée à fermer à l’horizon 2015. Cette nouvelle a mis en émoi la population et la classe politique locale qui soutiennent que cette prison, par sa petite taille, offre des possibilités dans l’optique d’améliorer les conditions de vie des détenus sous réserve de sa rénovation et de sa mise aux normes. De plus, le maintien de cet établissement au cœur d’un territoire rural relève, pour les élus, de l’aménagement du territoire et de la lutte contre la désertification des campagnes par le maintien des services publiques de proximité. Enfin, le projet d’un nouveau centre pénitencier à Riom soulève des questions notamment sur la taille du futur établissement et son caractère déshumanisant. Pour toutes ces raisons les élus locaux firent pression sur Michèle Alliot-Marie puis sur Michel Mercier, nouveau garde des Sceaux depuis le remaniement, afin de préserver l’établissement ou de le reconvertir. Encore une fois, la presse locale se fit l’écho de ces discussions :


"Prison de Montluçon : l'espoir


Le président du Conseil général de l'Allier vient d'être reçu par le directeur-adjoint de Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux, au sujet du projet de fermeture de la Maison d'Arrêt de Montluçon. Il était accompagné de Bernard Lesterlin, député de la 2ème circonscription de l'Allier. Cette audience a fait suite à un courrier envoyé fin juillet 2010 à la Chancellerie, dans lequel le président Dufregne faisait part de sa colère après avoir entendu parler du projet de fermeture de la Maison d'Arrêt de Montluçon, dans le cadre d'un plan gouvernemental de modernisation des prisons françaises. Une annonce, brutale, unilatérale, qui n'avait fait l'objet d'aucune concertation avec les élus locaux et les responsables syndicaux. Bonne nouvelle : les arguments avancés en faveur de la pérennité de l'établissement montluçonnais semblent ne pas avoir été repoussés par la Chancellerie, qui s'est engagée à étudier la possibilité de le transformer en " quartier nouveau concept " (QNC). Destinés à garantir l'exécution des courtes peines d'emprisonnement, les QNC accueillent des détenus condamnés à moins d'un an et des détenus en fin de peine. Ces établissements sont tournés vers la réinsertion socio-professionnelle et collaborent étroitement avec les acteurs du territoire. Un tel projet permettrait de maintenir l'ensemble des membres du personnel à Montluçon. Si beaucoup d'éléments restent encore à éclaircir (nombre de places du QNC, choix du site ; implication des partenaires locaux…), Jean-Paul Dufregne et Bernard Lesterlin ont ouvert une nouvelle voie aux négociations et ont, semble t'il, réussi à éloigner la menace de fermeture pure et simple de l'établissement.

À taille humaine


Durant leur entretien, ils ont insisté sur plusieurs points fondamentaux. La mise en service en 1884 dans des locaux construits en 1746, la Maison d'Arrêt de Montluçon se situe au cœur du centre historique de la ville. Il s'agit de l'une des plus petites prisons de France, avec un effectif théorique de 20 places. Dans cet établissement à taille humaine où travaillent 28 fonctionnaires, les détenus peuvent se former, travailler et préparer leur réinsertion dans les meilleures conditions Les conséquences d'une telle fermeture seraient lourdes, pour le personnel pénitentiaire et pour les familles des détenus, déjà fragilisées, qui seraient contraintes de faire une centaine de kilomètres pour rendre visite à leurs proches. Le nouveau site riomois, censé remplacer les deux établissements auvergnats condamnés, à savoir Montluçon et Aurillac, se trouve à 96 km de Montluçon. Soit, au minimum, deux heures de trajet aller-retour. En 2009, les locaux ont été modernisés, pour un montant total de 300.000 €. Dès cet automne, un important chantier de réfection des toitures doit être engagé, pour une enveloppe de 500.000 €. De plus, la Maison d'Arrêt de Montluçon a obtenu récemment une certification FNOR, attestant sa conformité avec les normes européennes.
La disparition de la Maison d'Arrêt de Montluçon romprait donc l'équilibre qui existe avec le tribunal, les services de police et de gendarmerie."

Extrait d’un article publié le 16 novembre 2010 sur le site www.infomagazine.com.

Ce nouveau cas montre combien les raisons de sauver une prison sont d'abord d'ordre social (maintien des services publics) mais aussi économique (maintien des emplois des surveillants, des prestataires extérieurs...) avant d'être patrimonial. Néanmoins, cette approche peut permettre de sauver un édifice de la destruction et peut être le prélude d'une réflexion plus large sur la reconversion du site.


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