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dimanche 2 janvier 2011

Quel avenir pour la prison d'Aurillac ?

La région Auvergne est actuellement au cœur des débats et évolutions qui animent le milieu carcéral français. Avec un nombre important d'établissements vieillissant et parfois vétustes, cette région est largement concernée par la construction de nouveaux édifices mais aussi par le choix de la rénovation, de la reconversion ou de la destruction des anciennes prisons. De plus, ce territoire doté d'une population et d'une urbanisation moindre que d'autres régions françaises est bien plus sensible à des questions plus larges comme le maintien de services publiques en milieu rural et ses effets sociaux ou économiques. L'avenir des prisons de la régions s'intègre dans cette réflexion.
L'article suivant concerne la prison d'Aurillac, il est le premier d'une série visant à mettre en lumière les établissements pénitenciers de la région Auvergne, encore en fonctionnement ou non, ainsi que leur devenir.


Rapide historique de la prison d'Aurillac.




La Maison d'Arrêt d'Aurillac, située en centre ville, a été construite en 1860 à proximité du palais de justice et mise en service en 1868. Le maître d'œuvre fut Théophile Carriat, architecte départemental du Cantal. Le quartier accueillant des détenues femmes qui existait à l'origine a été supprimé en 1975. L'établissement se compose de 2 bâtiments : le premier en façade, est le bâtiment administratif et le deuxième, sur l'arrière, le bâtiment de détention. Cette Maison d’Arrêt, destinée aux hommes majeurs, possède 73 places et est sous le ressort de la cour d'appel de Riom et du Tribunal de Grande Instance (TGI) d'Aurillac. Les façades et les toitures furent inscrites aux Monuments Historiques par un arrêté du 4 mai 1984. (sources: Ministère de la Justice et Base Mérimée)

Menace de fermeture et questionnement sur le devenir de la prison



Cet établissement est destiné à la fermeture à l’horizon 2015 en raison de sa trop grande vétusté selon le ministère de la justice. Un projet de nouvelle prison à Riom devrait voir le jour afin de pallier à cette fermeture. (source : www.annuaires.justice.gouv.fr). Pourtant, un rapport sénatorial d’octobre 2009, rédigé sous la direction du sénateur UMP du Nord Jean-René Lecerf, avait cité la maison d’arrêt d’Aurillac comme « exemplaire » notamment grâce à sa taille jugée « humaine » et son bon état général. Par conséquent, l’incompréhension est grande dans la région face à la décision de fermeture annoncée par le ministère comme le prouvent de nombreux articles de la presse locale dont nous publions ci-dessous un extrait:


« Non, la prison d'Aurillac n'est pas vétuste ! »

Dix mois après une visite sénatoriale qui avait cité la maison d'arrêt d'Aurillac comme « exemplaire », le ministère de la Justice classe cette prison dans les établissements à fermer?   Gilles Lalloz

«On ne peut pas laisser dire tout et n'importe quoi ! » Éric Bory, secrétaire local Force ouvrière à la maison d'arrêt d'Aurillac, et Jean-Vincent Boudou, secrétaire départemental FO, sont remontés autant par l'annonce de la fermeture dans cinq ans de la prison dans la préfecture cantalienne que par les arguments avancés (lire notre édition d'hier).
« On nous dit que c'est pour assurer des conditions dignes de détention et pour mettre en oeuvre la loi pénitentiaire de 2009. On nous explique que la Maison d'Arrêt d'Aurillac serait vétuste? Mais elle est tout sauf vétuste », clame Jean-Vincent Boudou. Pour contrecarrer les décisions et explications de la Chancellerie, FO dégaine son arme : un rapport sénatorial établi par l'UMP Jean-René Lecerf. Il y a dix mois, il avait visité la Maison d'Arrêt aurillacoise, déclarant qu'elle était « à l'avant-garde de ce que la loi pénitentiaire souhaite faire ». Deux pages et demi du rapport sont consacrées à l'établissement qui présente, selon ce document, « plusieurs caractéristiques remarquables », « un climat apaisé qui semble prévaloir en détention ». Le rapport fait aussi état des travaux de rénovation réalisés ces dernières années. Car si le bâtiment datant de 1860 peut paraître austère de l'extérieur, il a été mis aux normes et bénéficie « d'un effort de maintenance régulier ». « L'ensemble des cellules dispose d'un coin toilettes cloisonné, d'un système d'interphonie et de fenêtres à double vitrage. En outre elles sont toutes équipées d'un réfrigérateur et d'une télévision. »
En conclusion, le rapporteur souligne même « une taille d'établissement adaptée » et une présence à Aurillac garantissant le maintien des liens familiaux comme un « facteur important de réinsertion ».

« Ce n'est pas un syndicaliste qui dit tout ça, c'est un sénateur spécialiste de la question pénitentiaire », insiste Jean-Vincent Boudou, alors qu'Éric Bory rappelle que la maison d'arrêt est en phase de labellisation aux règles pénitentiaires européennes. Reste à réaliser les travaux pour le sas sécurisé d'entrée dont le budget a disparu des lignes de crédit ces derniers mois. « On peut aussi souligner que cette maison d'arrêt n'a pas connu un suicide depuis 35 ans », avance Éric Bory.
Alors pour FO, c'est clair : « On ne peut pas avancer des arguments comme la vétusté où les conditions dignes de détention » pour placer Aurillac dans la liste des prisons à fermer. Les syndicalistes avaient alerté les parlementaires et le secrétaire d'État aux collectivités. « Mais on attend une audience avec M. Marleix depuis un an », regrettent les responsables de FO, bien décidés « à poursuivre le combat ». « L'annonce qui vient d'être faite, en plein mois de juillet, c'est quand même une allumette allumée sur un baril de poudre. »

Article tiré du quotidien La Montagne daté du mardi 27 juillet 2010


Face aux protestations des élus locaux, le ministre de la justice Michel Mercier a déclaré le mardi 23 novembre 2010, lors d’une séance au Sénat, que la prison d’Aurillac ne figurait pas dans la liste des établissements insalubres et qu’il se rendrait prochainement sur place afin de juger de l’état général de l’établissement. Par conséquent, l’avenir de l’édifice est actuellement en suspend.


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