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vendredi 12 novembre 2010

Un espace de mémoire : le mémorial de Rivesaltes

Construit en 1938, le camp de Rivesaltes est un des sites du département le plus chargé en histoire, témoin des années noires du XXe siècle, de l’inhumanité à la barbarie, de l’exclusion à l’internement. Situé sur une plaine entre étangs et montagnes, à quelques kilomètres de Perpignan, au bord de la voie ferrée, on se demande aujourd’hui pour combien de temps encore les baraquements du camp, ces vestiges seront présents. Faut-il nettoyer les lieux ? Oublier cette mémoire, est-il possible de traverser cette plaine sans se poser de question ? En faire un lieu où il ne se serait rien passé ? Ou bien faut-il en faire un endroit où la mémoire des hommes et des femmes passés dans ce camp restent à tout jamais , faut-il en faire un musée, un mémorial pour les générations futures ?


Mais voilà, deux obstacles de tailles, étrangement liés, bloquent la construction du camp. Le premier reste le silence de l’Etat français dans son soutien au projet, surtout du point de vue financier. Il est vrai, le projet est couteux, environ 15 millions d’euros et malgré l’apport important du département, de la région et de l’institution européenne, Christian Bourquin se refuse de commencer la construction du mémorial tant que l’Etat n’aura pas apporté sa pierre à l’édifice. Deuxième obstacle, le temps qui passe. Laissé à l’abandon depuis 1970, le camp de Rivesaltes souffre de l’usure du temps alors, beaucoup de personnes s’impatientent de voir traîner les choses en longueur.
« En 2000, un conseil scientifique est conçu avec à sa tête Denis Peschanski afin de réaliser un musée mémorial du camp de Rivesaltes, il était indispensable pour nous que l’ensemble des communautés soit réuni sous une même vision et approche historique. Sur les 350 hectares que compte le camp, nous avons acheté 42 hectares à l’Etat pour la réalisation du mémorial. Les travaux de conception seront réalisés par un architecte de renom en la personne de Rudy Ricciotti et devrait se terminer en 2010 avec l’ouverture au public. Malheureusement, les chantiers de construction n’ont toujours pas commencé et malgré le soutien de la région et de l’union européenne. Nous attendons l’apport financier de l’Etat français. Ils doivent comprendre que c’est l’histoire de France qui est présente et qui a marqué ce camp, un des plus importants du sud de la France ». (Christian Bourquin, président du Conseil Général du Languedoc-Roussillon)


En attendant le début des travaux, le camp de Rivesaltes reste un des sites historiques les plus fréquentés du département. Près de 4500 personnes avaient visité les ruines en septembre dernier à l’occasion des journées du patrimoine. Les initiatives sont alors lancées comme celle des jeunes du Lycée Léon Blum (BTS tourisme)   qui réalisent un film sur la mémoire du camp à des fins pédagogiques. Un cinéaste reconnu, Nicolas Ribowski décide même dernièrement de faire un film sur l’histoire du camp et de ses occupants. « On regarde l’histoire en face afin que cet héritage commun reste entre les mains des générations futures, c’est notre devoir de mémoire ».


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