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vendredi 15 avril 2011

La fermeture de plusieurs prisons alsaciennes ( notice rédigée en avril 2011 par Margaux Trouvé)



La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé la fermeture de 23 prisons vétustes, « pour la plupart entre 2015 et 2017 », compensée par la construction de nouveaux établissements, dans le cadre du plan de modernisation du parc pénitentiaire. Ce plan vise à « assurer des conditions dignes de détention, à mettre notre pays en conformité avec les règles pénitentiaires européennes et à garantir la mise en œuvre des prescriptions de la loi pénitentiaire » votée en 2009, a-t-elle expliqué dans un communiqué.

« D'ici la fin de l'année 2017, environ 9.000 places vétustes seront fermées et près de 14.000 places seront ouvertes ». « La France sera alors dotée de 68.000 places de prison, dont plus de la moitié auront été ouvertes après 1990 ».

« Tous les agents en poste dans les établissements fermés pourront demander à être affectés dans les établissements alentour et verront leur demande de mutation traitée de façon prioritaire », a assuré le ministère.

Les 23 établissements qui vont fermer ont été jugés trop vétustes pour être rénovés. Dans un communiqué, la CGT-Pénitentiaire a protesté contre ces fermetures qui s'ajoutent à 22 déjà annoncées.



Prisons déjà fermées :

- La prison de Saverne

Les protestations du Barreau de Saverne et l’intervention du Sénateur Marcel Rudloff n’empêchèrent pas la fermeture de la prison de Saverne intervenue le 15 février 1990 sous l’égide de Monsieur Arpaillange, Garde des Sceaux.

Prisons qui vont fermer prochainement :

- La prison de Lure
- La prison d’Ensisheim



La maison centrale d'Ensisheim, située au centre de la ville, s'étend sur une superficie de 1,82 ha. Elle a été créée par le décret impérial du 23 février 1811, dans les bâtiments de l'ancien dépôt de mendicité ouvert en 1764 à la place d'un couvent de Jésuites datant du XVIIe siècle. Elle a été le siège d'une circonscription pénitentiaire de 1926 à 1944. Au XIXe siècle, la maison centrale, transformée par les entrepreneurs généraux en usine textile, accueillait des hommes condamnés à des peines d'emprisonnement correctionnel de plus d'un an et des condamnés à la réclusion criminelle. Après la fermeture des bagnes coloniaux en 1938, les condamnés aux travaux forcés furent envoyés à Ensisheim pour y subir leur peine. En 1989, une partie des bâtiments incendiée au cours d'une mutinerie fut reconstruite par les détenus. Une maison centrale reçoit les condamnés les plus difficiles. Leur régime de détention est essentiellement axé sur la sécurité.



La maison centrale d’Ensisheim sera transférée à Lutterbach en 2015. Elle accueille actuellement quelque 200 détenus effectuant des longues peines.

Les syndicats des gardiens de prison ne comprennent pas cette décision puisque de nombreux travaux de mise en conformité ont été effectués.

- La prison de Colmar (voir article sur la maison d’arrêt de Colmar)

- La prison de Mulhouse

La prison de Mulhouse, mise en service en 1870, est clairement désignée par les recommandations comme vétuste et « les conditions de vie imposées aux détenus sont indignes ». Dissensions internes entre direction et personnel, violences habituelles entre détenus, locaux vétustes, traces de moisissures, présence de rats et de cafards, problèmes d’hygiène et d’accès aux soins : le bilan dressé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, sur la prison de Mulhouse est accablant mais il ne surprend personne.

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