Nombre total de pages vues

dimanche 20 février 2011

L'ancienne maison d'arrêt de Mont-de-Marsan

Œuvre de l'ingénieur en chef des ponts-et-chaussées David-François Panay, elle est bâtie de 1807 à 1809 et définitivement fermée le 7 décembre 2008 à l'ouverture du nouveau centre pénitentiaire.

la construction de la prison est contemporaine de celle du palais de justice de Mont-de-Marsan. Avant les deux institutions étaient regroupées au Chateau-Vieux où pendant le Moyen-Age siégeaient la cour sénéchale et le présidial, tribunaux de l'ancien régime.




Le palais de justice et la prison furent bâtis l'un en face de l'autre et la prison se trouvait dans le prolongement de la caserne de gendarmerie.
Le préfet de l'époque, dans un rapport, fait l'éloge de cet édifice en le présentant comme parfaitement sûr: un chemin de ronde qui facilite la surveillance, une infirmerie efficace qui évite les transferts et une façade de caractère qui suscite crainte et respect. Mais c'est justement  cette architecture qui, au début, a engendré les protestations des riverains. En effet, elle  s'accordait assez mal avec l'architecture bourgeoise de l'artère qui est bordée de maisons assez luxueuses.

La partie gauche de la façade est inscrite aux monuments historiques par un arrêté du 22 décembre 1987, la partie droite de la façade d'entrée et la toiture attenante sont classées aux monuments historiques par un arrêté du 10 avril 1990. C'est le seul monument classé de Mont-de-Marsan.
Maintenant qu'il y a à Mont-de-Marsan une nouvelle maison d'arrêt, il se pose la question des vestiges de cet ancien édifice. Voici un article paru sur le sud-ouest évoquant le sujet:


Les vestiges de l'ancienne prison de Mont-de-Marsan sont à vendre


En vente, l'ancienne prison suscite la convoitise des promoteurs immobiliers. 

Evidemment le site est aujourd'hui moins impressionnant. Désincarnée, vidée de ses quelque 80 détenus, l'ancienne prison du 4, rue Dulamon fait moins froid dans le dos. Pourtant, il y a toujours les grilles et les barreaux, les cachots et les chauffoirs, l'insalubrité, l'humidité sur les murs, la peinture cloquée. Tout est là, fixé dans un passé suspendu, presque surréaliste. Fantomatique. 

Il ne manque qu'eux. Les détenus. Leur odeur, leurs cris. Omniabsents. Toute cette vie retenue que nous avions aperçue, le temps d'une visite, en 2008, avant la fermeture, imminente. Tout ce sang trop à l'étroit dans les veines bleues, ces tempes qui battent au rythme de l'enfermement, de la cour de promenade trop petite et des journées trop longues. 

N'empêche. Au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans les entrailles du bâtiment de 1 800 m2, le passé revient en force, au détour de quelques détails, étonnamment rares, de ce huis clos carcéral. Échappés à la vigilance, au verso d'un appui de fenêtre, un tag signe un passage, compte les jours avant la liberté. « Gardé la peshe mes potos », invite au-dessus des toilettes une autre main que l'on imagine libérable, en un ultime au revoir solidaire. Quelques insultes évidemment, quelques provocations. Mais aussi un abécédaire, un tableau de mesure, des tables de multiplication. Ou dans ce chauffoir, cellule commune à 17 ou 18 détenus en période de surpopulation, quelques images de grosses cylindrées sur un pan de mur. Un autre encore a dessiné des arbres à la mine papier, branche après branche, feuille après feuille. Un bateau, des arbres, un paysage, un visage… des images de la liberté. 

Et puis le quotidien dans son inconfort. Des toilettes communes à tous, un pauvre lavabo, une cour de promenade qui ferait rire un poisson rouge… 

Alors pour distraire les promoteurs un rien impressionnés par l'ambiance bagnarde, Stéphanie Soler, de la Société de valorisation foncière et immobilière qui gère les biens de l'État et fait visiter la prison en vente, insiste sur le passé ante-carcéral du bâtiment. « Avant d'être une prison, le site accueillait le Couvent des Ursulines. On peut aussi exploiter l'image du XVIe siècle et l'intérêt esthétique du bâtiment », poursuit la jeune femme. « Ce n'est qu'après la Révolution que de nombreux couvents ont été transformés en biens nationaux et en prisons. » C'est en effet en 1807 que les murs accueillant les jeunes filles sont transformés en centre de détention exclusivement masculin pour une ouverture en 1823. 

Bientôt, une nouvelle page de l'histoire montoise se tournera au rythme des pelles mécaniques. Et le 4, rue Dulamon deviendra une résidence de standing en centre-ville avec parking et commodités. Seule la porte en bois, classée, sera sauvée de ce passé de mauvais souvenirs.


source :

www.sudouest.fr



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire