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jeudi 21 avril 2011

Vue et historique des prisons de Perrache : Saint-Paul et Saint-Joseph



Les débuts d’une prison …


Tout commence par la construction de la prison Saint-Joseph. En effet, il a été décidé de construire une nouvelle prison en 1823, celle-ci ne verra le jour qu’en 1827 : problème d’emplacement et problème de financement. L’emplacement est finalement trouvé: 22 000 m² concédés par le Conseil Municipal de l’époque pour l’édification de cette nouvelle prison dont le besoin se fait ressentir. Un concours se créé pour pouvoir choisir entre différents projets de prisons : treize projets sont ainsi proposés. Cependant, même si quatre projets retiennent l’attention d’un jury composé pour l’occasion, aucun projet ne fait l’unanimité et ne retient complètement l’attention. Un projet est malgré tout retenu : le projet de Baltard, même si des modifications seront à prévoir … (forme semi-panoramique) Il fallait en choisir un. 

[ Louis-Pierre Baltard, né à Paris le 9 juillet 1764 et mort à Lyon le 22 janvier 1846 est un architecte, graveur et peintre français. À l'origine graveur paysagiste, c'est lors de d'un voyage en Italie qu'il se découvre une passion pour l'architecture et l'urbanisme. Il commence sa nouvelle carrière en s'appuyant sur sa réputation de graveur et devient l’un des architectes les plus réputés de la génération néo-classique. Il a beaucoup travaillé sur l'architecture carcérale. Il est l'élève d'Antoine-François Peyre à l'Académie Royale d'Architecture. Il fit comme engagé volontaire quelques-unes des campagnes de la Révolution, devint successivement professeur d'architecture à l'Ecole Polytechnique en 1796, puis à l’Ecole des Beaux-Arts en 1818, architecte du Panthéon et des prisons, membre du Conseil des bâtiments civils et des travaux publics. Certains de ses travaux connus : la chapelle de la prison Sainte-Pélagie à Paris, l'infirmerie et la chapelle de la prison Saint-Lazare à Paris en 1834, la prison Saint-Joseph, le Palais de Justice (les 24 colonnes) à Lyon sur les quais de la Saône en 1842. ].

Il fut ensuite décidé de l’emplacement définitif de la prison : établissement à l’angle est de la presqu’île Perrache, quartier « en bonne santé » à l’époque. Le 3 juillet 1828, les fondations étaient quasiment terminées et un peu plus d'un an après, le 27 août 1829, le préfet annonçait que quatre corps de bâtiments étaient élevés et couverts et que les autres étaient bien avancés. Il indiquait également l'ajout d'un deuxième étage à certains bâtiments qui ne devaient en avoir qu'un seul à l’origine. Dès 1831, la prison commence à accueillir ses détenus. Mais en 1839, soit huit ans après son ouverture, la prison est déjà surpeuplée (comme c’était encore le cas lors de leur fermeture). Alors qu'elle fut construite pour héberger 200 détenus au maximum, il y en avait cette date plus de 350, à tel point que les prisonniers en étaient réduits à dormir dans les couloirs, les vestibules et même dans les cachots. 

Que faire pour éviter ce surpeuplement ? 


En 1853, Antoine Louvier, architecte du département, présente un projet d'agrandissement de la prison. Elle devait être agrandie à l'intérieur de son enceinte avec le prolongement des quatre bâtiments nord-est, nord-ouest, sud-ouest, et sud-est qui ne s'étendaient pas encore jusqu'au mur intérieur du chemin de ronde. Le bâtiment des dettiers devait être surélevé et la démolition de l'atelier de Cloutier était prévue. Le bâtiment des ateliers est presque entièrement reconstruit car on y détruit les galeries et les voûtes afin de gagner en luminosité. Les travaux dureront 2 septembre 1856 à décembre 1857. Néanmoins, ces agrandissements ne suffiront pas aux différents problèmes de place qui seront réglés par la construction d’une nouvelle prison : la prison Saint-Paul.

