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vendredi 26 novembre 2010

« On ne regrettera pas la prison Saint Roch ! »

Vue générale de la prison Saint Roch, à Toulon (source : ldh.toulon.net).

La ville de Toulon a choisi de faire table rase du passé en démolissant la prison Saint Roch.

Située à l’Ouest de la ville, la prison a été construite en 1923. Selon le site Toulon.maville.com, personne ne devrait pleurer la disparition du bâtiment. L’indifférence pour sort de la prison est d’autant plus marquante que très peu d’informations circulent sur l’histoire du bâtiment, du moins sur internet. Toutes les attentions sont tournées vers sa démolition. De plus, elle inspire gène et misère. Cet aspect est d’ailleurs mis en évidence par un rapport de la commission sénatoriale en 2000 qui pointe du doigt la prison Saint Roch pour sa grande vétusté. Un rapport européen parle de « pauvreté aggravée tant sur le plan matériel que mental ».

Ce n’est pas la plus vielle prison de France et pourtant ! La prison se révélait être dans un état lamentable : les murs sont gorgés d’humidité et s’effritent, les cellules et le mobilier sont dégradés, les matelas sont à même le sol, les toilettes sont hors service et les parloirs écourtés. Robert Bret, sénateur, s’exclame lors de sa visite en 2004 : « un facteur aggravant tant au niveau de la santé que du mental ». De plus, la prison est surpeuplée, elle compte 456 détenus pour 156 cellules individuelles. Autant de raison qui pousse le ministère de la justice a transféré les détenus vers la nouvelle prison de La Farlède. L’ancienne maison d’arrêt devient alors pour un temps un centre de semi liberté pour des détenus en fin de peine.



Par la suite, le ministère de la justice concède gratuitement la prison à l’agglomération de Toulon qui programme la démolition des bâtiments. L’objectif de cette démolition, tel qu’il est présenté par la ville, est de requalifier le quartier. Cela se traduit par la création de parcs et de logements.

Globalement, la démolition a été très bien accueillit par les habitants.


Cet été 2010, les bulldozers ont commencé leur travail. Tout doit tomber à l’exception de la porte d’entrée. Le choix de conserver cette porte d’entrée de la prison en son lieu actuel, à l’image des anciennes portes de Bazeilles et de l’Arsenal, est dû à Hubert Falco, maire de Toulon : « elle symbolise ce qu’à été un bâtiment dans la ville. On l’éclairera […] le portail sera remplacé par une grille ». Le mur d’enceinte qui longe le palais de justice est partiellement conservé, si on peut parler de conservation au sens propre du patrimoine, puisqu’il sera rasé sur une hauteur de deux mètres pour des raisons de sécurité.

Démolition de la prison (source : Patrick Blanchard)
Voir la vidéo de la démolition ici.

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