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dimanche 19 juin 2011

La citadelle de Besançon : fortification de Vauban mais aussi camp de prisonniers allemands




Citadelle de Besançon


La citadelle de Besançon est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco au titre des fortifications de Vauban depuis le 7 juillet 2008. Elle est également le premier site touristique franc-comtois avec près de 250 000 visiteurs par an.

Son histoire est riche d'un passé carcéral. Depuis sa construction et jusqu'en 1940, elle sert à loger les troupes de la garnison.

Sans jamais avoir été officiellement prison d'État, la citadelle a accueilli des hommes et des femmes ayant transgressé les lois, mais qui n'ont pas été jugés et qui avaient le titre de prisonniers d'État : ainsi arrivent en 1683 des complices de La Voisin, principale accusée de l'Affaire des Poisons qui fit scandale à la cour de Louis XIV.

Pendant la Révolution, l'Empire et la Restauration, on y emprisonne de nombreux opposants aux régimes. La citadelle a enfin servi de camp de prisonniers de guerre et cela à plusieurs reprises : tout au long du XIXe siècle ainsi qu'à la fin de la guerre de 39-40. 

De 1941 à 1944, elle est le lieu d'exécution d'une centaine de résistants arrêtés dans la région de Besançon. Le 7 septembre 1944, des combats violents opposent pendant quelques heures les Américains aux Allemands qui étaient retranchés dans le front de Secours. Puis, jusqu'en 1947, ce sont les Allemands qui y sont enfermés comme prisonniers de guerre.

Devenue sans intérêt pour l'armée, elle est acquise en 1959 par la Ville de Besançon qui souhaite y aménager " un ensemble touristique " et un musée.

Entre novembre 44 et avril 48, près de 6000 prisonniers de guerre allemands ont été détenus à la citadelle. C'est une période de l'histoire de la citadelle de Besançon peu connue : dans les guides touristiques, elle ne tient souvent qu'en une ligne et ce qui est écrit n'est pas forcément juste.

D'où la volonté d'Anne-Laure Charles, guide à la citadelle, de reprendre des études en master d'histoire pour raconter ce qui s'est passé entre novembre 1944 et avril 1948 dans les murs de la forteresse.

C'est presque par hasard que la jeune guide a rencontré Helmut Kuhnle. Cet allemand, originaire des environs de Stuttgart est revenu à la citadelle en mai 2010 avec ses enfants et petits-enfants pour leur montrer là où il avait détenu lorsqu'il avait 18 ans. Interloquée par le peu de renseignements et de documents sur cette période de la citadelle, la jeune femme a décidé de chercher des informations. Ces recherches l'ont conduite à Andilly, près de Nancy, là où plus de 33 000 soldats allemands sont enterrés dans un cimetière militaire créé par les Américains. Parmi eux, 409 soldats sont morts à Besançon, la plupart sans doute à la citadelle. Pour connaître le quotidien de ce dépot 85, c'est le nom de ce camp, Anne-Laure Charles dispose des archives personnelles d'Helmut Kuhnle. La jeune femme s'est rendue chez lui, il lui a prêté des documents relatant la vie quotidienne. Helmut Kuhnle souhaite que cette partie de l'histoire soit connue de tous les visiteurs de la citadelle.


Sources :

http://www.citadelle.com

http://www.ajpn.org

http://franche-comte.france3.fr


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