Projet de l’architecte Baltard
Saint-Joseph à l’époque
Saint-Joseph maintenant

La construction d’un grand ensemble …


C’est en 1847 que la construction d’une nouvelle prison dans le quartier Saint-Paul est envisagée suite aux problèmes rencontrés à la prison Saint-Joseph. C’est de là qu’elle gardera son nom bien qu’elle sera construite dans le quartier de Perrache, non loin de la prison Saint-Joseph. En 1860, le projet d’Antoine Louviers est accepté. L'architecte opte pour un plan radial à six branches c'est-à-dire un plan panoptique en forme d’étoile. Cette prison est conçue pour 550 détenus répartis entre « sept quartiers » : un pour la pistole ou les payants, un pour les jeunes détenus de toutes catégories, un pour les détenus politiques, un pour les prévenus récidivistes ou dangereux, un pour les prévenus des élites, un pour les détenus de tête et un quartier cellulaire comprenant les cellules de secret, les cellules de punition et celle de sûreté pour les prisonniers les plus dangereux et celles réservées à des prévenus encore honnêtes et qui demandent de n'être pas mêlés aux criminels. Le bâtiment central héberge en son rez-de-chaussée la salle centrale de surveillance et les parloirs et au premier étage se trouve la très belle chapelle divisée en six compartiments qui communiquent avec leur quartier respectif. 

La prison est mise en service en 1865. D’autres travaux d’aménagements furent entrepris tout au long de son existence. 

Saint-Paul puis Saint-Joseph

L’architecture particulière de ces bâtiments est très importante pour la dimension patrimoniale, c’est pourquoi tant de gens se sont battus pour conserver ce bâtiment et ne pas maintenir sa démolition. Il est le témoin d’un certain art, d’une époque, de visions d’architectes. De plus, un tunnel relie les deux quartiers des prisons, elles forment ainsi un tout.

Dorénavant, c’est la maison d’arrêt de Lyon-Corbas mise en service en mai 2009, qui remplace celles de Perrache et celle de Montluc dont nous parlerons dans un autre article.


Sources

Dossier d’inventaire Saint-Paul.

Dossier d’inventaire Saint-Joseph.

1 commentaire:

  1. Madame, Monsieur,

    Vous faites référence, sur votre site Internet, aux dossiers électroniques de l’Inventaire Général du Patrimoine culturel de la Région Rhône-Alpes et nous vous en remercions.

    Nous avons récemment mis en ligne un nouveau site de diffusion, grâce à l’application GERTRUDE, qui remplace l’ancien site (SDX) et que je vous invite à consulter (http://patrimoine.rhonealpes.fr/).

    D’autre part, nous apprécierions que vous mettiez à jour vos liens de manière à ce qu’ils renvoient vers notre nouveau site. Cette opération nous est particulièrement nécessaire, d’une part pour la promotion du site Internet mais également, et surtout, pour la diffusion de nos données auprès d’un large public, une des missions principales de notre service.

    Veuillez trouver ci-dessous l’adresse URL de votre site, sur lequel figurent des liens renvoyant à notre ancien site de diffusion (SDX), ainsi que la nouvelle adresse URL renvoyant vers le dossier électronique auquel vous faites référence :

    http://patrimoinecarceral.blogspot.com/2011_04_21_archive.html

    Les deux liens sont à remplacer par ces URL :

    Prison Saint-Paul : http://patrimoine.rhonealpes.fr/dossier/prison-saint-paul/e841df8f-2a03-4875-9ca7-0cf109da0243

    Prison Saint-Joseph : http://patrimoine.rhonealpes.fr/dossier/prison-de-perrache-puis-prison-saint-joseph/0799206e-3d82-4f6e-9d67-3c3c26d7a0f6


    En restant dans l’attente de votre retour, je vous remercie par avance de votre contribution.

    De la part de Françoise LAPEYRE-UZU
    Conservatrice régionale de l’Inventaire du Patrimoine culturel de la Région Rhône-Alpes


    Luisida GJURAJ
    lcjuraj@rhonealpes.fr
    0426736519

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