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jeudi 23 décembre 2010

La maison d’arrêt d’Amiens : un établissement à protéger dans le futur ?

Face aux fermetures programmées de nombreux établissements pénitentiaires dans les années à venir, on peut dès aujourd’hui s’intéresser aux lieux dont le sort n’a jamais été évoqué et réunir des connaissances soulignant leur éventuelle importance patrimoniale.

Parmi ces lieux figure la maison d’arrêt d’Amiens, seule prison en service dans la ville bâtie entre 1903 et 1904. Celle-ci est un exemple de choix pour illustrer ce qu’est une prison cellulaire, établissement «typique» de la Troisième République.




La construction de la maison d’arrêt d'Amiens

Revenons quelque peu sur le contexte qui a motivé son édification. Le 5 Juin 1875 a été promulguée la loi généralisant l’emprisonnement cellulaire. A l’époque, on tente de répondre à des problématiques anciennes telles que comment réduire la délinquance ou lutter contre la récidive. Suivant les idées de différents «observateurs» contemporains, les politiciens optent pour la solution cellulaire consistant à isoler les condamnés considérés comme «récupérables» (prisonniers condamnés à purger de courtes peines, non-récidivistes…) dans des cellules individuelles pour une détention inférieure à une année. Concrètement, cette loi a induit une nécessité de bâtir de nouveaux établissements pénitentiaires répondant à la nouvelle norme : les maisons d’arrêt. Or, au XIX° siècle, la construction des prisons est déléguée aux départements. Beaucoup d'entre eux ont tardé à appliquer le nouveau texte, le coût des travaux étant très élevé. Ceci peut expliquer la construction quelque peu tardive de la maison d’arrêt d’Amiens. La réalisation du projet a été confiée à l’architecte Emile Ricquier en 1902. Différents plans de conception ont été conservés aux archives départementales et permettent de saisir l’ampleur de l’édifice.



Plan de la prison cellulaire d’Amiens dressé par l’architecte Ricquier, 12 mars 1902. Archives de la Somme, 1406W3. (Source: TDS n°78)


Détail d’une cellule, plan dressé par l’architecte Ricquier,12 mars 1902. Archives de la Somme, 1406W3. (Source : TDS n°78)

La maison d’arrêt d’Amiens a ouvert ses portes en 1904. C’est un large établissement s’étalant sur près de 12 000 mètres carrés et réunissant 137 cellules. Après cette date et entre les deux guerres mondiales, elle va donc accueillir des prisonniers condamnés à purger de courtes peines. Elle est réquisitionnée par les allemands dans les premières années du deuxième conflit mondial.

La prison « entre dans l’histoire »


Le 18 février 1944, la prison « entre dans l’Histoire »  en étant bombardée par 18 «Mosquitos» (bombardiers légers) de la Royal Air Force. Il s’agissait là de ce qui fut nommé par la suite «l’Opération Jéricho». Les explications des historiens sur cet événement divergent. Pendant longtemps, on a retenu l’idée selon laquelle la prison a été bombardée pour faciliter l’évasion de Résistants nécessaires à la réalisation des futures opérations du Débarquement. 

Aujourd’hui, l’hypothèse selon laquelle cette opération s’inscrirait dans une suite de diversions devant dissimuler la date et le lieu du Débarquement est la plus retenue. Quoi qu’il en soit, on retiendra surtout ici que de très importants dégâts furent occasionnés sur la prison. L’un des appareils de la R.A.F était équipé d’une camera et les images prises lors de cette opération forment un témoignage unique. Elles se retrouvent aujourd'hui sous formes de photographies mais aussi de vidéos.


(Source photo : royal air force museum)



Comme il l’a été dit, cette opération a fait "entrer la maison d'arrêt dans l’Histoire". Malgré tout, comme on le voit dans les reportages réalisés autour des commémorations ultérieures de cet événement (et sur les photographies actuelles), seul un petit panneau rappelle les faits aux passants. Il n'entretient qu'un aspect bien précis de la mémoire de ce lieu. Notons qu’un film réalisé dès 1946 évoque cet événement : il s’agit de Jéricho d’Henri Calef. La même année, le département a cédé la maison d'arrêt à l’Etat. Par la suite, dans les années 1950 et 1960, la prison est restaurée et même agrandie par surrélevation de deux étages entre 1965 et 1967. L’établissement va alors évoluer dans son aspect tout en conservant ses attributs originaux (plan en croix, pavillon circulaire desservant les deux ailes principales…). Depuis, sa capacité d'accueil s'élève à 307 places.

Le devenir de la prison aujourd’hui


(Photographies de la prison aujourd'hui. Sources : annuaire des prisons et Google maps)




A l’heure actuelle, la maison d’arrêt d’Amiens fait surtout parler d’elle lorsque des problèmes surviennent à l’intérieur de ses murs. Comme nombre d’établissements carcéraux bâtis à la même époque, elle ne répond pas nécessairement aux besoins actuels en matière d’emprisonnement. Ainsi, la maison d’arrêt accueille par exemple plus de prisonniers qu'elle ne le peut réellement.

Face à cette situation, l’administration de la prison a été amenée à prendre des décisions parfois contestables et dénoncées aux plus hauts niveaux. Un exemple pour illustre ceci : en 2005, l’Observatoire International des prisons a déposé un recours pour excès de pouvoir contre l’administration de la prison. Il était reproché à celle-ci d’avoir annexer des bâtiments destinés à l'origine au service medico-psychologique régional afin d’y installer de nouvelles cellules. Or, ces services sont jugés comme capitaux pour - entre autres - aider les prisonniers à faire face aux conditions de vie difficiles du milieu carcéral.

Notons qu’en 2007 un reportage a été réalisé pour l’émission Zone Interdite de la chaîne M6. Celui-ci nous permet de mieux voir à quoi ressemble l’intérieur de cette prison. Il expose également les problèmes propres à la maison d'arrêt d'Amiens.

Ces informations nous incitent à dire que la maison d'arrêt d'Amiens, sans être un lieu historique majeur, est tout de même un édifice dont l'histoire gagne à être connue. Toute question relative à son avenir immédiat ne se pose pas aujourd'hui, la maison d'arrêt n'étant pas inscrite sur la liste des 23 établissements pénitentiaires devant fermer d'ici 2017. Cependant, sa conservation pourrait être envisagée au nom de l'argument patrimonial si elle venait à être menacée de fermeture et de destruction dans les années à venir.


Sources :

TdS numéro 78

2 commentaires:

  1. je voudrais des nouvelles de mon papa qui sapelle barret christian et je voudry aussi savoire ces koi son numero d'ecroue merci de me repondre

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  2. Mon petit ami c fait incarcérer le lendemain de ton
    Père normalement la spip à du prdre contact av toi

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