centre de détention de Riom (photos: annuaire des prisons, photo de Rémi Jouan)
Comme de nombreuses prisons auvergnates, celle de Riom joua un rôle important sous le régime de Vichy notamment durant le procès de Riom (19 février au 15 avril 1942) mais aussi en accueillant un certain nombre de prisonniers politiques dont Jean Zay ou militaires comme le Général De Lattre. Grâce à un ouvrage au sujet de ce dernier rédigé par Robert Fourgous (La longue nuit du général, Editions Créer), nous pouvons avoir une description de la composition de la maison d’arrêt de Riom :
Construite en 1858 sur les plans de Mallay, Architecte départemental, la Maison d’Arrêt de Riom est une lourde bâtisse construite en lave de Volvic, située à deux pas du Palais de justice et dont la façade principale en pierre de taille avec son portail et ses fenêtres en plein cintre, s’ouvre sur la place Desaix, face au Pré-Madame. C’est un bâtiment austère - comme le sont généralement les prisons -avec son chemin de ronde cerné d’un mur d’enceinte de 6 mètres de hauteur et ses fenêtres en demilunes solidement barreaudées et masquées par des hottes en bois qui ne laissent guère entrevoir aux prisonniers qu’un petit coin de ciel… Ce bâtiment s’étend du nord au sud, sur un espace de 100 mètres de longueur et 50 mètres de largeur. Ironie du sort ! Il a la forme d’une Croix de Lorraine à trois branches. Une Croix de Lorraine, en somme, qui aurait une branche supplémentaire, celle qui précisément va héberger le Général de Lattre. Passé le porche d’entrée qui abrite, entre autres, les Services Administratifs, le Greffe et un logement de fonction et après franchissement d’une cour, on pénètre dans un long couloir central voûté, très obscur, une sorte de tunnel que l’on parcourt en franchissant des portes grillagées que des gardiens ouvrent et ferment au fur et à mesure de votre passage dans un sinistre bruit de cliquetis qui donne au prisonnier un avant-goût de la vie carcérale. Le couloir dessert trois pavillons transversaux composés chacun d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Chaque étage est desservi par deux escaliers situés de part et d’autre de ce couloir central.Un quatrième pavillon situé à l’extrémité du couloir abrite la prison des femmes et la chapelle. (Robert Fourgous, La longue nuit du général, p17)
Le 7 janvier 1941, Jean Zay est transféré à la Maison d'Arrêt de Riom où il obtient le statut de prisonnier politique: il peut recevoir la visite de sa famille et, avec autorisation spéciale, de ses amis, il peut lire des journaux et des livres. Ce régime sera durci à plusieurs reprises, en particulier en septembre 1943, après l'évasion du général de Lattre, puis en avril 1944. Le 20 juin 1944, trois miliciens venus de Vichy sous l'autorité de Maret, Cordier, Develle et Millou, chef du service de la sécurité à Vichy, viennent enlever Jean Zay de la prison de Riom. Ils sont munis d'un ordre de transfert à Melun signé par Baillet, directeur de l'administration pénitentiaire, également milicien, accompagné d'instructions de Clémoz, chef de cabinet de Darnand. Se faisant passer pour des résistants, les miliciens conduisent Jean Zay, en voiture, dans les bois de Cusset, près de Vichy. Ils le font descendre de voiture. L'un d'eux le matraque, puis Develle l'abat, d'une rafale de mitraillette. Les assassins dépouillent le corps de ses vêtements, lui arrachent son alliance, le jettent dans un ravin, "le Puits du Diable", qu'ils plastiquent pour empêcher toute identification. Deux chasseurs le découvrent, par hasard, le 22 septembre 1946. Ce sont des restes sans identité qui sont enterrés anonymement à Cusset. Jusqu'en 1948, date où Develle est arrêté et avoue son crime, aucune trace de Jean Zay n'est retrouvée, en dépit des recherches entreprises et le mystère de sa disparition persiste. Le 22 juin 1945, l'Assemblée Consultative Provisoire rend hommage à Jean Zay disparu, avant même son jugement de réhabilitation (5 juillet 1945). Il est cité à l'Ordre de la Nation le 11 avril 1946. (source : www.aegir.cndp.fr)
Enfin, pour avoir un aperçu de la vie quotidienne au sein du centre de détention de Riom, je ne peux que vous renvoyer vers ce site : http://simon.jourdan.photos.pagesperso-orange.fr/txtriom.html . (reportage photo réalisé le 6 décembre 2005)



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